Polémique à Lyon autour d'une conférence avec le Franco-Palestinien Salah Hamouri

Salah Hamouri (Photo, AFP).
Salah Hamouri (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Polémique à Lyon autour d'une conférence avec le Franco-Palestinien Salah Hamouri

  • «Je ne peux donner ma caution morale à des personnes qui, au lieu de promouvoir la paix dans la cité, vont bien au contraire attiser les tensions communautaires», explique Daniel Dahan
  • Parmi les participants à cette table ronde figure Salah Hamouri, avocat franco-palestinien expulsé le 18 décembre par Israël, après plusieurs mois de détention

LYON: Le grand rabbin de Lyon a annoncé vendredi qu'il se retirait d'un groupe interconfessionnel créé par la mairie de Lyon, pour protester contre l'invitation par cette dernière de l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri à une conférence à l'occasion des 30 ans des Accords d'Oslo.

"Je ne peux donner ma caution morale à des personnes qui, au lieu de promouvoir la paix dans la cité, vont bien au contraire attiser les tensions communautaires", explique dans un communiqué Daniel Dahan, pour justifier son retrait de l'instance Concorde et Solidarité.

Créée en 2002 à la suite de l'attentat contre la synagogue du quartier de La Duchère à Lyon, elle rassemble les représentants des cultes chrétien, juif et musulman.

"La quitter ou donner des raisons de la quitter serait abandonner sur le bas-côté de la longue route du dialogue que nous entretenons depuis plus de 20 ans", a regretté dans un communiqué le recteur de la Grande Mosquée de la ville, Kamel Kabtane.

Une conférence intitulée "Trente ans après la signature des Accords d'Oslo, regards sur la Palestine", sous l'égide du maire de Lyon Grégory Doucet (EELV), est prévue mercredi à l'hôtel de ville.

Parmi les participants à cette table ronde figure Salah Hamouri, avocat franco-palestinien expulsé le 18 décembre par Israël, après plusieurs mois de détention.

Vivant depuis en France, il est soupçonné par Israël de liens – ce qu'il nie – avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation jugée terroriste par l'Etat hébreu et l'Union européenne.

La France avait condamné cette expulsion, la jugeant "contraire au droit".

"J'ai changé d'endroit mais le combat continue. (...) Aujourd'hui, je sens que j'ai une responsabilité énorme pour ma cause et mon peuple", avait déclaré M. Hamouri dès son arrivée en France.

«Particulièrement troublé»

Dans un entretien au quotidien régional Le Progrès vendredi, M. Doucet, rappelant que cette conférence est "un focus sur les territoires palestiniens", a défendu cette invitation: "On l'invite pour ce qu'il est. Quelqu'un qui connaît la situation dans les territoires palestiniens, qui a passé un temps significatif en détention (...). Moi, je ne porte pas de jugement sur la justice israélienne. Je ne vais pas non plus me faire son avocat (...) J'offre la possibilité aux gens de l'entendre."

Soucieux de "montrer que l'on n'est pas dans une optique partiale", M. Doucet, également critiqué par une partie de la droite locale, avait indiqué mercredi avoir proposé aux représentants "d'instances ou associations juives lyonnaises" de "convier autour de la table" un représentant "de leur choix".

Dans une lettre adressée à M. Doucet dont l'AFP a obtenu copie, le président LR du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez s'est dit "particulièrement troublé" par cette invitation à M. Hamouri et demande à l'édile écologiste d'y renoncer.

"Quand il s'agit d'un sujet aussi complexe et sensible que celui du conflit israélo-palestinien, cela ne peut se faire que dans le respect de l'esprit qui a présidé à la conclusion de ces accords (d'Oslo, NDRL): la recherche de la concorde et la quête de la paix. Une dimension qui semble ici faire défaut", a-t-il écrit.

Parallèlement à la décision du grand rabbin, l'Organisation juive européenne (OJE), qui lutte contre l'antisémitisme, a indiqué vendredi à l'AFP, par la voix de son avocate Julie Buk Lament, avoir saisi le tribunal administratif de Lyon en référé-liberté pour demander la suspension de cette conférence, au nom de "la neutralité du service public" et de la participation d'un "membre d'une organisation reconnue terroriste par la France et l'Union européenne".


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.