A l'approche des JO, l'industrie de la vidéosurveillance dans les starting-blocks

Les jeux olympiques de Paris se tiendront du 26 juillet au 11 août 2024. (Photo, AFP
Les jeux olympiques de Paris se tiendront du 26 juillet au 11 août 2024. (Photo, AFP
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

A l'approche des JO, l'industrie de la vidéosurveillance dans les starting-blocks

  • Mardi, le Sénat a très largement adopté l'article phare du projet de loi olympique, très axé sur la sécurité, qui va autoriser l'expérimentation de caméras dotées d'algorithmes à compter de cette année
  • L'objectif invoqué est de repérer des comportements suspects dans la rue, des armes lourdes ou des colis abandonnés

PARIS: Dix-huit mois avant les JO de Paris 2024, la question des caméras de vidéosurveillance, avec ou sans biométrie, vient seulement d'arriver devant le Parlement et les industriels alertent sur le temps désormais limité pour adopter ces technologies.

Mardi, le Sénat a très largement adopté l'article phare du projet de loi olympique, très axé sur la sécurité, qui va autoriser l'expérimentation de caméras dotées d'algorithmes à compter de cette année. L'objectif invoqué est de repérer des comportements suspects dans la rue, des armes lourdes ou des colis abandonnés.

Mais le débat sur ces technologies controversées pourrait ressurgir au moment du passage du texte devant l'Assemblée nationale, lors duquel les opposants au projet comptent faire entendre leur voix.

"La procédure accélérée ne laisse pas forcément le temps de mener campagne", se désole Noémie Levain, juriste de l'association de défense des libertés la Quadrature du net, qui a lancé un plaidoyer national contre la "technopolice".

"A chaque étape de la conception de ces algorithmes, il y a des problèmes", explique-t-elle à l'AFP. "L'entraînement des intelligences artificielles (IA) implique de traiter des données personnelles" et "l'algorithme décide un peu tout seul des paramètres à retenir pour détecter les personnes suspectes", et pourrait par exemple se baser sur la couleur de la peau.

Plus généralement, l'association s'oppose au projet de "surveiller tout, tout le temps".

Mais selon elle, c'est "le marché et la police qui dictent le tempo", et les "méga-évènements" comme les JO ou le mondial de Rugby "sont toujours un prétexte pour faire passer des lois exceptionnelles", qui pourront ensuite être pérennisées.

«Vitrine industrielle»

Du côté des entreprises, l'impression est plutôt d'avoir perdu du temps sur ce sujet, en raison notamment de la crise sanitaire et d’atermoiements au niveau politique.

"Du point de vue technologique, tout est prêt. On sait trop en faire, et c'est la raison pour laquelle beaucoup de monde s'interroge sur la pertinence éthique, par rapport à ce qui existe en Chine par exemple", reconnait Dominique Legrand, président de l'Association nationale de la vidéoprotection, qui compte 161 membres.

"Un projet technique, ça se manie en 6 mois. Ce n'est pas trop tard pour les JO mais ça commence presque à l'être pour la Coupe du monde de Rugby" de 2023 qui aurait pu être un moment d'expérimentation, explique-t-il.

Plus d'une centaine de solutions, dont beaucoup ont recours à la vidéo "intelligente", ont été auditées fin 2022. Ces acteurs, dont de grands groupes comme Thalès ou Atos, ou des start-up spécialisées comme Idemia, attendent désormais que le législateur définisse les règles qui encadreront ces technologies.

Lors des débats, le gouvernement a pour l'instant écarté la reconnaissance faciale. Mais certaines entreprises veulent pousser des solutions de "comparaison faciale" permettant par exemple d'accélérer les contrôles d'accès en vérifiant qu'une personne correspond bien à son badge.

"Si on attend trop, on va acheter sur étagère des produits américains, chinois, israéliens ou japonais", met en garde un industriel, qui rêve d'une "vitrine industrielle" pour le secteur français de la sécurité, mais aussi d'un test grandeur nature pour préparer le marché qui va s'ouvrir ensuite.

Car l'IA est présentée à terme comme la seule solution pour viabiliser les systèmes de caméras vendus depuis des années à presque chaque collectivité. Sans algorithme pour repérer et signaler des évènements, "au-delà de 8 écrans, (un superviseur humain) ne voit plus rien", confirme Dominique Legrand.

Selon un bon connaisseur du secteur, l'efficacité de ces algorithmes n'est démontrée qu'en laboratoire et reste encore à démontrer en conditions réelles.


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.