Usine ou ferme? En Gironde, une bataille du saumon a commencé

Cette photographie prise le 27 janvier 2023 montre une vue du terminal portuaire du Verdon-sur-Mer où la société Pure-Salmon espère implanter une grande ferme d'élevage et une unité de transformation du saumon sur 14 hectares. (AFP)
Cette photographie prise le 27 janvier 2023 montre une vue du terminal portuaire du Verdon-sur-Mer où la société Pure-Salmon espère implanter une grande ferme d'élevage et une unité de transformation du saumon sur 14 hectares. (AFP)
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Usine ou ferme? En Gironde, une bataille du saumon a commencé

  • Détenue par un fonds d'investissement domicilié à Singapour, la société espère, via un investissement de 275 M EUR, produire à partir de 2026 10 000 tonnes annuelles de saumon Made in Médoc
  • Les poissons seront élevés dans 24 bassins de 25 m de diamètre et 7 m de profondeur, grâce à une technologie de recirculation de l'eau permanente

LE VERDON-SU-MER: "Solution d'avenir" ou "projet du monde d'hier"? Alors que plusieurs fermes-usines d'élevage de saumons tentent d'éclore, comme Pure Salmon au Verdon-sur-mer (Gironde), des opposants assurent que ces projets nagent à contre-courant.

A l'embouchure de la Gironde, là où se rencontrent le fleuve et l'Atlantique, un petit groupe de militants et d'élus écologistes arpente une plage limitrophe d'un vaste terrain appartenant au Grand port maritime de Bordeaux.

De hautes grues de déchargement témoignent du passé industriel de ce site côtier, actuellement inutilisé mais prêt à l'emploi, où Pure Salmon espère bien implanter sur 14 hectares une grande ferme d'élevage et une unité de transformation de saumons.

"Une méga-usine", jugent plutôt ses opposants.

Détenue par un fonds d'investissement domicilié à Singapour, la société espère, via un investissement de 275 M EUR, produire à partir de 2026 10.000 tonnes annuelles de saumon Made in Médoc, soit environ 5% de la consommation française.

Les poissons seront élevés dans 24 bassins de 25 m de diamètre et 7 m de profondeur, grâce à une technologie de recirculation de l'eau permanente que Pure Salmon a acquise en achetant à Veolia une société spécialisée.

"Le saumon est le poisson le plus consommé par les Français mais nous l'importons à 100%", de Norvège, d'Ecosse ou du Chili, en contradiction avec l'objectif de souveraineté alimentaire, explique à l'AFP son président Xavier Govare.

«Protéine de qualité» ou «greenwashing»? 

Avec cette ferme, Pure Salmon souhaite "nourrir les Français d'une protéine de qualité produite localement dans le plus strict respect de l'environnement et du bien-être animal, et dans une installation complètement biosécurisée", dit-il.

"Greenwashing", rétorque Esther Dufaure, du collectif "Eaux secours Agissons".

Elle dénonce notamment une consommation énergétique annuelle équivalente à "celle d'une ville de 10 000 habitants" et un besoin en eau égal "à deux ans de maraîchage sur un hectare de terres", dans une zone "à risques de submersion marine".

Pure Salmon se défend en soulignant qu'une ferme photovoltaïque adjacente de 40 hectares lui apportera "30%" de ses besoins énergétiques, qu'elle pompera uniquement de l'"eau d'infiltration de l'estuaire, salée et saumâtre", "inutilisable pour la consommation humaine ou l'agriculture", et que les boues de traitement de l'eau seront méthanisées en biogaz.

En terme de rejets d'eau dans la Gironde, Pure Salmon ira "au-delà de la réglementation actuelle" et "restituera une eau plus pure que celle prélevée", assure M. Govare, ancien PDG de Labeyrie Fine Foods, leader français du saumon fumé.

Concernant la densité d'animaux dans les bassins, chacun présente la chose à sa façon: "93% d'eau pour 7% de biomasse de poisson", pour Pure Salmon. "70 kilos de saumon dans un m3 d'eau", pour le député EELV de Gironde Nicolas Thierry.

Selon l'eurodéputé EELV Benoît Biteau, le projet "est en infraction sérieuse avec plusieurs directives européennes".

Avec ses collègues Marie Toussaint et Caroline Roos, il a annoncé saisir la commission des pétitions du Parlement européen. Le but? Que la Commission européenne analyse le projet et, éventuellement, interpelle l'Etat.

Manifestation à Guingamp 

Dans ce coin isolé du Médoc, "région pauvre en emplois", Pure Salmon promet la création de 250 emplois directs et autant d'indirects.

Mais Esther Dufaure la juge suspecte car, selon elle, largement supérieure à celle des deux autres projets en cours en France, pourtant comparables en taille.

L'un est situé près de Guingamp (Côtes-d'Armor), où la société norvégienne Smart Salmon envisage une structure produisant 8.000 tonnes de saumon annuellement.

Des opposants ont manifesté leur désaccord en décembre en mettant notamment en avant des problèmes environnementaux que connaît déjà la Bretagne, soumise à la plus forte densité nationale d'élevages industriels et de production animale.

L'autre se trouve vers Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), où Pure Salmon avait initialement voulu s'implanter et où la société suisse Local Ocean veut produire 9.000 tonnes par an.

Mais le Parc naturel marin local assure qu'elle est "susceptible d'altérer de manière notable le milieu marin", via notamment le rejet dans la mer d'eaux usées chargées en azote et phosphore.

Pure Salmon, qui voit dans ces fermes "l'avenir de l'aquaculture", a aussi des projets aux Etats-Unis, au Japon, à Brunei et au Moyen-Orient.


Le ramadan finira vendredi pour tous les musulmans en France

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars. (AFP)
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  • La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué
  • De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

PARIS: Après un début en deux temps qui avait consterné les fidèles, le ramadan se terminera vendredi pour tous les musulmans de France, la Grande mosquée de Paris ayant elle aussi arrêté cette date pour l'Aïd el-Fitr.

La commission religieuse de la Grande mosquée, réunie mercredi après-midi, "a constaté l'impossibilité d'observer la nouvelle lune", affirme l'institution dans un communiqué.

De ce fait "le mois de ramadan durera 30 jours" ce qui fixe à vendredi la date de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, mois de jeûne, de prières et de partage pour les cinq à six millions de musulmans vivant en France.

Cette décision met un terme au pataquès qui avait entouré les dates du ramadan cette année en France, déploré par beaucoup comme un signe de division interne.

La Grande mosquée de Paris avait en effet fixé son début au 18 février, à rebours de la date du 19 arrêtée par de nombreuses autres institutions parmi lesquelles le Conseil français du culte musulman (CFCM), ex-instance de représentation de l'islam auprès des pouvoirs publics.

En ce qui concerne la fin du ramadan, le CFCM avait de longue date fixé à vendredi le jour de l'Aïd el-Fitr.

A l'issue d'une démarche exceptionnelle de concertation, plusieurs instances départementales avaient également annoncé en début de semaine la date du 20 mars.

La divergence dans la fixation des dates vient de la méthode retenue, selon que le calcul astronomique est ou non associé à l'observation de la lune.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.