Planification écologique: les chefs de partis à Matignon, pouvoir d'achat au menu

Elisabeth Borne a présenté lundi à Matignon la «planification écologique» du gouvernement aux chefs des partis, qui sont sortis sceptiques de leur rendez-vous où s'est invité le pouvoir d'achat. (Photo d'Emmanuel DUNAND / AFP)
Elisabeth Borne a présenté lundi à Matignon la «planification écologique» du gouvernement aux chefs des partis, qui sont sortis sceptiques de leur rendez-vous où s'est invité le pouvoir d'achat. (Photo d'Emmanuel DUNAND / AFP)
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Publié le Lundi 18 septembre 2023

Planification écologique: les chefs de partis à Matignon, pouvoir d'achat au menu

  • La France insoumise n'avait pas envoyé de représentant, son coordinateur Manuel Bompard dénonçant «une nouvelle opération de communication»
  • D'ici à 2030, le gouvernement souhaite en outre parvenir «à supprimer 75% des chaudières au fioul», et «baisser d'environ 20% les chaudières au gaz»

PARIS: Accélérer sur la voiture électrique, rénover les logements, freiner sur les chaudières au gaz...: après plusieurs mois d'atermoiements, Elisabeth Borne a présenté lundi à Matignon la "planification écologique" du gouvernement aux chefs des partis, qui sont sortis sceptiques de leur rendez-vous où s'est invité le pouvoir d'achat.

La Première ministre a souhaité en début de réunion évoquer "les enjeux" de cette planification sans pour autant entrer dans les détails, alors qu'Emmanuel Macron a fait de l'urgence climatique une priorité de son second mandat.

Ces deux heures à huis clos visaient à débattre des solutions pour une transition écologique "juste" et non "punitive", selon Matignon.

Mais les principales annonces devraient être réservées à une prise de parole d'Emmanuel Macron, aux contours encore flous, prévue le 25 septembre selon l'Elysée.

La France insoumise n'avait pas envoyé de représentant, son coordinateur Manuel Bompard dénonçant "une nouvelle opération de communication". Une décision jugée "incohérente et irresponsable" par Elisabeth Borne dans un tweet.

A l'issue de la réunion qu'elle a qualifiée "d'oral de rattrapage" après la rencontre de Saint-Denis fin août où l'écologie avait été peu abordée, la secrétaire nationale d'EELV Marine Tondelier a salué "un constat très complet, très lucide et assez inédit".

Mais "les réunions ne servent à rien s'il n'y a pas d'action", a-t-elle ajouté, en réclamant un impôt sur les grandes fortunes "climatique" et une "loi de programmation des finances publiques" sur l'écologie.

Pouvoir d'achat

"Une guerre contre le climat, ça suppose une économie de guerre, et on en est très, très loin", a abondé le patron du Parti socialiste Olivier Faure. Le chef du Parti communiste Fabien Roussel était lui arrivé "sans illusions", désireux surtout de "faire baisser la facture" d'électricité et de gaz.

Sujet de crispation, la question de l'articulation entre écologie et pouvoir d'achat s'est invitée dans la réunion au moment où les prix de l'énergie et du carburant flambent.

Dimanche, les oppositions ont critiqué l'annonce d'Elisabeth Borne d'autoriser la vente à perte de carburant pour "baisser davantage les prix".

Pour la droite, Eric Ciotti a tiré un "bilan en demi-teinte" de cette planification, sans "perspective très claire sur les moyens d'y parvenir et de (la) financer". Il réclame une conférence "sur les prix de l'énergie" et une baisse des taxes sur le gaz et l'électricité plutôt qu'une vente à perte, "un placebo sur une jambe de bois" à ses yeux.

Les petites stations-service ne "pourront pas se permettre" une vente à perte, a estimé Mme Tondelier, qui préfèrerait "taxer les super profits" de TotalEnergies ou donner des chèques carburant "à ceux qui en ont le plus besoin".

Seul responsable de la majorité à s'exprimer, le patron du MoDem François Bayrou a jugé "intéressante" la réunion même s'il y a "bien sûr (...) des gens qui ne trouvent qu'on ne va pas assez loin".

Chaudières

Au nom du Rassemblement national, la députée européenne Mathilde Androuët a réclamé "une vraie rupture" avec "le libre-échange" qui "encourage la pollution" et déploré une "absence totale de souci du peuple" pour qui l'environnement est devenu "une contrainte".

L'exécutif ouvrait par ce rendez-vous une "séquence" d'une dizaine de jours sur le sujet. Un échange entre Elisabeth Borne et les membres du Conseil national de la refondation suivra mardi, avant la prise de parole d'Emmanuel Macron lundi prochain, et la présentation du projet de budget le 27 septembre en Conseil des ministres.

En juillet, le gouvernement avait reporté la présentation de cette feuille de route, percutée notamment par les émeutes.

Il promet désormais un plan "très concret" et "très opérationnel" afin "d'être au rendez-vous européen" de la baisse de 55% des émissions nettes de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, et de se "projeter vers la neutralité carbone en 2050".

En amont du projet de budget 2024, l'exécutif devra expliquer comment il entend répartir les 7 milliards d'euros supplémentaires promis.

Le gouvernement pourrait notamment financer une hausse du bonus écologique pour l'achat de véhicules électriques.

Il promet aussi des réponses sur le financement des RER métropolitains dans une dizaine de villes, objet d'une proposition de loi en cours d'examen au Parlement.

Des mesures sont également attendues pour des rénovations énergétiques de logements plus "performantes".

D'ici à 2030, le gouvernement souhaite en outre parvenir "à supprimer 75% des chaudières au fioul", et "baisser d'environ 20% les chaudières au gaz (hors pompes à chaleur hybrides)", selon un document transmis à la presse daté de juillet. Industrie et agriculture sont également au menu.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.