«Où est passé l'argent ?» : la Jamaïque affligée par l'affaire Bolt

Usain Bolt, légende du sprint mondial, octuple médaillé d'or olympique, victime d'une fraude financière qui aurait détroussé une quarantaine de personnes au total. (AFP)
Usain Bolt, légende du sprint mondial, octuple médaillé d'or olympique, victime d'une fraude financière qui aurait détroussé une quarantaine de personnes au total. (AFP)
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

«Où est passé l'argent ?» : la Jamaïque affligée par l'affaire Bolt

  • Les paroles de Gage soulignent la lutte des classes, ses injustices, la division entre les habitants aisés et influents des quartiers chics de Kingston et les jeunes qui galèrent dans les quartiers pauvres
  • La chanson décrit aussi les efforts déployés par le gouvernement pour mettre un terme aux arnaques téléphoniques et autres loteries frauduleuse

KINGSTON: "Où est passé l'argent ?": la question brûle les lèvres de tous les Jamaïcains et du plus célèbre d'entre eux, Usain Bolt, légende du sprint mondial, octuple médaillé d'or olympique, victime d'une fraude financière qui aurait détroussé une quarantaine de personnes au total.

Depuis deux semaines, les autorités locales enquêtent sur une société d'investissements, Stocks and Securities Limited (SSL) basée à Kingston, censée détenir des fonds placés par Bolt, dont le compte de 12 millions de dollars s'en trouve manifestement vidé, presque en totalité.

L'affaire a ému toute l'île caribéenne. A tel point que l'artiste de dancehall, Gage, en a fait une chanson intitulée "SSL", avec ce refrain plaintif "Weh di money de?" ("où est l'argent?" en patois jamaïcain).

Fidèle aux thèmes fréquemment abordés par la scène musicale jamaïcaine, les paroles de Gage soulignent la lutte des classes, ses injustices, la division entre les habitants aisés et influents des quartiers chics de Kingston et les jeunes qui galèrent dans les quartiers pauvres.

La chanson décrit aussi les efforts déployés par le gouvernement pour mettre un terme aux arnaques téléphoniques et autres loteries frauduleuses, mais elle note aussi qu'il ne s'est jamais engagé à lutter contre une arnaque à si grande échelle.

Le ministre des finances Nigel Clarke a semblé abonder dans son sens, en déclarant à l'AFP qu'il souhaitait des sanctions sévères.

Aucun suspect inculpé 

"L'écart entre les sanctions pour la criminalité en col blanc et les autres formes de criminalité doit être effacé. Si vous volez ceux qui confient leur argent ou si vous escroquez les investisseurs et que vous mettez en danger notre système financier, notre mode de vie, la société jamaïcaine veut que vous soyez mis à l'ombre pour longtemps, très longtemps", a-t-il dit.

Usain Bolt est l'une des quelque 40 victimes de cette fraude, parmi lesquelles figurent des personnes âgées désormais sans le sou.

M. Clarke a déclaré qu'il demanderait au FBI et à d'autres organismes étrangers de participer aux enquêtes, après avoir remplacé les membres du conseil de la Commission des services financiers (FSC).

Cet organisme a repris la gestion temporaire de SSL et a nommé un auditeur spécial. La police jamaïcaine a fait une descente au domicile d'un ancien employé de cette société et saisi des documents, mais aucun suspect n'a encore été inculpé.

Dans la tourmente, les acteurs du monde de la finance espèrent que la confiance dans les institutions bancaires du pays ne sera pas entamée.

"Ce que nous avons vu au départ, c'est une réaction émotionnelle, tout à fait compréhensible, étant donné qu'il s'agit de l'argent des gens et que cela a ébranlé la confiance dans les systèmes financiers. Mais le gouvernement a agi rapidement pour s'assurer qu'elle soit restaurée", analyse Dennis Chung, un chef d'entreprise également secrétaire général de la Fédération jamaïcaine de football.

Résolument confiant, M. Chung estime qu'il n'y aura "aucune conséquence à long terme. Les gens vont continuer à investir dans des actions, des obligations et des titres".

«Population dégoûtée»

Pour Abka Fitz-Henley, personnalité médiatique en Jamaïque, ce qui ne fait en revanche aucun doute, c'est l’écœurement général qu'inspirent les déboires de Bolt. "La majorité de la population est dégoûtée par cet acte délictueux, qui constitue une injustice à l'égard d'un homme, perçu comme extrêmement aimable, qui est, de surcroit, le Jamaïcain vivant le plus populaire dans le monde. On espère vivement qu'il va récupérer son argent."

Issu d'un milieu modeste, né dans la paroisse de Trelawny, dans le nord-ouest de la Jamaïque, Bolt est devenu une superstar mondiale, après avoir pulvérisé les records du monde du 100 m et du 200 m et dominé les Jeux olympiques de Pékin, Londres et Rio.

La chanteuse de reggae Etana, deux fois nommée aux Grammy Awards, suggère que l'ancien athlète a pu être pénalisé par son manque de relations avec l'élite. "Cette affaire est embarrassante pour le pays. Nouveau riche, il aurait dû se joindre aux puissants, forger des relations, et personne n'aurait alors touché à son argent".

"A titre personnel, je n'investirais en Jamaïque que si je pouvais le faire en partenariat avec un membre de l'aristocratie et de la classe aisée, car personne n'ose toucher à leur argent", a-t-elle ajouté.

Bolt, lui, s'est peu exprimé sur l'affaire, mais il assuré qu'elle ne le conduira pas à abandonner sa patrie: "Peu importe ce qui se passe en ce moment, la Jamaïque est mon pays, je l'aime et cela ne changera jamais. Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour le faire grandir".


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com