Bruno Le Maire à la recherche d’investissements dans le Golfe

Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire. (Photo, Bella Suadere)
Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire. (Photo, Bella Suadere)
La première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. (Photo, Bella Suadere)
La première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. (Photo, Bella Suadere)
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Publié le Mardi 31 janvier 2023

Bruno Le Maire à la recherche d’investissements dans le Golfe

  • Le conseil d’affaires franco-émirien vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays, notamment dans les domaines de l'énergie, du transport et de l’investissement
  • Il n’y a rien d’étonnant de voir plusieurs fonds d’investissement tourner les yeux vers cette région, à l’instar du Français Ardian, qui vient d’inaugurer ses bureaux à Abu Dhabi

ABU DHABI: Le ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire, a lancé officiellement la première réunion du Conseil d’affaires franco-émirien ce lundi à Abu Dhabi. «Le conseil d’affaires franco-émirien doit nous permettre d’accélérer les investissements des Émirats arabes unis vers la France et de la France vers les Émirats arabes unis», a déclaré le ministre en marge de sa visite aux Émirats Arabes unis (EAU). 

Composé de 18 chefs d’entreprise français et émiriens, dont les présidents d’Airbus, de la BNP, de la CMA CGM, et de la présidente d’Ardian, le conseil est coprésidé par le ministre émirien de l'Industrie et des Technologies avancées, directeur général et PDG du groupe Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), le Dr Sultan al-Jaber, et le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné.

Il a été lancé en juillet dernier lors de la visite du président émirien, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyan, en France et vise à renforcer les relations économiques entre les deux pays, notamment dans les domaines de l'énergie, du transport et de l’investissement.

Outre la promotion des échanges économiques, ces réunions serviront à identifier et à mettre en œuvre des projets d'investissement croisés privés.

Les membres du conseil se réuniront au moins une fois par an, en présence de leurs ambassadeurs respectifs, alternativement aux EAU et en France.

«Le niveau de participation des deux côtés montre à quel point nous sommes déterminés à donner une nouvelle impulsion à cette coopération économique franco-émirienne», a dit Bruno Le Maire.

En déplacement aux Émirats ce lundi et mardi, le ministre français a également participé à une rencontre entre les représentants des fonds d’investissement français venus solliciter les investissements émiriens, le «UAE-France investors meetup», organisé à Abu Dhabi Global Market, l’ADGM. L’événement a réuni aussi des banques, des gestionnaires d’investissement, des conseillers et des centres financiers dans le but de déployer des partenariats stratégiques entre les deux pays. Lors de son discours, Bruno Le Maire a souligné les relations d’amitié avec ses hôtes.

Visite régionale sans grands contrats 

La visite régionale du ministre français avait surtout pour objectif de réaffirmer les relations privilégiées de Paris avec ses partenaires du Golfe et de rappeler l'attractivité de l’Hexagone à ses potentiels investisseurs, mais elle ne s’est pas soldée pour l’instant par des signatures de contrats pour les entreprises françaises.

Entamée en Arabie saoudite samedi, elle s’est poursuivie au Qatar dimanche, où Bruno Le Maire a tenu plusieurs rencontres bilatérales de haut niveau, dont celle avec le prince hériter, Mohammed Ben Salmane, et l’émir du Qatar, cheikh Tamim al-Thani, ainsi que des discussions avec les présidents des fonds d’investissement.

Lors de cette tournée régionale, Bruno Le Maire a souligné plusieurs fois l’attractivité de la France qui est devenue le pays «le plus attractif pour les investisseurs de toute l’Europe». « S’il y a un endroit où il faut investir, c’est la France», a-t-il martelé.

«Le fil rouge de mon déplacement dans le Golfe qui se traduit ici aux Émirats, c’est l’investissement dans les énergies renouvelables et dans l’industrie verte», a souligné Le Maire. «Il y a ici aux Émirats beaucoup de projets communs; je pourrais citer la ferme solaire d’EDF qui est la plus grande ferme solaire au monde, et l’hydrogène avec les projets d’Engie ici aux EAU. Et au moment où les EAU prennent la présidence de la COP28, je pense que renforcer cette coopération entre la France et les énergies vertes aux EAU est absolument essentiel.»

La France est prête à soutenir les EAU pour garantir le succès de la COP28, a déclaré le ministre français qui s’est entretenu auparavant avec Sultan al-Jaber, dont la récente nomination à la présidence de la COP28, alors qu’il dirige l’une des plus puissantes entreprises pétrolières au monde, a soulevé quelques critiques dans la presse internationale.

Le seul challenge qui nous attend est celui du climat, a conclu Bruno Le Maire.

Les investissements communs

La France, comme les autres pays européens, ressent fortement les conséquences du conflit en Ukraine, à savoir la hausse des prix de l’énergie, l’inflation et le ralentissement économique, alors que la croissance économique des pays du Golfe est à envier, tout comme leur revenus budgétaires, stimulés par les prix actuels du pétrole.

Il n’y a donc rien d’étonnant de voir plusieurs fonds d’investissement tourner les yeux vers cette région, à l’instar du Français Ardian, l’un des plus importants fonds de capital-investissement (private equity) au monde, qui vient d’inaugurer ses bureaux à Abu Dhabi.

Ardian collabore déjà avec des structures comme Mubadala Investments ou ADIA, Abu Dhabi Investment Authority.

Au niveau bilatéral, Paris et Doha ont renouvelé ce dimanche un programme d'investissement conjoint de 300 millions d’euros, entre BpiFrance et Qatar Investment Authority.

Par ailleurs, Bruno Le Maire s’est entretenu avec Khaldoon al-Mubarak, président général de Mubadala.

La France et les EAU travaillent depuis longtemps afin de favoriser les investissements dans différents secteurs français dont la technologie, la santé et l’éducation.

En 2020, Mubadala a annoncé la signature d'un mémorandum d’entente avec BpiFrance, afin d’investir 1 milliard d’euros dans le fonds LAC1, un fonds de 10 milliards d’euros géré par BpiFrance.

«Nous pensons qu’une marge de manœuvre existe pour étendre ces investissements; notre objectif, défini par le président Macron, est d’atteindre à terme un niveau de 10 milliards d’euros d’investissements», a précisé le ministre.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.