Duel en vue mercredi entre Biden et le patron des élus républicains

Joe Biden reçoit mercredi Kevin McCarthy, le nouveau patron républicain de la Chambre des représentants, pour un échange qui s'annonce tendu autour du budget et de la dette américaine (Photo, AFP)
Joe Biden reçoit mercredi Kevin McCarthy, le nouveau patron républicain de la Chambre des représentants, pour un échange qui s'annonce tendu autour du budget et de la dette américaine (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 février 2023

Duel en vue mercredi entre Biden et le patron des élus républicains

  • Dans une note distribuée mardi, la Maison Blanche fait savoir que Joe Biden demandera à son interlocuteur de respecter «l'engagement fondamental selon lequel les Etats-Unis ne feront jamais défaut sur leurs créances»
  • La Maison Blanche précise que la rencontre se tiendra complètement à huis clos, sans aucun échange avec les journaliste ni photographie

WASHINGTON: C'est le face-à-face politique du début d'année aux Etats-Unis: Joe Biden reçoit mercredi Kevin McCarthy, le nouveau patron républicain de la Chambre des représentants, pour un échange qui s'annonce tendu autour du budget et de la dette américaine. 

Le président de 80 ans et le conservateur de 58 ans, laborieusement élu "Speaker of the House" après plusieurs tours de scrutin, se verront à 20h15 GMT dans le Bureau ovale. Pour accéder au perchoir, M. McCarthy s'est posé en défenseur intransigeant de la rigueur budgétaire. 

La Maison Blanche précise que la rencontre se tiendra complètement à huis clos, sans aucun échange avec les journaliste ni photographie dans ce saint des saints du pouvoir américain. 

"A la fin, il faudra bien que nous dansions ensemble. Du coup, quand voulez-vous lancer la musique, maintenant ou plus tard?" a dit Kevin McCarthy dans un entretien publié mercredi par Punchbowl News. 

Dans une note distribuée mardi, la Maison Blanche fait savoir que Joe Biden demandera à son interlocuteur de respecter "l'engagement fondamental selon lequel les Etats-Unis ne feront jamais défaut sur leurs créances". 

Et qu'il lui demanderait des précisions sur les projets économiques des républicains: "Qu'il me montre son budget", a réclamé le président démocrate mercredi. 

Défaut de paiement 

La Maison Blanche reproche au leader républicain de faire du chantage au défaut de paiement des Etats-Unis, sans avoir pour autant de projet budgétaire abouti. 

La première puissance économique mondiale, comme toutes les grandes économies ou presque, vit à crédit. Mais contrairement aux autres pays développés, l'Amérique bute régulièrement sur une contrainte juridique: le plafond de la dette. 

Le Congrès doit régulièrement relever ce fameux "plafond", et le fait généralement sans débat majeur, faute de quoi les Etats-Unis se verraient dans l'incapacité d'assurer le service de leur dette. 

Cela précipiterait la finance américaine et mondiale dans l'inconnu. 

A la tête de la nouvelle majorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy a promis de ne pas faire de chèque en blanc à Joe Biden, conditionnant tout relèvement du plafond de la dette à une baisse des impôts et des dépenses publiques, qu'il juge "hors de contrôle". 

Il n'a pour autant pas encore précisé les domaines dans lesquels doivent intervenir ces économies, indiquant seulement qu'il ne comptait pas tailler dans les régimes sociaux, en particulier ceux d'assurance-retraite et d'assurance-santé à destination des plus âgés. 

L'élu de Californie doit composer avec de très vives dissensions dans son parti, par exemple entre républicains va-t-en-guerre et des trumpistes qui veulent réduire les dépenses militaires. 

"Relever le plafond de la dette n'est pas une négociation, c'est une obligation", écrivent les conseillers de la Maison Blanche dans les éléments de langage diffusés mardi. 

« Délirantes » 

Kevin McCarthy est "un type correct", a lancé Joe Biden mardi, pendant une réception destinée à lever des fonds pour le parti démocrate. 

Mais "il a dû faire des promesses délirantes" à l'aile la plus radicale du parti pour se saisir du maillet de bois qui est l'emblème du patron de la Chambre des représentants, a analysé le président. 

Tout dépendra de la manière dont Kevin McCarthy, qui est tout sauf un idéologue, analyse la situation politique, après des élections législatives en novembre plutôt décevantes pour la droite. 

Estimera-t-il qu'il est dans son intérêt de se poser en interlocuteur, coriace au besoin, de Joe Biden? Ou penchera-t-il pour une position plus intransigeante? 

Selon un sondage mené en janvier et publié mardi par l'institut Pew Research, une majorité de républicains (64%) estiment que leurs élus au Congrès doivent avant tout s'opposer au président démocrate, quitte à faire passer au second plan des décisions importantes pour le pays. 

Mais par rapport à la précédente enquête, menée il y a un an, la proportion d'électeurs conservateurs qui estiment que leur parti doit au contraire négocier avec Joe Biden a augmenté, passant de 26% à 34%. 


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.