Devant le Conseil d'Etat, la mosquée de Pantin donne des «gages» pour sa réouverture

La Grande Mosquée de Pantin dans la banlieue nord-est.  (Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
La Grande Mosquée de Pantin dans la banlieue nord-est. (Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
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Publié le Lundi 23 novembre 2020

Devant le Conseil d'Etat, la mosquée de Pantin donne des «gages» pour sa réouverture

  • La mosquée de Pantin a donné lundi devant le Conseil d'Etat des gages pour obtenir sa réouverture en niant être un lieu de «l'entrisme de l'islam radical»
  • Il est impossible de contrôler individuellement chaque fidèle, dont la majorité sont modérés, a retorqué M. Henniche

PARIS: La mosquée de Pantin a donné lundi devant le Conseil d'Etat des gages pour obtenir sa réouverture en niant être un lieu de «l'entrisme de l'islam radical», un des arguments du gouvernement qui l'a fermée pour six mois après l'assassinat de Samuel Paty. 

Les parties se sont retranchées derrière les arguments avancés lors de la première audience devant le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Celui-ci a validé, dans son ordonnance du 27 octobre, l'arrêté préfectoral fermant la mosquée de Pantin pour six mois.

Les autorités avaient reproché à cette mosquée d'avoir partagé, le 9 octobre sur sa page Facebook, la vidéo d'un père d'élève d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné après un cours sur la liberté d'expression dispensé par Samuel Paty. Cette vidéo est à l'origine de l'engrenage macabre ayant conduit à l'assassinat du professeur d'histoire-géographie, le 16 octobre.

Lors de l'audience d'appel devant le Conseil d'Etat, M'hammed Henniche, responsable de la mosquée et par ailleurs président de la Fédération musulmane de Pantin, a, par la voix de ses conseils, avancé des garanties pour une réouverture plus rapide du lieu de culte qui accueille environ 1.500 fidèles.

L'imam controversé, «impliqué dans la mouvance islamiste radicale d'Ile-de-France» selon l'ordonnance du tribunal administratif, «s'est retiré» de ses activités et un remplaçant a été trouvé, a mis en avant Vincent Brengarth, l'un des avocats de cette Fédération.

La mosquée est «fréquentée par des individus radicalisés» et, «en étant président de la mosquée, M. Henniche ne peut l'ignorer», a tancé Pascale Léglise, la représentante du ministère de l'Intérieur.

Il est impossible de contrôler individuellement chaque fidèle, dont la majorité sont modérés, a retorqué M. Henniche, qui s'est engagé, devis à l'appui, à installer un système de vidéo-protection à l'entrée du site.

«On a changé d’imam, très bien, prenons en compte les gages, présentez-les à la préfecture et on verra s’ils sont suffisants», a déclaré Mme Léglise, avant d'estimer que «pour l’instant ce n’est pas le cas».

«On est au maximum de ce qu’on peut faire, on ne peut pas aller plus loin», a assuré William Bourdon, l'autre avocat de la Fédération, qui a dénoncé une «mise sous tutelle» de la mosquée et une décision prise «dans l'emballement et la précipitation» suite à l'attentat qui a visé Samuel Paty.

La décision sera rendue mercredi matin.


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.