Soldes d’hiver: mieux qu’en 2022, mais dans un climat morose pour le prêt-à-porter

Le 1er février, Kookaï a annoncé son placement en redressement judiciaire tandis que Pimkie est sur le point d'être cédé à un consortium alliant Lee Cooper France, Kindy et Ibisler Tekstil, un rachat qui pourrait entraîner la suppression d'environ 500 postes. (Photo d'illustration/AFP)
Le 1er février, Kookaï a annoncé son placement en redressement judiciaire tandis que Pimkie est sur le point d'être cédé à un consortium alliant Lee Cooper France, Kindy et Ibisler Tekstil, un rachat qui pourrait entraîner la suppression d'environ 500 postes. (Photo d'illustration/AFP)
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Publié le Mardi 07 février 2023

Soldes d’hiver: mieux qu’en 2022, mais dans un climat morose pour le prêt-à-porter

  • Un bilan en «trompe-l'oeil», explique l'Alliance du Commerce, les soldes d'hiver 2022 ayant été marqués un rebond épidémique
  • «On est plutôt mieux, mais ce n’est pas exceptionnel», abonde Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM

PARIS : Les soldes d'hiver qui s'achèvent mardi affichent de meilleurs scores qu'en 2022 mais les professionnels de l'habillement peinent à s'en réjouir dans un contexte tumultueux pour le prêt-à-porter qui voit d'iconiques enseignes dans la tourmente, une "hécatombe", selon FO.

Les chiffres convergent: 6% de chiffre d'affaires supplémentaire sur les trois premières semaines des soldes, selon l'Alliance du Commerce qui regroupe grands magasins et enseignes de l'habillement, et 5% de ventes en plus sur les deux premières semaines, selon l'Institut Français de la Mode (IFM).

Mais un bilan en "trompe-l'oeil", explique l'Alliance du Commerce, les soldes d'hiver 2022 ayant été marqués un rebond épidémique.

"On est plutôt mieux, mais ce n’est pas exceptionnel", abonde Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM. "Les soldes ne vont pas a contrario de la tendance, on est sur une saison atone, un contexte difficile", analyse-t-il pour l'AFP.

Chez les détaillants indépendants, "la dynamique (des soldes) ne prend pas", s'inquiète la Fédération nationale de l'habillement qui regroupe 30 000 magasins en France. Ainsi, 13% d'entre eux ont vu leur chiffre d'affaires baisser de 30% par rapport aux soldes de 2022, note la fédération dans une étude transmise à l'AFP.

Avec l’inflation, "la consommation de vêtements est parfois, pour les ménages, la variable d’ajustement" qui permet de faire face à la baisse du pouvoir d’achat, note M. Minvielle.

Brice Bonnin, musicien de 31 ans, constate bien l'impact de l'inflation, lui qui cherche un jean aux Galeries Lafayette mais "un jean à 115 balles, non merci !", dit-il à l'AFP.

Bengal Roche, lui, prend l'inflation avec humour : "Ils augmentent les prix ? Moi aussi, j'augmente les prix", explique l’entrepreneur dans le bâtiment de 56 ans, un sac de shopping à la main.

Licenciements de milliers de salariés

A l’inflation et à la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie de ces derniers mois, s’ajoutent d’autres problématiques qui frappent depuis trois ans le secteur de l’habillement: les conséquences du Covid-19, la concurrence de la vente en ligne et l’essor du marché de la seconde main.

Une conjonction de facteurs qui fragilise gravement des entreprises en difficulté déjà depuis des années.

La première secousse remarquée est intervenue en septembre avec la liquidation judiciaire subite de Camaïeu, menant au licenciement de 2 100 salariés.

Puis, ce fut au tour de Go Sport, placé en redressement judiciaire mi-janvier, suivi quelques semaines plus tard de sa filiale Go Sport France.

Fin janvier, les élus du personnel de Gap France ont exercé leur droit d’alerte afin d’obtenir des informations sur la situation de leur entreprise, rachetée en 2021 pour un euro par le groupe HPB (Hermione, People & Brands), qui a annoncé la revendre à Go Sport.

Le 1er février, Kookaï a annoncé son placement en redressement judiciaire tandis que Pimkie est sur le point d'être cédé à un consortium alliant Lee Cooper France, Kindy et Ibisler Tekstil, un rachat qui pourrait entraîner la suppression d'environ 500 postes, selon des sources syndicales.

Cop. Copine a été partiellement repris par Antonelle avec un volet social qui "génère un nombre conséquent de licenciements", peut-on lire dans la décision du tribunal de commerce de Bobigny de fin janvier que l'AFP s'est procurée.

Enfin, C&A fermera jeudi deux magasins parisiens ayant pignon sur rue, ceux d'Haussmann et de Rivoli, "dans le cadre d'analyses régulières du portefeuille de magasins et d'emplacements", a indiqué la direction à l'AFP, ne souhaitant pas "fournir des détails sur les employés".

Une "hécatombe", pour la section fédérale FO Commerce & VRP qui a dénoncé dans un communiqué des entreprises "ayant vampirisé les fonds, qu'ils soient publics ou issus de leur activité, sans jamais investir ni dans l'emploi, ni dans l'outil de travail, ni dans les salaires".


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.