La réintroduction d’oryx, de gazelles et de bouquetins ouvre la voie au retour des grands félins à AlUla

Les gazelles des sables, aux côtés de l'oryx d'Arabie, de la gazelle d'Arabie et du bouquetin de Nubie, sont promises à un bel avenir à AlUla, car elles sont progressivement réintroduites dans leur habitat naturel, avant la réintroduction du léopard d'Arabie. (Iain Stewart)
Les gazelles des sables, aux côtés de l'oryx d'Arabie, de la gazelle d'Arabie et du bouquetin de Nubie, sont promises à un bel avenir à AlUla, car elles sont progressivement réintroduites dans leur habitat naturel, avant la réintroduction du léopard d'Arabie. (Iain Stewart)
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Publié le Vendredi 10 février 2023

La réintroduction d’oryx, de gazelles et de bouquetins ouvre la voie au retour des grands félins à AlUla

  • Le réensauvagement de la région se fait par l’intermédiaire de la Commission royale pour AlUla, créée en 2017 pour préserver et développer AlUla, une région qui revêt une importance naturelle, historique et culturelle exceptionnelle
  • La première étape est de restaurer le paysage, en faisant pousser les herbes sauvages et autres plantes dont dépendent les animaux comme l’oryx, le bouquetin et les gazelles

LONDRES: Prudemment d’abord, les magnifiques créatures traversent, seules ou à deux, la porte ouverte de l’enclos temporaire où elles sont détenues.

Puis, soudain, en voyant que rien ne les sépare de l’horizon, elles prennent de l’assurance. Comme lorsqu’un signal est donné, tout le troupeau se presse vers sa liberté retrouvée dans la vallée d’AlUla.

La vue et le bruit du spectaculaire oryx d’Arabie parcourant la vallée, avec ses longues cornes recourbées qui fendent l’air comme des cimeterres et ses sabots soulevant la poussière, auraient été aussi familiers pour les grands-parents des Saoudiens d’aujourd’hui qu’il l’était aux peuples anciens qui vivaient ici et ont marqué le paysage de leur empreinte il y a des millénaires.

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Pour les générations récentes, ce spectacle risquait de se perdre à tout jamais – un élément précieux du patrimoine relégué au rang des souvenirs en raison des pressions exercées sur la nature par le monde moderne.

Aujourd’hui, à la suite d’un programme intensif de reproduction en captivité, les premiers des plus de mille cinq cents animaux de quatre espèces autrefois communes – l’oryx d’Arabie, la gazelle d’Arabie, la gazelle des sables et le bouquetin de Nubie – ont été réintroduits dans la nature dans trois des six réserves naturelles mises en place par la Commission royale pour AlUla.

Il ne s’agit pas simplement de sentimentalisme. Le succès d’un autre projet dépend de celui-ci: le retour éventuel du léopard d’Arabie à son ancien habitat naturel.

Selon le Dr Stephen Browne, directeur exécutif de la faune et du patrimoine naturel à la Commission royale pour AlUla, le travail de la Commission permet de «libérer le pouvoir de l’équilibre de la nature».

«Les initiatives de conservation et de restauration de la Commission royale pour AlUla se dirigent avec succès vers la revitalisation de l’habitat naturel d’AlUla et, un jour, nous réintroduirons le léopard d’Arabie das la nature.»

Avec un programme de reproduction de léopards déjà bien entamé, ce jour pourrait arriver dès 2030.

Comme les troupeaux dont il dépendait autrefois, le léopard d’Arabie a été chasé jusqu’à son extinction en Arabie saoudite. Classés dans la catégorie «en danger critique d’extinction» par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), moins de deux cents animaux seraient présents dans toute la péninsule Arabique, principalement dans les montagnes du Dhofar à Oman.

Avec le temps, lorsque les troupeaux seront établis dans les réserves en nombre durable, ils deviendront la proie du prédateur suprême, rétablissant une harmonie naturelle qui existait dans la région depuis des millénaires avant qu’elle ne soit perturbée par l’homme.

Le réensauvagement de la région se fait par l’intermédiaire de la Commission royale pour AlUla, créée en 2017 pour préserver et développer AlUla, une région qui revêt une importance naturelle, historique et culturelle exceptionnelle dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, en tant que zone durable dans laquelle il fait bon vivre et travailler.

La commission met en place de nombreuses initiatives dans les domaines de l’archéologie, du tourisme, de la culture, de l’éducation et des arts, tout en préservant le riche patrimoine naturel et historique de la région.

en bref

Sanctuaire pour les animaux sauvages d’AlUla

1 580 animaux ont été relâchés dans la nature au début de l’année 2023

650 gazelles d’Arabie

550 gazelles de sable

280 oryx d’Arabie

100 bouquetins de Nubie

C’est ici que le royaume de Dadan a été érigé au VIIe siècle av. J.-C., dominant les routes commerciales transarabes qui traversaient la vallée d’AlUla.

Dans son sillage, au tournant du millénaire, sont apparus les Nabatéens, créateurs de la ville de Pétra, dans l’actuelle Jordanie, et de son homologue méridional moins connu, mais tout aussi spectaculaire, Hégra, qui est devenu en 2007 le premier site d’Arabie saoudite à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

Aujourd’hui, les visiteurs d’AlUla peuvent contempler les tombes creusées dans la roche laissées par ce peuple mystérieux, pour qui la vue de léopards et de leurs proies aurait été ordinaire.

Ils chassaient les mêmes animaux que les léopards, mais de manière durable, en prenant soin de ne jamais conduire à l’extinction les animaux dont ils dépendaient. Ce précieux équilibre entre les êtres humains et le monde naturel qui les entourait a précédé les Nabatéens de plusieurs milliers d’années.

À quelque 200 kilomètres à l’est d’AlUla, sur deux sites isolés de la province de Haïl, se trouve la plus grande et la plus impressionnante collection de pétroglyphes néolithiques ou gravures rupestres au monde, adoptée par l’Unesco en tant que site du patrimoine mondial de «valeur universelle exceptionnelle» en 2015.

On peut y voir des centaines de gravures de scènes de chasse et de reproduction, datant de plusieurs milliers d’années, dans lesquelles le léopard et ses proies, dont le bouquetin, figurent en bonne place aux côtés de chasseurs, armés d’arcs et de flèches et accompagnés de meutes de chiens de chasse.

«Nous essayons de rétablir cet équilibre naturel», déclare le Dr Browne.

La première étape est de restaurer le paysage, en faisant pousser les herbes sauvages et autres plantes dont dépendent les animaux comme l’oryx, le bouquetin et les gazelles.

«Ces zones avaient besoin d’être protégées, car elles ont souffert de chasses et de pâturages excessifs, explique le Dr Browne. Il a fallu des générations pour en arriver là. Nous espérons désormais inverser la tendance d’ici à dix ans.»

Depuis le mois de février 2019, un petit nombre d’animaux ont été relâchés et le succès de ces expériences a abouti à la mise en place du programme actuel.

Cela a commencé avec la libération de quatre-vingts animaux le 10 janvier et, à la fin de l’hiver, un total de mille cinq cent quatre-vingts animaux – six cent cinquante gazelles d’Arabie, cinq cent cinquante gazelles de sable, deux cent quatre-vingts oryx d’Arabie et cent bouquetins de Nubie – ont été relâchés dans trois des six réserves naturelles désignées d’AlUla: Sharaan, Wadi Nakhlah et Al-Gharameel.

Les six réserves désignées couvrent, en tout, plus de 12 400 kilomètres carrés – une superficie plus grande que le Liban.

Le programme à plus grande échelle, déclare le Dr Browne «est un indicateur des progrès des réserves, car les animaux relâchés ne prospèrent que lorsque l’écosystème est durable».

La première étape pour parvenir à cette durabilité consistait à mettre fin au surpâturage de la région par les troupeaux domestiques.

«Le surpâturage était, en grande partie, l’œuvre de personnes venant de l’extérieur d’AlUla, qui transportaient des milliers et des milliers de moutons et de chèvres dans des camions», précise le Dr Browne. «Ces animaux paissaient simplement d’un côté de la zone protégée à l’autre, broutant tout sur leur passage.»

Une fois cette menace éliminée, il était temps de restaurer la vie végétale et la Commission royale pour AlUla «s’efforce de venir en aide à la nature», poursuit le Dr Browne.

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Le léopard d’Arabie pourrait faire son retour à AlUla dès 2030. (David Chancellor)

L’acacia est la clé de l’équilibre naturel des réserves. Les graines sauvages récoltées ont été mises en pot et cultivées dans une pépinière dédiée, qui produit actuellement près de quatre cent mille plants par an.

Jusqu’à présent, cent mille arbres ont été plantés dans la réserve de Sharaan et «l’ambition ultime est d’en planter dix millions», soutient le Dr Browne.

Avec suffisamment de nourriture pour soutenir les troupeaux réintroduits, les animaux auront également leur rôle à jouer.

«Ils entretiendront les herbes et les arbres pousseront d’une certaine manière parce qu’ils sont broutés. Au fur et à mesure qu’ils se déplacent, les animaux répandront des engrais naturels et ces nutriments commenceront à circuler dans le système», indique le Dr Browne.

Surveiller les animaux et leurs mouvements fait partie intégrante de l’étude.

Seule une des réserves dispose d’une clôture physique; dans le cadre de la grande expérience de réensauvagement, les autres réserves sont clôturées «numériquement». Des colliers de suivi par satellite, légers et alimentés par l’énergie solaire, sont utilisés pour surveiller les mouvements et les habitudes des animaux, conformément aux directives de l’UICN sur la gestion des lâchers.

Sur un grand écran, à proximité du bureau du Dr Browne au siège de la Commission royale pour AlUla, les animaux peuvent être suivis presque en temps réel.

«Le collier de suivi par satellite enregistre la position de l’animal toutes les deux heures. On peut ainsi voir ce qu’il fait, s’il marche, court, reste immobile ou même si, Dieu nous en préserve, il est mort», explique-t-il.

«Certains d’entre eux sont également équipés de caméras. Ainsi, si nous remarquons que les animaux vont au même endroit tous les jours et que nous ne savons pas pourquoi, nous pouvons appuyer sur un bouton qui fait tomber la caméra. Nous pouvons alors aller la récupérer pour étudier ce que l’animal faisait.»

Grâce à cette technologie, «nous trouvons de nouvelles sources de nourriture et d’eau».

Sur le terrain, la protection et le suivi des animaux sont assurés par des équipes de rangers recrutés localement. Ils sont plus de cent vingt aujourd’hui et ils sont épaulés par des unités des Forces spéciales pour la sécurité environnementale du Royaume.

«Les rangers sont en quelque sorte le reflet de la Commission royale pour AlUla dans la communauté. Ils détectent les problèmes, surveillent les animaux et effectuent des patrouilles», précise le Dr Browne.

«Nous avons également la chance de collaborer avec les Forces spéciales pour la sécurité environnementale. Ces soldats construisent des stations autour des réserves et ils patrouillent activement dans la zone. Ils peuvent arrêter tous les braconniers qui pourraient pénétrer dans le secteur avec des armes.»

L’ensemble du projet est un exercice d’équilibre délicat. Si les troupeaux deviennent trop importants pour l’espace, le surpâturage redeviendra un danger.

Si cela commence à se produire, les animaux pourront être déplacés, mais leur nombre est tout aussi susceptible d’être maîtrisé par la prédation naturelle. Les léopards pourraient ne pas réapparaître avant plusieurs années, mais des prédateurs comme le loup d’Arabie joueront également un rôle dans la chaîne alimentaire naturelle.

À ce jour, six léopards ont vu le jour dans une installation spéciale de la Commission royale pour AlUla à Taïf et la construction d’un deuxième centre de reproduction dédié à AlUla est bien avancée. Les léopards actuels resteront dans le programme de reproduction, mais il est peu probable qu’ils soient relâchés. Cette étape décisive sera franchie par la prochaine génération, voire celle d’après.

«Les léopards que nous avons en captivité actuellement sont habitués à l’homme, et nous devons commencer à éliminer cette proximité avec les humains», affirme le Dr Browne.

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Dans le nouveau centre, les petits seront entraînés à chasser, en commençant par de petites proies comme les lapins et ils apprendront à se débrouiller seuls sans aide humaine.

En attendant, «nous identifions les zones prioritaires où nous pensons que les léopards survivront – loin des gens, avec des sources de nourriture et d’eau, etc.».

La population constitue la pièce restante du puzzle et la Commission royale pour AlUla prépare les communautés locales pour le jour du retour des grands félins.

«Nous devons travailler avec les gens et les rassurer sur le fait que lorsque nous relâcherons des léopards, ils ne viendront pas tuer leur bétail», insiste le Dr Browne.

Un soutien pratique sera offert, sous forme d’éclairages de sécurité, de palissades nocturnes pour le bétail ainsi que de systèmes d’alerte précoce pour informer les communautés par SMS de la présence d’un léopard dans leur région.

«Nous voulons non seulement faire comprendre aux gens que les léopards ne sont pas une menace, mais aussi leur démontrer que la présence de léopards et la venue de touristes pour découvrir la faune d’AlUla, apporteront beaucoup plus d’avantages à leurs familles et à leur communauté qu’un troupeau de chèvres», déclare le Dr Browne.

Quelque trois mille emplois ont déjà été créés au sein d’AlUla et dans ses environs, en lien avec le tourisme et les projets environnementaux de la Commission royale pour AlUla. Des milliers d’autres sont en cours de création et l’objectif à long terme est de créer trente-huit mille emplois d’ici à 2035.

Grâce à ce qui est en passe de devenir l’un des plus grands et des plus extraordinaires projets de réensauvagement que le monde n’ait jamais connu, les êtres humains et les animaux sauvages vivront à nouveau côte à côte, en harmonie avec la nature, dans la vallée d’AlUla.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com