Biden et Lula se jurent de défendre une démocratie «mise à l'épreuve» dans leurs pays

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (à gauche) à Brasilia le 18 janvier 2023 et le président américain Joe Biden à Washington, DC, le 13 janvier 2023 (Photo, AFP).
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (à gauche) à Brasilia le 18 janvier 2023 et le président américain Joe Biden à Washington, DC, le 13 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 février 2023

Biden et Lula se jurent de défendre une démocratie «mise à l'épreuve» dans leurs pays

  • Les deux dirigeants veulent «approfondir (leur) engagement partagé pour promouvoir, renforcer et approfondir la démocratie»
  • Joe Biden et Lula voudront avancer sur un sujet que l'ancien président, climato-sceptique notoire, bloquait: la défense de l'environnement

WASHINGTON: Le président brésilien Lula, reçu vendredi par Joe Biden, a estimé que les deux dirigeants ne devaient "plus jamais permettre" des assauts contre la démocratie tels qu'en ont connu les Etats-Unis et le Brésil à deux ans d’intervalle.

Le président américain, aux côtés de son invité, a reconnu que la démocratie avait été "mise à l'épreuve" dans les deux pays, le 6 janvier 2021 quand des partisans de l'ancien président Donald Trump ont attaqué le Capitole à Washington, et le 8 janvier 2023 quand une foule acquise à l'ancien chef d'Etat Jair Bolsonaro a pris d'assaut les institutions de Brasilia.

Mais "la démocratie a gagné", a dit Joe Biden, qui avait décroché son téléphone pour appeler son homologue brésilien au moment de ces émeutes.

Les deux dirigeants ont continué à comparer leurs expériences, dans un bref échange qui s'est tenu devant la presse dans le Bureau ovale, avant que ne commence la réunion bilatérale proprement dite.

Lula a vivement critiqué son prédécesseur d'extrême-droite, actuellement présent aux Etats-Unis, qui diffusait "de fausses informations, le matin, l'après-midi, le soir", s'attirant cette réplique du président américain: "Cela me rappelle quelque chose."

"Bolsonaro est une copie fidèle de Trump, c'est comme si on le passait à la photocopieuse", a dit Lula dans un entretien à la chaîne CNN, diffusé avant sa rencontre à la Maison Blanche.

Amazonie

"Je vais vous dire une chose: Bolsonaro n'a aucune chance de redevenir président du Brésil", a-t-il assuré à cette occasion, tout en assurant qu'il ne demanderait pas l'extradition de son rival, lequel se trouve en Floride.

"Je ne vais pas en parler à Biden car cela dépendra de la justice brésilienne", a-t-il encore dit.

"Le Brésil s'est isolé pendant quatre ans", a par ailleurs déploré le président brésilien dans le Bureau ovale, tandis que Joe Biden a assuré que désormais les deux pays étaient "ensemble" pour défendre les valeurs démocratiques dans le monde.

Lula a beaucoup insisté sur l'environnement et en particulier sur sa "promesse" de supprimer d'ici 2030 la déforestation dans la forêt amazonienne : "prendre soin de la forêt tropicale amazonienne c'est prendre soin de la planète, de notre propre survie".

La déforestation en Amazonie a progressé de 60% lors de chacune des années de mandat de Bolsonaro (2019-2022).

Elle a continué, mais a nettement ralenti dès le premier mois de mandat de Lula.

La déforestation en Amazonie en baisse lors du premier mois de Lula

La déforestation en Amazonie brésilienne a baissé de 61% en janvier, premier mois de la présidence de Lula, par rapport à la même période de l'année dernière, selon les données officielles publiées vendredi.

Les images par satellites du système de surveillance DETER montrent que 167 km2 de la plus grande forêt tropicale de la planète ont été rasés, selon l'institut de recherches spatiales INPE.

Cette surface est équivalente à plus de 22 000 terrains de football. Mais elle est bien moins importante que les 430 km2 déboisés en janvier 2022, premier mois de la dernière année de mandat du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

Un chiffre encourageant, publié le jour où le nouveau chef de l'Etat de gauche Luiz Inacio Lula da Silva doit rencontrer son homologue américain Joe Biden à Washington.

Il est toutefois à relativiser: la déforestation en janvier avait été moins importante lors de deux des quatre années de la présidence Bolsonaro, en 2019 (136 km2) et 2021 (83 km2).

Mais la déforestation annuelle moyenne sous le mandat du prédécesseur de Lula a été 75% plus élevée que lors de la décennie précédente.

Ukraine

Selon la Maison Blanche, concrètement, les discussions entre les Etats-Unis et le Brésil se concentrent sur le "Fonds pour l'Amazonie", un mécanisme financier multilatéral créé en 2008 et géré par le Brésil pour soutenir la lutte contre la déforestation.

Lula a relancé ce fonds que son prédécesseur avait gelé, et auquel ont surtout contribué jusqu'ici la Norvège et dans une moindre mesure l'Allemagne. Le Brésil est aujourd'hui en quête d'autres donateurs.

Devant les journalistes, ni Joe Biden ni Lula n'ont évoqué un sujet plus délicat: l'Ukraine.

Les Etats-Unis sont les grands pilotes de la réponse occidentale à la Russie, tandis que le Brésil a condamné l'invasion russe à l'ONU mais n'a pas adopté de sanctions économiques contre Moscou ni envoyé de munitions à Kiev.

Washington "respecte" les efforts du président brésilien, avait dit jeudi un haut responsable américain.

"Je ne partirais pas du principe qu'ils seront en désaccord, je pense qu'ils vont confronter leurs points de vue", a-t-il résumé.

De manière générale, le Brésil se montre soucieux de garder une relation équilibrée avec les autres puissances émergentes, y compris la Chine, grande rivale des Etats-Unis.

"Il faut trouver des interlocuteurs pour discuter avec les deux camps", a dit Lula à CNN. "Je veux parler de paix. Avec Poutine, avec le président Biden, l'Inde, la Chine..."


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
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  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".


«Promoteur dans l'âme», Trump révèle son projet immobilier de «Nouveau Gaza»

Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
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  • "Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé
  • "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens"

DAVOS: Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans.

La guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël en octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.

"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien.

"Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens", a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d'hiver suisse.

Son gendre Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".

Exhibant une esquisse aux dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre.

"Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a-t-il dit. "C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit".

Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.

En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce "au plein emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous".

Il a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.

"Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur", a assuré Jared Kushner. "Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs.

"Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement", a conclu M. Kushner.

Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.

Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de "grand leader" et de "type génial".


Rejoindre le Conseil de la paix reflète l’engagement saoudien à mettre fin au conflit à Gaza, affirme le prince Faisal

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères signe la charte fondatrice de l’initiative menée par les États-Unis lors d’une cérémonie au Forum économique mondial de Davos
  • L’Arabie saoudite fait partie des huit pays arabes et islamiques ayant annoncé mercredi leur adhésion à l’initiative, qui vise à stabiliser et reconstruire Gaza

​​​​​​DAVOS : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a signé jeudi la charte fondatrice du « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump.

Cette décision de participation reflète le soutien du Royaume aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza, a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite figure parmi les huit pays arabes et islamiques qui ont annoncé mercredi leur adhésion à cette initiative, dont l’objectif est de stabiliser et de reconstruire le territoire palestinien ravagé par la guerre.

Le prince Faisal a signé le document lors d’une cérémonie organisée en marge du Forum économique mondial de Davos, où le président Donald Trump a lancé la charte à l’occasion d’un événement réunissant plusieurs autres pays fondateurs, dont la Turquie et le Qatar.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que la signature du document témoignait de « l’engagement du Royaume à soutenir le conseil de la paix en tant qu’organe transitoire visant à mettre fin au conflit à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Cette initiative reflète également le soutien de l’Arabie saoudite à la reconstruction de Gaza et sa volonté de promouvoir une paix durable, tout en saluant les efforts de paix du président Trump, a ajouté le ministère.

Le président américain a contribué à la médiation d’un accord de paix en septembre, qui a largement mis fin à la guerre de deux ans menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a dévasté le territoire et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com