Séisme: premier convoi d'aide vers les zones rebelles du nord de la Syrie

Des gens se tiennent près des sacs mortuaires en attendant des nouvelles de leurs proches, près des décombres des immeubles effondrés à Hatay. (Photo, AFP)
Des gens se tiennent près des sacs mortuaires en attendant des nouvelles de leurs proches, près des décombres des immeubles effondrés à Hatay. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 14 février 2023

Séisme: premier convoi d'aide vers les zones rebelles du nord de la Syrie

  • Le secrétaire général de l'ONU a le même jour lancé un appel aux dons de près de 400 millions de dollars pour faire face sur «une période de trois mois» aux « besoins immenses» des populations victimes du tremblement de terre en Syrie
  • Selon le ministère syrien des Transports, 62 avions acheminant de l'aide ont jusqu'à présent atterri en Syrie

BAB AL-SALAMA: Un premier convoi d'aide est entré en Syrie mardi en direction des zones rebelles du nord, huit jours après le séisme qui a fait près de 40.000 morts dans ce pays et en Turquie, "la pire catastrophe naturelle en un siècle en Europe", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le secrétaire général de l'ONU a le même jour lancé un appel aux dons de près de 400 millions de dollars pour faire face sur "une période de trois mois" aux "besoins immenses" des populations victimes du tremblement de terre en Syrie.

Antonio Guterres a exhorté tous les Etats membres des Nations unies à fournir "sans délai" cette somme pour garantir "une aide humanitaire dont près de cinq millions de Syriens ont désespérément besoin", à commencer par "des abris, des soins médicaux, de la nourriture".

"Nous savons tous que l'aide qui sauve des vies n'entre pas à la vitesse et à l'échelle nécessaires", a-t-il insisté, précisant qu'il devrait bientôt y avoir un appel similaire en faveur de la Turquie.

"Nous sommes les témoins de la pire catastrophe naturelle dans la région de l'OMS Europe en un siècle et nous sommes toujours en train d'en mesurer l'ampleur", a de son côté constaté un responsable de l'Organisation mondiale de la santé.

Et son bilan s'alourdit inexorablement, il pourrait même doubler, prévenait l'ONU dimanche.

Mardi soir, il s'élevait à 39 106 morts - 35 418 officiellement dans le sud de la Turquie, tandis que les autorités en ont dénombré 3 688 en Syrie.

Quatre miraculés

Rare motif de consolation pour les sauveteurs, quatre personnes ont encore pu être extraites vivantes des décombres mardi en Turquie.

Comme ce couple de Syriens à Antakya, l'Antioche de l'Antiquité, l'une des villes turques ayant le plus souffert du tremblement de terre, qui s'est exclamé "Allahu akbar !" ("Allah est le plus grand" !) une fois sauvé, environ 210 heures après le tremblement de terre de magnitude 7,8 du 6 février, a témoigné un photographe de l'AFP.

Un peu plus tôt, deux jeunes frères avaient également pu sortir à l'air libre après avoir passé 198 heures coincés sous les gravats.

Agés respectivement de 17 et de 21 ans, ils ont dit avoir survécu en consommant de la poudre protéinée.

"J'étais calme. Je savais que je serais sauvé. J'ai prié. Il était possible de respirer sous les ruines", a raconté l'un d'eux, cité par la chaîne de télévision NTV.

Mais, malgré ces véritables petits miracles, les chances d'encore retrouver des survivants dans les bâtiments effondrés deviennent quasiment nulles.

Résignation

"Les équipes qui sont venues fouiller ici ont clairement expliqué qu'elles recherchaient des vivants. Elles ont travaillé pendant deux jours sans en trouver aucun", se désole pour sa part mardi à Antakya un soldat bientôt quinquagénaire, Cengiz, dont cinq proches sont enfouis dans les décombres.

"Nous comprenons qu'on privilégie les personnes en vie, mais nous avons le droit de réclamer les dépouilles de nos proches", renchérit, résigné, Husein, qui espérait retrouver la femme de son frère et leurs quatre enfants.

Dans ces circonstances, la priorité est désormais de s'occuper des centaines de milliers, voire des millions, de personnes dont les logements ont été détruits par la secousse tellurique.

"Nous avons répondu aux besoins d'hébergement d'1,6 million de personnes. Près de 2,2 millions ont été évacuées ou ont quitté les provinces (touchées) de leur plein gré", a à cet égard affirmé mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan après une réunion du gouvernement.

Au dénuement matériel extrême des personne sinistrées s'ajoute la détresse psychologique, qui frappe de plein fouet les plus jeunes.

Plus de sept millions d'enfants - 4,6 en Turquie et 2,5 en Syrie - vivent dans les zones affectées, a déploré l'Unicef.

Direction les zones rebelles

Côté syrien, pour la première fois depuis 2020, un convoi transportant de l'aide se dirigeait mardi vers les zones rebelles du nord par le poste-frontière de Bab al-Salama avec la Turquie, a vu un journaliste de l'AFP.

Il est constitué de 11 camions de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) chargés, entre autres, de tentes, de matelas, de couvertures et de tapis.

Le poste-frontière de Bab al-Salama relie le territoire turc au nord de la province d'Alep contrôlée par des factions syriennes fidèles à Ankara. Il avait été fermé à l'aide humanitaire de l'ONU sous la pression de la Russie, une alliée du régime de Damas.

Les zones échappant au contrôle de ce dernier dans le nord de la province d'Alep et dans celle d'Idleb (nord-ouest), où vivent près de trois millions de personnes, figurent parmi les plus dévastées par le tremblement de terre en Syrie.

Ce pays avait auparavant annoncé l'ouverture, pour une durée initiale de trois mois, de deux nouveaux points de passage avec la Turquie afin d'accélérer l'arrivée de l'aide humanitaire.

Le secrétaire général de l'ONU a salué cette décision du président syrien Bachar al-Assad qui "va permettre à plus d'aide d'entrer, plus vite".

Une délégation des Nations unies est parallèlement parvenue mardi sur place afin d'évaluer les besoins de ces régions durement touchées, d'après un correspondant de l'AFP.

Selon le ministère syrien des Transports, 62 avions acheminant de l'aide ont jusqu'à présent atterri en Syrie, dont un en provenance d'Arabie saoudite, une première en dix ans.


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa (est) fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.