Macron a-t-il vraiment changé sur l'Ukraine ? Pas sur le fond

Le président français Emmanuel Macron, à Paris le 16 février 2023. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à Paris le 16 février 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 février 2023

Macron a-t-il vraiment changé sur l'Ukraine ? Pas sur le fond

  • Le chef de l'Etat reste fidèle à lui-même sur le fond: il veut donner sa chance à la négociation dès que possible, une position qu'il aura l'occasion de préciser vendredi à la Conférence sur la sécurité de Munich en Allemagne
  • Emmanuel Macron s'est attiré les foudres de ses partenaires est-européens en appelant, quelques semaines après le début du conflit, le 9 mai 2022, à ne pas « humilier» la Russie

PARIS: "Il a changé pour de vrai cette fois", veut croire son homologue ukrainien : un an après le début de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a remisé ses appels à ne pas "humilier" la Russie et promet de soutenir Kiev "jusqu'à la victoire".

Mais si le discours a évolué, le chef de l'Etat reste fidèle à lui-même sur le fond: il veut donner sa chance à la négociation dès que possible, une position qu'il aura l'occasion de préciser vendredi à la Conférence sur la sécurité de Munich en Allemagne.

"C'est son fameux +en même temps+", relève Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de l'ex-URSS à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "Son soutien à l’Ukraine est constant. Mais il a aussi cette vision d’une +puissance d’équilibre+, capable de parler à tout le monde, de trouver des solutions" et qui veut "garder un canal avec la Russie".

Emmanuel Macron s'est attiré les foudres de ses partenaires est-européens en appelant, quelques semaines après le début du conflit, le 9 mai 2022, à ne pas "humilier" la Russie.

Le président français a alors en tête le sort réservé à l'Allemagne en 1918, qui conduisit à l'avènement d'Hitler quinze ans plus tard. Et sans doute aussi celui de la Russie, reléguée et en crise, après l'effondrement de l'URSS en 1991.

«Maximum d'atouts»

En décembre, il s'attire encore les critiques évoquant les "garanties de sécurité" qu'il faudra bien, selon lui, octroyer un jour à Moscou si l'on veut une paix durable en Europe.

"Un des points essentiels, c'est la peur que l'Otan vienne jusqu'à ses portes, c'est le déploiement d'armes qui peuvent menacer la Russie", plaide-t-il.

Mais depuis janvier, alors qu'une nouvelle offensive russe se précise dans le Donbass, Emmanuel Macron met surtout en avant la nécessaire "victoire" de l'Ukraine. Ou "défaite de la Russie", comme l'esquisse désormais l'Elysée, franchissant un nouveau pas verbalement.

Après les succès militaires de Kiev à l'automne, "on a depuis décembre un changement d'ambiance", constate Florent Parmentier, maître de conférences à Sciences-Po.

Les deux camps perdent beaucoup d'hommes, avec un ratio beaucoup plus défavorable à l'Ukraine, trois fois moins peuplée. Le manque de munitions guette aussi le pays. "Vladimir Poutine se dit très clairement que le temps joue en sa faveur", note Florent Parmentier.

"On sent qu’il va y avoir une bataille qui va définir un rapport de forces", décrypte Jean de Gliniasty, ex-ambassadeur de France à Moscou et directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

"C'est en vue de cette bataille que Macron et les autres sont en train d'armer l'Ukraine pour lui donner le maximum d'atouts dans une négociation que les Ukrainiens ne souhaitent pas".

«Moi profond»

Plusieurs études, dont l'une très remarquée de l'institut américain Rand Corporation, pointent aussi les risques d'un enlisement du conflit. Une guerre prolongée ne serait pas dans "l'intérêt des Etats-Unis", avertit la Rand en janvier.

"Beaucoup de gens arrivent à la conclusion qu’il va falloir négocier. Et Macron, en ce sens, n’a pas changé", considère Jean de Gliniasty.

Dès 2019, il affiche d'ailleurs l'ambition de construire une nouvelle architecture de sécurité en Europe, avec la Russie, sur les ruines des accords de désarmement russo-américains, une position qui suscite l'incompréhension chez les alliés est-européens.

En février 2022, il tente encore d'empêcher la guerre en se rendant à Moscou et Kiev. "Dans son +moi profond+, il était au départ plutôt dans l’idée qu’on pouvait trouver un arrangement raisonnable dans les échanges avec la Russie", relève Florent Parmentier.

Le chef de l'Etat le dit aussi haut et fort, il "n'a pas envie" de céder la place "aux Chinois ou aux Turcs" à la future table des négociations, même si au fil du temps ses échanges avec Vladimir Poutine se sont taris.

"La France s’est tellement engagée auprès de l'Ukraine qu’il lui est difficile aujourd'hui d'apparaître comme un médiateur" aux yeux des Russes, estime Florent Parmentier.

"Il est clair que le centre de gravité du continent est en train de se déplacer vers l'Allemagne, l'Europe centrale et la France apparaît un peu extérieure à tout cela", renchérit Jean de Gliniasty.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.