L’étude du champ gazier offshore du Liban promet des «résultats positifs»

Le ministre libanais sortant de l’Énergie, Walid Fayyad (2e à gauche), et le ministre sortant des Travaux publics et de l’Environnement, Ali Hamieh (3e à gauche), s’apprêtent à monter à bord du navire de recherche maritime Janus 2, le 17 février 2023, dans le port de Beyrouth, après la fin des opérations d’analyse environnementale dans le bloc 9 en prévision des activités d’exploration gazière en mer (Photo, AFP).
Le ministre libanais sortant de l’Énergie, Walid Fayyad (2e à gauche), et le ministre sortant des Travaux publics et de l’Environnement, Ali Hamieh (3e à gauche), s’apprêtent à monter à bord du navire de recherche maritime Janus 2, le 17 février 2023, dans le port de Beyrouth, après la fin des opérations d’analyse environnementale dans le bloc 9 en prévision des activités d’exploration gazière en mer (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 18 février 2023

L’étude du champ gazier offshore du Liban promet des «résultats positifs»

  • Le Conseil de sécurité libanais précise que 90 manifestations ont eu lieu dans le pays en deux semaines
  • Les manifestants qui ont incendié des banques «ne sont pas des déposants», selon le Premier ministre sortant

BEYROUTH: Les perspectives du projet de champ gazier de Cana au Liban semblent prometteuses, a déclaré vendredi le ministre sortant de l’Énergie, Walid Fayyad, alors que les autorités sont engagées dans une course contre la montre pour reprendre les travaux d’exploration après la démarcation des frontières maritimes avec Israël en octobre.

M. Fayyad a visité le navire Janus 2 dans le port de Beyrouth, amené par TotalEnergies et ses partenaires Eni et QatarEnergy pour réaliser des études environnementales sur le bloc offshore N°9 dans la zone économique exclusive en vue de l’exploration pétrolière et gazière.

«Nous espérons que les résultats de l’étude seront positifs, mais nous devons être réalistes et attendre la découverte», a lancé M. Fayyad.

Ces derniers jours, Israël a annoncé le début de sa production commerciale dans le champ de Karish.

Le Janus 2 a achevé une mission de huit jours au cours de laquelle il a pris des photos du fond marin et prélevé des échantillons d’eau et de sédiments.

Le chiffre

La devise locale a perdu plus de 120% de sa valeur au cours des trois dernières années.

Il a également observé la vie marine dans la zone, fournissant des données pour une étude d’évaluation de l’impact sur l’environnement, une étape essentielle avant le forage en vertu du droit international et local.

Les Libanais placent leurs espoirs dans une exploration réussie qui débloquera des réserves de pétrole et de gaz valant des milliards de dollars, contribuant ainsi à relancer l’économie chancelante du pays.

La devise locale a perdu plus de 120% de sa valeur au cours des trois dernières années.

La livre libanaise a atteint 82 000 pour un dollar vendredi, un jour après que des manifestants ont attaqué des banques et bloqué des routes pour exprimer leur colère face à la détérioration de l’économie et aux fortes hausses des prix des produits de première nécessité.

«Nous comprenons ce que les citoyens traversent, mais les émeutes et les attaques contre les biens publics et privés ne sont pas des solutions», a affirmé le ministre sortant de l’Intérieur, Bassam Mawlawi.

À l’issue de la réunion du Conseil central de sécurité de vendredi, M. Mawlawi a précisé que 90 manifestations avaient eu lieu au Liban depuis le début du mois de février, dont 59 étaient dirigées contre les conditions de vie actuelles.

Le Premier ministre sortant, Najib Mikati, qui présidait la réunion, a souligné: «Nous faisons de notre mieux pour préserver l’autorité de l’État et le prestige des lois, d’autant plus que tous les départements et institutions de l’État s’effondrent.»

Il a toutefois ajouté: «Après avoir vu des manifestants mettre le feu à des banques, je n’ai pu m’empêcher de me demander s’il s’agissait vraiment de déposants ou de personnes suivant certaines directives pour semer le chaos.»

«Après avoir appréhendé et interrogé les manifestants qui ont incendié des banques jeudi, nous avons découvert qu’ils n’avaient pas le moindre compte bancaire», a indiqué le conseiller médiatique de M. Mikati, Fares al-Jamil, à Arab News.

M. Al-Jamil a assuré que Mikati suivait la question et chercherait à mettre fin à la grève des banques au début de la semaine prochaine.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a lancé une série d’avertissements dans un discours jeudi soir, affirmant qu’il ne permettrait pas à Israël d’extraire du pétrole du champ de Karish, «tant que le Liban n’aura pas progressé sur ce plan.»

«Si vous essayez de nous affamer, nous vous tuerons», a-t-il ajouté.

Il a également menacé les États-Unis, en disant: «Si le Liban est conduit au chaos, alors le monde doit se préparer au chaos dans toute la région et plus particulièrement en Israël, votre protégé.»

Évoquant la question de la présidence libanaise, il a déclaré que «personne ne peut imposer un président au pays. Il est nécessaire que l’État continue à chercher des moyens de résoudre le problème».

Un observateur politique a qualifié les positions de M. Nasrallah de «tendues et liées à la détérioration de la situation économique, qui s’est aggravée ces derniers jours, même pour les partisans du Hezbollah.»

«Accuser les États-Unis et les tenir pour responsables de la détérioration des conditions économiques et financières est une tentative claire du parti de se soustraire à la responsabilité d’avoir provoqué l’effondrement du Liban, en utilisant la force des armes, en perturbant la voie de l’État et en épuisant ses ressources pour servir les intérêts de l’Iran», selon la source.

Le Hezbollah et ses alliés critiquent les manifestants depuis 2019, les accusant d’obéir aux ordres d’ambassades étrangères.

Pour Richard Kouyoumjian, chef du Département des relations extérieures du parti des Forces libanaises, «le Liban vit dans le chaos parce que le Hezbollah et ses alliés entravent la constitution, les institutions et les élections présidentielles, sans proposer de solutions».

Il estime qu’«une solution sérieuse commence par l’élection d’un président souverain, réformateur, non corrompu, et non affilié au Hezbollah».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

 


Trump affirme que «les dirigeants» israélien et libanais vont se parler jeudi

Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
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  • "On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social
  • Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël

BEYROUTH: Les "dirigeants" d'Israël et du Liban vont se parler jeudi, a affirmé mercredi soir le président américain Donald Trump, après des discussions directes cette semaine entre les deux pays.

Cette annonce survient alors qu'Israël et le Hezbollah sont en guerre depuis le 2 mars. Le mouvement pro-iranien libanais a revendiqué jeudi matin plusieurs attaques aux drones visant des positions militaires dans le nord d'Israël.

"On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Le président n'a toutefois pas précisé de quels dirigeants il parlait.

Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël.

Il a toutefois précisé que cet éventuel accord n'entrait pas dans le cadre des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à obtenir une fin durable du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril.

"Les Etats-Unis souhaitent voir s'instaurer une paix durable, mais n'ont pas exigé un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hezbollah, a indiqué à la presse ce responsable, sous couvert d'anonymat.

 


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais discutent de la médiation entre les États-Unis et l'Iran

Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
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  • Les pourparlers de Djeddah mettent l'accent sur la nécessité de reprendre les négociations
  • Les efforts de médiation du Pakistan occupent le devant de la scène

RIYAD/DJEDDAH : Le prince héritier Mohammed bin Salman a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Jeddah mercredi, avec des entretiens axés sur la diplomatie régionale et les efforts visant à faire progresser les négociations entre les États-Unis et l'Iran.

La réunion a souligné le rôle du Pakistan dans la facilitation du dialogue, les deux dirigeants ayant passé en revue les développements entourant les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran organisés par Islamabad et souligné l'importance d'un engagement diplomatique soutenu pour rétablir la stabilité dans la région.

Le prince héritier a salué les efforts déployés par M. Sharif pour soutenir la croissance économique du Pakistan et renforcer le partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le prince héritier a également salué les efforts diplomatiques du Premier ministre Sharif et du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir.
Une vidéo de l'agence de presse saoudienne a montré les discussions entre les deux dirigeants, accompagnés du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et de son homologue pakistanais, Ishaq Dar. Le ministre de la Défense, le prince Khalid bin Salman, le ministre d'État et conseiller à la sécurité nationale, Musaed Al-Aiban, et de hauts responsables pakistanais ont également assisté à la réunion.

M. Sharif est arrivé à Djeddah plus tôt dans la journée, première étape d'une tournée diplomatique de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à créer une dynamique avant un éventuel deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui se déroulerait au Pakistan.

"Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif effectuera des visites officielles au Royaume d'Arabie saoudite, à l'État du Qatar et à la République de Turquie du 15 au 18 avril 2026", a indiqué le ministère pakistanais des affaires étrangères dans un communiqué.

M. Sharif participera au forum diplomatique d'Antalya pendant son séjour en Turquie.

Il tiendra également des réunions bilatérales avec le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres dirigeants en marge du forum d'Antalya, précise le communiqué.

Washington et Téhéran ont tenu leurs premiers entretiens en face à face depuis des décennies à Islamabad le week-end dernier, avec des efforts de médiation en cours pour mettre fin à la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février.

Le conflit a exacerbé les tensions au Moyen-Orient, l'Iran ayant pris pour cible les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en guise de représailles, et perturbé les flux d'énergie en provenance de la région.

Les pourparlers d'Islamabad se sont terminés sans percée, mais le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations pourraient reprendre cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Un cessez-le-feu fragile reste en place jusqu'à la semaine prochaine, bien que les États-Unis aient ordonné un blocus naval de l'Iran.

M. Sharif était accompagné de M. Dar - une figure clé des efforts de médiation - et d'autres hauts fonctionnaires lors de ses visites, a indiqué son bureau mercredi après-midi.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite entretiennent des liens étroits et le ministère des finances d'Islamabad a annoncé mercredi que Riyad fournirait au Pakistan 3 milliards de dollars pour l'aider à renforcer ses réserves de change.

Le ministère des finances a déclaré qu'un dépôt saoudien existant de 5 milliards de dollars serait également prolongé pour une période non précisée.

(Avec SPA et AFP)