Tension sociale au Liban après la chute de la livre

Des conducteurs patientent alors que la circulation est paralysée devant le ministère de l'Intérieur et la Banque centrale, le 15 février 2023, lors d'un sit-in organisé par des chauffeurs de taxi pour exprimer leur mécontentement face à l'augmentation du coût de la vie et à la dévaluation continue de la livre libanaise. (AFP)
Des conducteurs patientent alors que la circulation est paralysée devant le ministère de l'Intérieur et la Banque centrale, le 15 février 2023, lors d'un sit-in organisé par des chauffeurs de taxi pour exprimer leur mécontentement face à l'augmentation du coût de la vie et à la dévaluation continue de la livre libanaise. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 16 février 2023

Tension sociale au Liban après la chute de la livre

  • Des hommes armés à Tripoli forcent les magasins à fermer, les routes sont bloquées à Beyrouth et dans les zones rurales
  • La chute de la valeur de la livre affectera non seulement les prix des carburants, mais aussi d'autres biens de consommation

BEYROUTH: La chute soudaine de la valeur de la livre libanaise a suscité la confusion sur les marchés, une colère généralisée dans la rue et une réduction dangereuse du pouvoir d’achat.
Le taux de change sur le marché parallèle a atteint 77 000 livres pour 1 dollar (1 dollar = 0,93 euro) mercredi, moins de vingt-quatre heures après être tombé à 68 000 livres pour un dollar, créant un écart énorme entre les prix d'achat et de vente.
Les propriétaires de stations-service ont refusé de vendre du carburant, tandis que les responsables gouvernementaux se sont efforcés de repousser les tentatives de protestation par crainte d'un chaos sans précédent dans la rue.
La menace de troubles civils a été soulignée par le président de l'Union générale du travail, Bechara al-Asmar, qui a déclaré que le syndicat «a reçu des informations sur la possibilité que des émeutiers s’activent».
Ses propos sont intervenus après que des hommes armés ont tiré en l'air à Tripoli pour forcer les magasins à fermer, tandis que des manifestants sont descendus dans les rues de Beyrouth et des zones rurales, bloquant les routes en signe de colère face à la détérioration alarmante de leurs conditions de vie.
«Ce qui s'est passé aujourd'hui à Tripoli, à la suite des manifestations dans la rue, est tragique», souligne M. Al-Asmar à Arab News.
«La même chose s'est produite à Beyrouth et dans la zone d'Al-Awzai, au sud de Beyrouth, ce qui laisse présager une explosion sociale.»
Il ajoute: «Il y a une volonté occulte d’aggraver l'effondrement. Quelle est la justification de l'effondrement de 100% de la livre libanaise aujourd'hui? Rien n'a changé dans la réalité économique pour provoquer cet effondrement à un rythme effréné.»
Khaled, un militant impliqué dans les manifestations, déclare que le dernier plongeon de la monnaie empêchait les gens «d’acheter quoi que ce soit.»
Il précise: «Nous allons étudier les prochaines étapes des protestations. Aujourd'hui, tous les bureaux de change de la ville ont été fermés et tous les changeurs itinérants illégaux ont été expulsés.»
Les stations-service ont cessé de vendre de l'essence en raison de l'instabilité du taux de change.
Le Syndicat des propriétaires de stations-service au Liban a appelé le ministre intérimaire de l'Énergie, Walid Fayyad, à «publier une grille des prix du dollar pour une période limitée jusqu'à ce que la situation se stabilise, car c'est dans l'intérêt des citoyens comme des propriétaires de stations-service».
George Brax, membre du Syndicat des propriétaires de stations-service, explique que la grille quotidienne des prix du carburant publiée par le ministère de l'Énergie «ne correspond plus à la réalité».
La chute de la valeur de la livre affectera non seulement les prix des carburants, mais aussi d'autres biens de consommation, déclare-t-il.
«Nous avons besoin de dollars, car nous sommes un pays qui dépend des importations.»
Après avoir rencontré les propriétaires de stations-service, M. Fayyad a confirmé que «le ministère travaille sur une plate-forme permettant d'émettre plus de deux grilles par jour, en fonction de la fluctuation du taux de change. Mais nous ne fixerons pas le prix de l'essence en dollars et nous ne violerons pas la loi. Selon la loi sur la protection des consommateurs, le carburant doit parvenir aux citoyens en livres libanaises.»
L'ambassadeur britannique au Liban, Hamish Cowell, a mis en garde mercredi contre les retombées de la crise du coût de la vie «si toutes les parties au Liban ne s'entendent pas pour élire un président et initier le processus de réforme».
Le diplomate britannique a déclaré que «le Liban est un pays important pour la Grande-Bretagne et le monde entier, et préserver sa sécurité et sa stabilité est nécessaire, car il représente un modèle de coexistence confessionnelle».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Short Url
  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Qatar: l'armée de l'air a abattu deux bombardiers iraniens 

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
Short Url
  • "L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays"
  • Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers

DOHA: L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

"L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd'hui", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Cette annonce intervient après que la compagnie énergétique publique qatarie a annoncé l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après les attaques de drones iraniens qui ont attaqué deux de ses principales usines de traitement de gaz.

Concernant ces attaques, un drone iranien a visé, d'après le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique à Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays, à 80 km au nord de la capitale, sur la côte.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d'eau d'une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques de drones n'ont pas fait de victimes, selon les autorités.

 


L'Arabie saoudite intercepte 5 drones près de la base aérienne Prince Sultan : porte-parole

Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Short Url
  • Al-Maliki a annoncé l'interception et la destruction de cinq drones hostiles
  • Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès

RIYAD: Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki, a annoncé lundi l'interception et la destruction de cinq drones hostiles près de la base aérienne Prince Sultan.

Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès.

M. Al-Maliki a confirmé qu'aucune victime civile n'avait été signalée à la suite de l'interception, notant qu'un petit incendie s'était déclaré à l'intérieur de la raffinerie en raison de la chute de débris, mais qu'il avait été rapidement maîtrisé.