Pour le magnat Murdoch et Fox News, le camp Trump était «fou» d'hurler à la présidentielle volée en 2020

Les logos des programmes Fox sont affichés sur le bâtiment News Corp. le 25 janvier 2023 à New York. (Photo, AFP)
Les logos des programmes Fox sont affichés sur le bâtiment News Corp. le 25 janvier 2023 à New York. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 février 2023

Pour le magnat Murdoch et Fox News, le camp Trump était «fou» d'hurler à la présidentielle volée en 2020

  • Cela fait déjà quelques années que la lune de miel est terminée entre les trumpistes et Fox News, très prisée des conservateurs et de la droite aux Etats-Unis
  • La chaîne est la pépite de l'empire News Corporation du milliardaire australo-américain de 91 ans, Rupert Murdoch

NEW YORK : "Fou", "irresponsable", "menteurs": de la présidentielle américaine du 7 novembre 2020 à l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021, le magnat des médias conservateurs Rupert Murdoch et sa chaîne Fox News ont dénoncé, mais uniquement en privé, les affirmations de Donald Trump d'une élection volée par Joe Biden.

Cela fait déjà quelques années que la lune de miel est terminée entre les trumpistes et Fox News, très prisée des conservateurs et de la droite aux Etats-Unis. La chaîne est la pépite de l'empire News Corporation du milliardaire australo-américain de 91 ans, Rupert Murdoch.

Mais une plainte de mars 2021 pour diffamation contre Fox News, intentée par un fabricant de machines électroniques de vote, Dominion Voting Systems, vient éclairer avec force détails et témoignages la relation Trump-Murdoch qui a tourné au vinaigre dès le scrutin présidentiel du 7 novembre 2020.

Le camp Trump moqué

Selon ce document judiciaire de 192 pages rendu public dans la nuit de jeudi à vendredi par la justice de l'Etat du Delaware (nord-est), Rupert Murdoch, des dirigeants et des animateurs vedettes de Fox News ont, dès la défaite de Trump, critiqué, moqué, voire injurié le camp du républicain battu.

Mais ils ne l'ont fait qu'en privé. Pendant qu'à l'antenne de Fox News, les mensonges et assertions contestant l'élection du démocrate Joe Biden faisaient florès.

Ces révélations sont tirées du gros dossier de la plainte en diffamation déposée en mars 2021, complétée en janvier 2022 et pour laquelle Dominion réclame 1,6 milliard de dollars de dédommagement.

Ce fabricant s'estime diffamé par Fox News qui affirmait que ses machines électroniques de vote avaient servi à fausser les résultats en plusieurs endroits des Etats-Unis et même, par le passé, au Venezuela, en faveur du président aujourd'hui décédé Hugo Chavez.

Mais lorsque des conseillers de Donald Trump -- Rudy Giuliani et Sidney Powell -- dénoncèrent une prétendue fraude à grande échelle, Rupert Murdoch écrivit aussitôt à la patronne de Fox News Media, Suzanne Scott.

Dans ce courriel intitulé "En train de regarder Giuliani!", Rupert Murdoch qualifie l'intervention des trumpistes de "truc vraiment fou. Et dommageable", selon la plainte judiciaire. Le fondateur de News Corporation écrit encore: "un truc terrible, préjudiciable à tout le monde, j'en ai peur".

Des échanges par textos en novembre 2020 entre présentateurs et producteurs de Fox sont tout aussi éloquents.

Trump «démoniaque»

L'animateur Tucker Carlson confie ainsi à sa collègue Laura Ingraham que la conseillère trumpiste "Sidney Powell est une menteuse".

"Je l'ai prise en flagrant délit, c'est insensé", écrit-il. Laura Ingraham lui répond que "Sidney est complètement dingue" et que "personne ne travaillera (plus) avec elle".

Le producteur Justin Wells écrit aussi le 19 novembre 2020 à l'animateur Carlson que les conseillers de Trump "Sidney Powell et Rudy (Giuliani) sont des putains de menteurs", dénonçant un comportement "désespéré et dérangé" pour prétendre que l'élection a été volée.

La relation entre Fox News et Trump se dégrade encore le 6 janvier 2021, jour où des partisans du président battu prennent d'assaut le Capitole, siège du Congrès à Washington: Trump est "une force démoniaque, un destructeur. Mais il ne nous détruira pas", lance dans un SMS Tucker Carlson à un autre producteur, Alex Pfeiffer.

Ce jour-là, Donald Trump, encore à la Maison Blanche pour 15 jours, tente d'appeler l'émission du très droitier Lou Dobbs pour intervenir en direct. Mais la chaîne le refuse, car "il aurait été irresponsable de le prendre en ligne", affirme la présidente de Fox Business Network, Lauren Petterson, citée par la plainte de Dominion.

Fiasco

En novembre dernier, d'autres médias de News Corporation, Wall Street Journal et New York Post, ont étrillé Trump, responsable du "fiasco" des républicains aux législatives de mi-mandat.

Vendredi, une porte-parole de Fox News a accusé Dominion d'avoir "choisi et sorti des citations (de sa plainte) de leur contexte".

"Dominion va faire beaucoup de bruit et créer de la confusion (...) mais le coeur de l'affaire reste la liberté de la presse et d'expression, des droits fondamentaux conférés par la Constitution", a-t-elle défendu dans un courriel à l'AFP.

De fait, les actions en diffamation sont limitées aux Etats-Unis par la sacro-sainte liberté d'expression protégée par le premier amendement de la Constitution et les conflits se terminent le plus souvent par un accord à l'amiable. Même si cette affaire risque d'entacher la réputation et les comptes de Fox, l'un des cinq réseaux télévisuels nationaux avec CNN, NBC, ABC et CBS.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.