Gérald Darmanin veut durcir le ton pour la conduite sous stupéfiants après l'affaire Palmade

L'acteur français Pierre Palmade (Photo, AFP).
L'acteur français Pierre Palmade (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 19 février 2023

Gérald Darmanin veut durcir le ton pour la conduite sous stupéfiants après l'affaire Palmade

  • «Je propose le retrait des douze points du permis de conduire pour toute personne qui conduit alors qu'elle a consommé de la drogue», a déclaré le ministre dans une interview au Journal du dimanche
  • Gérald Darmanin veut également «rendre obligatoire la visite médicale de tout consommateur avéré de drogue pour qu'il soit autorisé à conduire s'il se soigne»

PARIS: Annonce avec ou sans lendemain? Gérald Darmanin s'est prononcé dimanche pour un retrait des 12 points du permis en cas de conduite sous stupéfiants mais aussi d'alcool, et l'introduction de la qualification d'"homicide routier", ce qui laisse dubitatifs les défenseurs des victimes.

Le ministre de l'Intérieur a fait cette annonce dans le JDD, neuf jours après l'accident provoqué par l'humoriste Pierre Palmade sous l'emprise de la cocaïne et dans lequel trois personnes ont été grièvement blessées, dont une femme enceinte qui a perdu son bébé de six mois.

En visite en Corse, M. Darmanin a ensuite précisé dans l'après-midi vouloir "être beaucoup plus dur avec ceux qui conduisent sous l'emprise de drogues, de stupéfiants ou d'alcool bien évidemment".

"La perte du permis n'est automatique qu'en récidive aujourd'hui", a pointé le ministre.

Actuellement, la conduite sous l'usage de stupéfiants est sanctionnée de la perte de six points. Des peines complémentaires peuvent aussi entraîner une suspension du permis pour une durée maximale de trois ans et une annulation du permis, avec trois ans maximum d'interdiction de demander un nouveau permis.

Gérald Darmanin veut également "rendre obligatoire la visite médicale de tout consommateur avéré de drogue, pour qu'il soit autorisé à conduire s'il se soigne", et dit par ailleurs travailler "avec Eric Dupond-Moretti pour renommer en 'homicide routier' les accidents mortels dus à la drogue et à l'alcool".

Le ministre de l'Intérieur, qui a rappelé sa volonté d'arrêter de retirer des points pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h, a souligné qu'"environ 600 personnes meurent chaque année dans des accidents de la route liés aux stupéfiants et qu'un total de 800.000 contrôles routiers "contre la drogue" ont eu lieu en 2022, "soit le double des années précédentes". Il a promis qu'il y en aurait "un million cette année".

Débat sur l'« Homicide routier » 

Ces annonces ont été accueillies avec circonspection par les associations et avocats de victimes de la route. Pour Vincent Julé Parade, avocat spécialisé dans le domaine, "le retrait des 12 points et la visite médicale, ça paraît une bonne idée quand on sait que les consommateurs de stupéfiants se disent eux-mêmes malades, une visite médicale semblerait être une bonne chose".

"Mais il faut aller jusqu’au bout. Il faut que ça suive côté alcool, c'est la deuxième cause d'accidents, c'est aussi une addiction", souligne l'avocat.

"Tout ça, c’est bien mais espérons que ce n'est pas seulement un effet d'annonces. Depuis qu'il est en poste, on n'a pas beaucoup entendu M. Darmanin sur la sécurité routière", a noté Me Julé Parade.

Même réserve pour le président de la Ligue contre la violence routière. "On a l’impression que le ministre de l’Intérieur souhaite enfin parler de sécurité routière. Il y a un vrai sujet sur la table malgré toutes les reculades récemment sur les radars urbains, la suppression du retrait des points pour les petits excès de vitesse", a déclaré Jean-Yves Lamant.

"Ca fait dix ans que l'accidentalité ne change pas, il y a 3 500 morts par an, ça n’a pas du tout évolué. Notre message est assez clair: il faut changer de baromètre, ce n’est plus l’acceptabilité mais l’accidentalité. Et l’objectif à atteindre est zéro mort en 2050", martèle M. Lamant pour qui "l'homicide routier est un vrai débat".

Sur ce sujet, Me Julé Parade estime que "ce que propose M. Darmanin c'est d'appeler une chose par son nom, c'est changer la sémantique mais le quantum de la peine ne pourra pas bouger".

"La peine maximum est de 10 ans (d'emprisonnement) en matière de délit routier en France. Depuis 20 ans que la loi a été durcie, à ma connaissance le maximum de 10 ans n'a jamais été prononcé en France. Le maximum que j'aie rencontré est 7 ans, et avec sursis", déplore Me Julé Parade.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Short Url
  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Short Url
  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Short Url
  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.