Une sculpture de Jeff Koons accidentellement brisée lors d'un vernissage à Miami

L'artiste américain Jeff Koons devant son Balloon Dog à la galerie Alriwaq du Qatar Museum, à Doha, le 20 novembre 2021. (Photo : Patrick Baz / Musée du Qatar / AFP)
L'artiste américain Jeff Koons devant son Balloon Dog à la galerie Alriwaq du Qatar Museum, à Doha, le 20 novembre 2021. (Photo : Patrick Baz / Musée du Qatar / AFP)
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Publié le Dimanche 19 février 2023

Une sculpture de Jeff Koons accidentellement brisée lors d'un vernissage à Miami

  • La sculpture d'un bleu éclatant faisait partie de la fameuse série du «balloon dog» (chien en ballon) qui a forgé la réputation de Jeff Koons à l'international
  • Un témoin a pris une vidéo alors que les employés de la galerie balayaient les éclats de verre

MIAMI : Une collectionneuse qui visitait une foire d'art contemporain à Miami, aux Etats-Unis, a accidentellement renversé et brisé une petite sculpture en verre du célèbre artiste Jeff Koons, estimée à 42.000 dollars (près de 39.200 euros).

La sculpture d'un bleu éclatant faisait partie de la fameuse série du «balloon dog» (chien en ballon) qui a forgé la réputation de Jeff Koons à l'international.

L'incident s'est produit lors d'un vernissage privé à Art Wynwood à Miami. Certains collectionneurs ont alors pensé qu'il s'agissait d'une performance artistique ou d'une mise en scène.

«J'ai vu que cette femme était là et qu'elle tapotait (la sculpture). Puis celle-ci est tombée et s'est brisée en mille morceaux», a expliqué à l'antenne de la chaîne Fox News de Miami l'artiste Stephen Gamson.

Au départ, M. Gamson pensait que la femme tapotait sur l'œuvre d'art, qui reposait sur un socle en acrylique portant le nom de Jeff Koons, pour vérifier s'il s'agissait d'un vrai ballon.

Un témoin a pris une vidéo alors que les employés de la galerie balayaient les éclats de verre. «Je n'arrive pas à croire que quelqu'un ait pu renverser ça», peut-on entendre sur ce fichier.

Bénédicte Caluch, conseillère artistique chez Bel-Air Fine Art, qui a sponsorisé l'œuvre de Jeff Koons, a déclaré au journal américain Miami Herald que la collectionneuse n'avait pas voulu casser l'œuvre et que l'assurance couvrirait les dégâts.

Jeff Koons, qui n'était pas présent, est un peintre et sculpteur américain qui tire son inspiration d'objets du quotidien, dont des ballons d'animaux.

Ses œuvres remettent en question la notion du beau dans l'art, même si certaines ont été vendues aux enchères à plus de 91 millions de dollars (85 millions d'euros).

Ses sculptures de chiens en ballon varient en taille, de moins de trente centimètres de haut à plus de trois mètres. Elles sont toutes de couleurs vives.


Mort de Maradona: le procès de son équipe médicale encore reporté

Les supporters argentins brandissent un maillot de Lionel Messi et une effigie représentant la légende du football Diego Maradona (Photo, AFP).
Les supporters argentins brandissent un maillot de Lionel Messi et une effigie représentant la légende du football Diego Maradona (Photo, AFP).
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  • Parmi ces huit praticiens, un neurochirurgien et médecin traitant, un médecin clinicien, une psychiatre, une psychologue, un chef infirmier, des infirmiers
  • Tous demeurent en liberté

BUENOS AIRES: Le procès très attendu de huit professionnels de santé pour négligence potentielle ayant entraîné la mort de Diego Maradona en 2020, qui devait commencer la semaine prochaine, a été reporté au 1er octobre par un tribunal argentin.

Le tribunal a par ailleurs décidé de ne pas accéder, "pour le moment", à la demande de transfert du corps de l'ex-star mondiale du football vers un futur mausolée formulée par ses enfants, selon une résolution mercredi dont l'AFP a obtenu copie.

Maradona, icône en Argentine et légende du football mondial, est décédé d'une crise cardio-respiratoire le 25 novembre 2020 à 60 ans, seul, sur un lit médicalisé d'une résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires, où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.

En mars 2023, la justice argentine avait confirmé en appel le procès à venir de huit professionnels de santé, qui avaient été envoyés en 2022 devant la justice pour négligence potentielle ayant entraîné la mort de Maradona.

Tous en liberté 

Parmi ces huit praticiens, un neurochirurgien et médecin traitant, un médecin clinicien, une psychiatre, une psychologue, un chef infirmier, des infirmiers. Tous demeurent en liberté.

Les accusés avaient contesté soit leur renvoi en procès, soit le chef retenu, évoquant un homicide involontaire. Mais la justice, en appel, a maintenu la qualification d'"homicide avec dol éventuel", soit une infraction caractérisée lorsqu'une personne commet une négligence tout en sachant que celle-ci peut entraîner la mort. Elle est passible de 8 à 25 ans de prison.

Mecredi, la chambre d'appel du Tribunal de San Isidro, dans la province de Buenos Aires, a décidé de "suspendre l'audience prévue le 4 juin et de la reprogrammer le 1er octobre à partir de 09H30 locales" (12H30 GMT).

Selon le tribunal, il existe "une série de questions soulevées par les différentes parties qu'il reste encore à résoudre avant le début des audiences".

Parmi ces recours, une infirmière -qui depuis le début dit n'avoir fait que suivre les directives des médecins- a demandé à être jugée à part, et par un jury populaire. Soulevant en retour des questions sur une égalité de traitement.

Devant la technicité des arguments impliqués et le temps requis, l'avocat des filles de Maradona, Dalma et Gianina, avait sollicité à son tour un report du procès, que le tribunal a octroyé.

Par ailleurs, dans la même résolution mercredi, le juge a décidé de ne pas accéder "pour le moment, au transfert de la dépouille" de Maradona, une sollicitude présentée il y a quelques semaines par ses filles, et son ex-compagne Veronica Ojeda.

L'idée est de transférer les restes de l'ancien N.10, qui repose dans un cimetière privé à Bella Vista, en banlieue de Buenos Aires, vers le quartier central de Puerto Madero. Pour en faire un mausolée où "le peuple argentin et les citoyens du monde puissent rendre hommage à celui qui fut la plus grande idole de l'Argentine".

Le juge a motivé sa décision temporaire d'"éventuelles mesures qui pourraient être requises" dans le cadre du procès.


Cinéma: «Un p'tit truc en plus» devient le plus gros succès de l'année dans les salles françaises

Le chemin de l'intégration reste encore long. Lors de la montée des marches, Artus a dû porter l'un de ses comédiens, Sofian Ribes, qui se déplace au fauteuil roulant. (Photo, AFP)
Le chemin de l'intégration reste encore long. Lors de la montée des marches, Artus a dû porter l'un de ses comédiens, Sofian Ribes, qui se déplace au fauteuil roulant. (Photo, AFP)
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  • Le raz-de-marée observé depuis le 1er mai s'est poursuivi ces sept derniers jours, avec 1,1 million d'entrées supplémentaires
  • Cette comédie tendre, qui prend le parti de rire avec les personnes handicapées et non à leurs dépens, devance ainsi la super-production de Denis Villeneuve, (4,1 millions d'entrées)

PARIS: "Un p'tit truc en plus" que n'ont pas les blockbusters: porté par des acteurs en situation de handicap, le premier film d'Artus a attiré 4,5 millions de spectateurs en moins d'un mois à l'affiche, devenant le plus gros succès de l'année en salles devant "Dune, deuxième partie".

Le raz-de-marée observé depuis le 1er mai s'est poursuivi ces sept derniers jours, avec 1,1 million d'entrées supplémentaires, selon les chiffres diffusés par CBO Box-Office mercredi.

Cette comédie tendre, qui prend le parti de rire avec les personnes handicapées et non à leurs dépens, devance ainsi la super-production de Denis Villeneuve, (4,1 millions d'entrées) et la suite des aventures de Po dans "Kung Fu Panda 4" (2,3 millions) au sommet du box-office 2024.

Autre exploit, elle talonne désormais "Astérix et Obélix: l'empire du milieu" de Guillaume Canet, plus gros succès tricolore en salles depuis la crise sanitaire, qui avait attiré 4,6 millions de spectateurs en 2023 avec un budget bien supérieur.

De quoi prolonger le "rêve éveillé" d'Artus et sa bande, une semaine après leur montée des marches au Festival de Cannes pour ce film, qui avait d'emblée créé la surprise en signant le meilleur démarrage de l'année, porté par ses performances en région et un lancement opportun un jour férié.

Père et fils à l'écran, Clovis Cornillac et Artus y incarnent deux petits malfrats qui se cachent au milieu d'une colonie de vacances pour jeunes porteurs d'un handicap mental, afin d'échapper à la police. Artus se fait passer pour un pensionnaire et Clovis Cornillac pour son éducateur spécialisé.

Une dizaine de comédiens amateurs en situation de handicap y donnent la réplique au casting de professionnels, complété entre autres par Alice Belaïdi, apportant ce "p'tit truc en plus" qui avait pourtant rebuté certains producteurs frileux, selon Artus.

Ses scores au box-office sonnent comme une revanche pour cette figure de l'humour -- Victor-Artus Solaro de son vrai nom --, qui ne pouvait rêver mieux pour son tout premier long-métrage derrière la caméra, à 36 ans.

Petite "pierre"

"Dans cette époque un peu anxiogène, c'est un film qui fait du bien" et qui permet de découvrir "une population qu'on ne voit pas souvent", avait estimé le réalisateur pour expliquer cette ruée dans les salles obscures.

Son succès rappelle celui du drame "Le Huitième jour" (1996), porté par Daniel Auteuil et l'acteur trisomique Pascal Duquenne, et s'inscrit dans la lignée des cartons d'"Intouchables" (2011), avec Omar Sy et François Cluzet, et de "La famille Bélier" (2014), avec la chanteuse Louane.

Les associations oeuvrant pour les personnes en situation de handicap ont également bien accueilli cette comédie, estimant qu'elle représente une petite "pierre" bienvenue pour essayer d'améliorer la situation des principaux concernés.

En marge du Festival de Cannes, des personnalités du cinéma (Léa Drucker, Alexandra Lamy ou encore Eric Toledano et Olivier Nakache) ont signé une tribune, sur le site de Libération, pour une "réforme du statut des intermittents du spectacle, en direction des artistes handicapés" au cinéma et à la télé.

Mais le chemin de l'intégration reste encore long. Lors de la montée des marches, Artus a dû porter l'un de ses comédiens, Sofian Ribes, qui se déplace au fauteuil roulant.

"Cela n'est plus acceptable de voir ce genre d'images, c'est une atteinte à la dignité de la personne, que de devoir se faire porter jusqu'en haut", avait commenté par la suite la ministre déléguée chargée des personnes handicapées, Fadila Khattabi, dans le journal Nice-Matin.

"L'année prochaine, les marches devront être accessibles aux personnes en situation de handicap. Ça n'est pas à elles de s'adapter à la société, c'est à la société tout entière de s'adapter à elles", avait-elle insisté.

 


À Paris, le meilleur de la BD mondiale au cœur d'une exposition événement

Un visiteur regarde une exposition de bandes dessinées originales de Corto Maltese illustrées par Hugo Pratt et écrites par Juan Díaz Canales lors de l'exposition «La BD à tous les étages» au Centre Pompidou à Paris le 28 mai 2024. (AFP)
Un visiteur regarde une exposition de bandes dessinées originales de Corto Maltese illustrées par Hugo Pratt et écrites par Juan Díaz Canales lors de l'exposition «La BD à tous les étages» au Centre Pompidou à Paris le 28 mai 2024. (AFP)
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  • Plus de 750 planches originales, dessins de couverture, carnets et entretiens inédits rassemblant 130 artistes, dont un quart d'autrices, sont présentés
  • L'exposition débute par le tournant des années 1960, marqué par l'avènement de la contre-culture

PARIS: Des centaines de planches originales de bandes dessinées venues d'Europe, des États-Unis et du Japon, dialoguant avec des créations numériques et des chefs-d'œuvre de la peinture contemporaine, ont investi le Centre Pompidou à Paris pour une grande exposition qui débute mercredi.

Cette "célébration exceptionnelle du 9e art" s'ouvre par une première exposition intitulée "Bande dessinée, 1964-2024". Inédite par son ampleur et la rareté de ses prêts, elle a été conçue et réalisée en partenariat avec le Fonds Hélène et Édouard Leclerc, indiquent les commissaires d'exposition, Emmanuèle Payen et Anne Lemonnier.

Plus de 750 planches originales, dessins de couverture, carnets et entretiens inédits rassemblant 130 artistes, dont un quart d'autrices, sont présentés. Ainsi sont retracés 60 ans d'histoire de la bande dessinée dans ses trois principaux foyers d'expression: la création européenne, les mangas asiatiques et les comics américains.

Une scénographie originale traverse 12 salles thématiques. Des cimaises suspendues dans le vide croisent des écrans géants, diffusant des films et des œuvres numériques créées en direct sur tablette (Zeina Abirached, Pénélope Bagieu, Martin Panchaud...), ainsi que des créations murales inédites de Blutch et Chris Ware.

L'exposition débute par le tournant des années 1960, marqué par l'avènement de la contre-culture. "On bascule alors d'une BD plutôt enfantine avec Tintin, Spirou, à des œuvres destinées à un public adulte avec Pilote et l'irrévérencieux Hara Kiri, en France, ou le mensuel d'avant-garde Garo, au Japon, qui aborde des thèmes plus intimes sur l'autobiographie", explique à l'AFP Lucas Hureau, conseiller scientifique avec Thierry Groensteen, historien de la BD et ancien directeur du musée de la BD à la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image à Angoulême.

Doraemon 

Suivent "les comics underground américains et, en 1964, l'album +Barbarella+ de Jean-Claude Forest qui bouleverse les codes de la BD, puis, au début des années 70, l'intervention du collectif +Bazooka+ dans le quotidien Libération avec un regard moderne. Humour, autobiographie, science-fiction, aventure... tous les codes qui conduisent à la BD d'aujourd'hui sont là", ajoute M. Hureau.

Parmi les pépites, des planches originales du manga Doraemon -célèbre chat venu du futur- de Fujiko F. Fujio, en couleur, sont exposées pour la première fois en France. Ou celles de Calvin et Hobbes, bande dessinée américaine écrite et illustrée par Bill Watterson, qui met en scène les aventures d'un enfant imaginatif de six ans et de son tigre en peluche sarcastique.

Autre trésor, selon le spécialiste: l'album "La Fillette de l'enfer" d'Hideshi Hino, presque complet, est lui aussi exposé, ainsi que des chefs-d'œuvre du manga d'horreur ou des planches insolites de Lorenzo Mattotti inspirées par Bob Dylan.

Au fil des salles, des rencontres se créent autour du rêve (Killoffer), du rire (André Franquin, Gotlib, Claire Brétécher, Catherine Meurisse), de l'anticipation (Osamu Tezuka, Philippe Druillet, Moebius), du récit intime (Edmond Baudoin, Alison Bechtel, Ulli Lust) ou du récit mémoriel (Emmanuel Guibert, Marjane Satrapi).

Corto Maltese 

Six monographies de maîtres historiques de la BD, dont Hergé, dialoguent également avec les collections permanentes du musée d'art moderne, tandis que des auteurs contemporains exposent leurs planches en résonance avec Magritte, Rothko, Picabia ou Van Doesburg.

La bibliothèque publique d'information (BPI) rend hommage aux aventures romanesques du héros Corto Maltese d'Hugo Pratt. La galerie des enfants accueille, elle, une installation immersive de l'autrice et illustratrice Marion Fayolle autour du campement nomade.

Enfin, la revue Lagon, fondée et éditée par un collectif qui présente depuis dix ans la création la plus expérimentale de la bande dessinée, investit le sous-sol avec les séries complètes de BD de 25 artistes émergents.

En parallèle, le Centre Pompidou programme une série de concerts, discussions, conférences, performances et ateliers jusqu'au 7 juillet, avec, le premier week-end, des invités comme l'Américain Art Spiegelman ("Maus") ou la Libanaise Zeina Abirached.