La justice britannique confirme la déchéance de nationalité d'une jeune djihadiste

Sur cette photo d'archive prise le 22 février 2015, Renu, la sœur aînée de la fille britannique disparue Shamima Begum, tient une photo de sa sœur Shamima, alors qu'elle est interviewée par des médias à Londres. (Photo, AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 22 février 2015, Renu, la sœur aînée de la fille britannique disparue Shamima Begum, tient une photo de sa sœur Shamima, alors qu'elle est interviewée par des médias à Londres. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 février 2023

La justice britannique confirme la déchéance de nationalité d'une jeune djihadiste

  • Le cas de cette ex-lycéenne londonienne avait marqué l'opinion en raison de son jeune âge
  • Londres avait déchu en 2019 Shamima Begum de sa nationalité britannique, invoquant la sécurité nationale. Mais la jeune femme, désormais âgée de 23 ans et toujours dans un camp en Syrie, avait fait appel de cette décision

LONDRES: Malgré son combat judiciaire, Shamima Begum ne peut toujours pas rentrer au Royaume-Uni: la justice britannique a confirmé mercredi la déchéance de nationalité de cette jeune femme qui avait rejoint à 15 ans le groupe djihadiste Etat islamique en Syrie.

Le cas de cette ex-lycéenne londonienne avait marqué l'opinion en raison de son jeune âge. Londres avait déchu en 2019 Shamima Begum de sa nationalité britannique, invoquant la sécurité nationale. Mais la jeune femme, désormais âgée de 23 ans et toujours dans un camp en Syrie, avait fait appel de cette décision.

Ce jugement signifie qu'elle n'est pas autorisée à rentrer au Royaume-Uni.

Le ministre de l'Intérieur a salué cette décision, disant faire de la sécurité nationale une "priorité".

Mais la défense de la jeune fille la présente comme une victime d'un trafic mis en place par l'EI afin de la donner en mariage à un djihadiste. "Il n'y a maintenant aucune protection pour un enfant britannique victime de trafic hors du Royaume-Uni si le ministre de l'Intérieur invoque la sécurité nationale", ont dénoncé les avocats de Shamima Begum, Gareth Pierce et Daniel Furner, promettant de nouveaux recours contre cette décision.

"Le pouvoir de bannir un citoyen ne devrait tout simplement pas exister dans le monde moderne, surtout lorsqu'il s'agit d'une personne qui a été gravement exploitée dans son enfance", a réagi Amnesty International.

Début 2015, Shamima Begum avait quitté Londres avec deux amies. En Syrie, elle avait épousé un djihadiste de l'EI d'origine néerlandaise, de huit ans son aîné, et avait eu deux enfants morts en bas âge.

Après avoir fui les combats, elle s'était retrouvée en février 2019 dans un camp syrien. Enceinte d'un enfant mort peu après sa naissance, ce qui avait suscité des critiques contre le gouvernement britannique, elle a exprimé le souhait de rentrer au Royaume-Uni mais Londres l'a déchue de sa nationalité.

«Trafic d'enfants»

Début 2020, la Commission spéciale chargée des appels en matière d'immigration (SIAC) avait jugé que la décision ne faisait pas de Shamima une apatride, car elle était Bangladaise par ses parents. Mais Dacca a refusé de l'accueillir car elle n'avait jamais demandé la nationalité bangladaise.

Le recours contre cette déchéance a été examiné en novembre par la SIAC.

Dans son jugement rendu mercredi, la Commission a reconnu qu'il existe une "suspicion crédible" que Shamima Begum a fait l'objet d'un trafic vers la Syrie à des fins d'"exploitation sexuelle" et aussi que des services de l'État ont commis des "manquements discutables à leurs obligations" en l'autorisant à se rendre dans ce pays.

Mais le juge a estimé que cette "suspicion" était "insuffisante" pour que les arguments de la défense de Shamima Begum l'emportent.

En 2020, Shamima Begum avait suscité l'indignation dans une interview où elle n'avait exprimé aucun regret. Elle arborait alors un voile noir tombant jusqu'aux pieds.

L'année suivante, elle avait supplié le Royaume-Uni de la laisser rentrer. "Le seul crime que j'ai commis était d'avoir été assez stupide pour rejoindre l'EI", avait déclaré, en débardeur, la jeune femme sur la chaîne ITV.

Dans un podcast de la BBC sorti en janvier, elle explique comprendre la colère des gens contre elle. "Mais je ne pense pas que ce soit contre moi. Je pense que c'est contre l'EI. Quand ils pensent à l'EI, ils pensent à moi parce que j'ai été tellement médiatisée".

Le retour des familles des djihadistes capturés ou tués en Syrie et en Irak est une question délicate dans plusieurs pays occidentaux depuis la chute en 2019 du "califat" de l'EI.

Après avoir été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme et par le Comité contre la torture de l'ONU, la France a procédé en janvier au rapatriement de 15 femmes et 32 enfants qui étaient retenus dans des camps de prisonniers djihadistes dans le Nord-Est de la Syrie. Il s'agissait de la troisième opération de rapatriement d'ampleur.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.