Cisjordanie: 11 morts et plus de 80 blessés au cours d'un raid israélien à Naplouse

Funérailles de Palestiniens tués lors d'affrontements avec les troupes israéliennes à Naplouse, le 22 février (Photo, AP).
Funérailles de Palestiniens tués lors d'affrontements avec les troupes israéliennes à Naplouse, le 22 février (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Cisjordanie: 11 morts et plus de 80 blessés au cours d'un raid israélien à Naplouse

  • Un jeune garçon et un homme âgé figurent parmi les personnes tuées dans la ville de Naplouse
  • «Rien ne justifie le terrorisme», déclare le chef de l'ONU, Antonio Guterres

RAMALLAH: Les troupes israéliennes ont tué 11 Palestiniens et fait plus de 80 blessés par balle mercredi lors d'un raid de plusieurs heures dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée.
L'armée israélienne a déclaré que le raid visait des combattants suspects «dans un appartement de repli» qui étaient accusés de fusillades en Cisjordanie. Trois des suspects – deux du groupe militant la Tanière des lions et un du Djihad islamique palestinien – ont été tués, a-t-elle ajouté.
L'opération a suscité la colère des Palestiniens qui ont annoncé une vaste grève de protestation qui se tiendra à Bethléem jeudi.
Ce mercredi à Ramallah, les Palestiniens ont organisé des marches pour condamner les crimes des forces d'occupation israéliennes, tandis que les magasins ont fermé leurs portes pour pleurer les morts.
Moustafa Barghouti, secrétaire de l'Initiative nationale palestinienne, a déclaré à Arab News que les meurtres, qui incluent un jeune garçon et un citoyen âgé, étaient la preuve que le gouvernement d'occupation «opère en dehors de son entente avec la partie américaine».
«L'Autorité palestinienne n'est qu'une couverture pour ses crimes», a-t-il indiqué.
Barghouti a exhorté l'AP à couper toute forme de contact et de coordination en matière de sécurité avec Israël, «qui ne connaît que le langage de la force pour traiter avec le peuple palestinien».
Taysir Nasrallah, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah à Naplouse, a signalé à Arab News: «Cette occupation criminelle cible les civils palestiniens sans hésitation et sans justification.»
Les décès survenus à Naplouse portent à 61 le nombre de Palestiniens tués cette année, selon le ministère de la Santé.
Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Rudeineh, a accusé le gouvernement israélien d'être responsable de l'escalade de la violence.
«Le crime commis par les forces d'occupation dans la ville de Naplouse aujourd'hui réaffirme l'importance de notre demande à la communauté internationale d'agir immédiatement afin de mettre fin aux crimes israéliens contre notre peuple, sa terre et ses lieux saints et pour mettre fin aux mesures unilatérales israéliennes», a-t-il prévenu.
Il a exhorté le gouvernement américain à prendre des mesures immédiates et à exercer une pression efficace sur Israël pour qu'il mette fin à ses crimes et à son agression contre les Palestiniens.
Le mouvement Fatah du président, Mahmoud Abbas, a déclaré: «L'agression en cours contre notre peuple à Naplouse et sur l'ensemble du territoire palestinien confirme que le gouvernement d'occupation continue d'aggraver la situation par son terrorisme sanglant, pratiqué par l'armée d'occupation et les milices de colons, qui prennent pour cibles les civils, les enfants, les personnes âgées, le personnel médical et la presse.»
Hussein al-Cheikh de l'Organisation de libération de la Palestine a indiqué que «l'acte criminel barbare, planifié et prémédité que l'occupation a commis aujourd'hui à Naplouse est un massacre qui démontre sa nature criminelle.»
La direction palestinienne envisage de prendre des mesures à tous les niveaux en réponse à cet «acte barbare», a-t-il ajouté.
Le Djihad islamique palestinien a averti: «Nous affirmons que le sang des martyrs de Naplouse ne sera pas vain et que les objectifs de l'occupation derrière cette agression échoueront. La résistance continue, les combats continuent et l'ennemi doit attendre la réponse de la résistance à tout moment et de n'importe où.»
La faction armée du groupe à Gaza, les Brigades d’Al-Qassam, a déclaré qu'elle observait «l'escalade des crimes de l'ennemi contre notre peuple en Cisjordanie occupée» et a prévenu que sa patience était à bout.
Entre-temps, le chef des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à la fin des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
«Chaque nouvelle colonie est un nouvel obstacle sur le chemin de la paix», a-t-il prévenu. «Toutes les activités de colonisation sont illégales au regard du droit international. Elles doivent cesser.»
Il a soutenu que «l'incitation à la violence est une impasse et que rien ne justifie le terrorisme.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Echange de 86 détenus entre Damas et des factions druzes à Soueïda

Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange. (AFP)
Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange. (AFP)
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  • Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle des troupes de Damas, qui consolide son autorité sur le pays morcelé par près de 14 ans de guerre civile
  • Dans un communiqué, le CICR a précisé avoir "facilité la libération de 86 détenus entre Damas et Soueïda: 61 ont été transférés vers Soueïda et 25 vers Damas"

SYRIE: Le gouvernement syrien et des factions druzes de la province méridionale de Soueïda ont procédé jeudi à un échange de 86 détenus, a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Ces hommes étaient détenus depuis les violences meurtrières survenues à l'été 2025 dans ce bastion des druzes, une minorité arabophone professant une foi issue d'un islam hétérodoxe.

Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle des troupes de Damas, qui consolide son autorité sur le pays morcelé par près de 14 ans de guerre civile.

Dans un communiqué, le CICR a précisé avoir "facilité la libération de 86 détenus entre Damas et Soueïda: 61 ont été transférés vers Soueïda et 25 vers Damas".

Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange.

A un point de contrôle de la localité d'Al-Mtouna, dans le nord de la province et sous contrôle gouvernemental, une équipe de l'AFP a vu deux bus transportant des détenus en provenance de la prison d'Adra, près de Damas.

Escortés par les forces syriennes et le CICR, ils ont pris la route de Soueïda, accompagnés d'une ambulance et d'un véhicule de la Croix-Rouge.

Peu après, un bus transportant des membres des forces de sécurité et de l'armée détenus par la Garde nationale - faction armée druze de Soueïda - est arrivé.

Le chef du CICR en Syrie, Stephan Sakalian, a dit espérer que l'opération ouvre la voie à d'autres libérations et à un dialogue sur le sort des personnes portées disparues depuis les violences de juillet.

Des affrontements avaient alors opposé combattants druzes et bédouins sunnites avant l'intervention des forces de sécurité et de tribus venues d'autres régions pour prêter main forte aux bédouins.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ces violences ont fait plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes. Elles ont été marquées par des exactions et des exécutions sommaires visant cette minorité, d'après des témoignages de survivants et des ONG.

Après la fin de l'échange, Tarek al-Maghoush, chargé du dossier au sein de la Garde nationale, a parlé de négociations indirectes "difficiles".

Le porte-parole de la Garde nationale, Talal Amer, a déclaré à l'AFP que les négociations s'étaient déroulées via les Etats-Unis et "sous la supervision" d'Israël, pays qu'il a remercié pour son "soutien total" lors des violences.

En 2025, Israël, où vivent plus de 150.000 druzes, était intervenu en Syrie en bombardant les forces gouvernementales au nom de la défense de la communauté druze dans le pays voisin.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 20 juillet, mais la situation demeure tendue et l'accès à Soueïda difficile.

Des habitants accusent le gouvernement d'imposer un siège aux zones hors de son contrôle, qui accueillent des dizaines de milliers de déplacés, ce que dément Damas. Plusieurs convois d'aide ont toutefois pu entrer depuis.


Israël vise à imposer «un changement démographique permanent» en Cisjordanie et à Gaza, selon l'ONU

Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. (AFP)
Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. (AFP)
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  • "Prises dans leur ensemble, les actions d'Israël semblent viser à opérer un changement démographique permanent à Gaza et en Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique", a déclaré M. Türk dans un discours à Genève
  • Il a souligné notamment que les opérations militaires israéliennes menées depuis janvier 2025 dans le nord de la Cisjordanie avaient entraîné le déplacement de 32.000 Palestiniens

GENEVE: Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk.

"Prises dans leur ensemble, les actions d'Israël semblent viser à opérer un changement démographique permanent à Gaza et en Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique", a déclaré M. Türk dans un discours à Genève.

Il a souligné notamment que les opérations militaires israéliennes menées depuis janvier 2025 dans le nord de la Cisjordanie avaient entraîné le déplacement de 32.000 Palestiniens.

"Les forces de sécurité israéliennes continuent à faire un usage non nécessaire et disproportionné de la force" en Cisjordanie, a ajouté M. Türk.

Les violences ont flambé en Cisjordanie occupée depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

M. Türk a indiqué que, selon des chiffres vérifiés par son bureau, 1.020 Palestiniens avaient été tués depuis cette date "par les forces de sécurité israéliennes" en Cisjordanie.

Pendant la même période, 45 Israéliens, y compris des soldats, ont été tués lors d'attaques palestiniennes, selon les chiffres officiels israéliens.

Le gouvernement israélien a annoncé depuis le début février une série de mesures visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, en facilitant notamment l'achat de terre par des Israéliens.

Ces mesures ont suscité de nombreuses condamnations à l'international. Une haute responsable de l'ONU a estimé qu'elles équivalaient à une "annexion progressive de facto".

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme a par ailleurs souligné que depuis le début du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le 10 octobre 2025, "des attaques israéliennes ont tué plus de 600 Palestiniens et en ont blessé plus de 1.600, selon le ministère palestinien de la Santé" de ce territoire.

"N'importe où ailleurs, cela serait considéré comme une crise majeure", a-t-il affirmé.

La quasi-totalité des plus de deux millions d'habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois depuis le début de la guerre, qui a réduit en ruines une grande partie du territoire.

"L'intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, (...) le refus d'apporter une aide humanitaire (...) conjugués aux transferts forcés qui semblent viser à un déplacement permanent, suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie", avait écrit le Haut-Commissariat dans un rapport la semaine dernière.


L'armée israélienne annonce avoir frappé huit bases militaires du Hezbollah dans l'est du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé huit bases militaires du Hezbollah dans l'est du Liban, affirmant que de nombreuses armes, "dont des armes à feu et des roquettes" y étaient stockées. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé huit bases militaires du Hezbollah dans l'est du Liban, affirmant que de nombreuses armes, "dont des armes à feu et des roquettes" y étaient stockées. (AFP)
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  • Selon l'armée israélienne, les infrastructures visées appartenaient à la Force al-Radwan, l'unité d'élite du mouvement libanais soutenu par l'Iran
  • Le ministère libanais de la Santé a fait état de son côté d'un mort, un adolecent, et d'un blessé dans une frappe israélienne dans l'est du pays

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé huit bases militaires du Hezbollah dans l'est du Liban, affirmant que de nombreuses armes, "dont des armes à feu et des roquettes" y étaient stockées.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de son côté d'un mort, un adolecent, et d'un blessé dans une frappe israélienne dans l'est du pays.

Selon l'armée israélienne, les infrastructures visées appartenaient à la Force al-Radwan, l'unité d'élite du mouvement libanais soutenu par l'Iran.

L'armée a déclaré dans un communiqué avoir frappé "huit complexes militaires appartenant à la Force al-Radwan du Hezbollah dans la région de Baalbek. Dans ces complexes, de nombreuses armes étaient stockées, notamment des armes à feu et des roquettes appartenant au Hezbollah".

Ces complexes "étaient utilisés par la Force al-Radwan pour s'entraîner et se préparer à une confrontation en situation d'état d'urgence, ainsi que pour planifier et mener des attaques terroristes contre les troupes de Tsahal et des civils israéliens", a ajouté l'armée.

"Les activités des terroristes dans ces complexes ainsi que les tentatives du Hezbollah de se réarmer, constituent une violation des dispositions du cessez-le-feu entre Israël et le Liban et représentent une menace pour l'Etat d'Israël", affirme le communiqué.

Le ministère libanais de la Santé a déclaré dans un communiqué que "des frappes aériennes de l'ennemi israélien sur la Bekaa ce soir ont entraîné, selon un bilan préliminaire, la mort d'un adolescent syrien de 16 ans et fait un blessé".

L'agence de presse officielle libanaise ANI a fait état d'une série de frappes visant la région de l'ouest de Baalbek ainsi que des zones montagneuses autour des localités de Boudai, Chmistar et Harbata, dans l'est du pays. Elle a indiqué qu'un adolescent avait été tué.

Ces frappes surviennent dans un contexte de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, allié d'Israël, qui ont déployé d'importantes forces militaires au Moyen-Orient et menacé d'attaquer l'Iran en cas d'échec des négociations entre les deux pays.

Les bombardements israéliens sont réguliers au Liban, malgré un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah. L'armée israélienne dit y viser le Hezbollah, qu'elle accuse de se réarmer.