Le Royaume-Uni face à des «conséquences inattendues» si les anciens membres de Daech restent en Syrie, selon un conseiller du gouvernement

Des civils évacués de Baghouz, le bastion de Daech, attendent dans une zone de contrôle tenue par les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis et les Kurdes. (AP)
Des civils évacués de Baghouz, le bastion de Daech, attendent dans une zone de contrôle tenue par les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis et les Kurdes. (AP)
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Le Royaume-Uni face à des «conséquences inattendues» si les anciens membres de Daech restent en Syrie, selon un conseiller du gouvernement

  • «Nous disposons d’un éventail de pouvoirs civils» pour lutter contre le terrorisme, a affirmé Jonathan Hall, le conseiller du gouvernement en matière de terrorisme
  • Pour Maya Foa, directrice de l’organisation Reprieve, «la Grande-Bretagne est le seul pays du G20 qui révoque la citoyenneté en masse» des anciens combattants de Daesh

LONDRES: Le Royaume-Uni risque des «conséquences inattendues» s’il ne rapatrie pas les anciens membres de Daech des camps syriens, conformément aux efforts des autres pays occidentaux, a averti le conseiller du gouvernement en matière de terrorisme.

Selon The Independent, Jonathan Hall, l’examinateur indépendant de la législation antiterroriste, a déclaré que les ministres du gouvernement avaient rejeté sa demande d’examen de la décision de révoquer la citoyenneté britannique des anciens combattants de Daech et de leurs familles.

Le fait que le Royaume-Uni s’appuie sur son «principal pouvoir de lutte contre le terrorisme pour faire face» à Daech et empêcher les anciens membres de retourner au Royaume-Uni va à l’encontre des efforts déployés par d’autres pays occidentaux et risque d’avoir des «conséquences inattendues», a expliqué M. Hall.

«Je me demande si la politique de privation n’aura pas des conséquences inattendues. Beaucoup d’autres pays rapatrient des personnes et la question se pose de savoir si le Royaume-Uni est capable de gérer ce risque», a-t-il ajouté.

«Les poursuites peuvent être vraiment difficiles pour les personnes qui étaient présentes en Syrie et en Irak, mais nous avons une machine antiterroriste très bien coordonnée et disposons d’un éventail de pouvoirs civils.»

M. Hall a indiqué que le gouvernement avait commencé à adopter la révocation de citoyenneté en 2017, par crainte que la chute de Daech n’entraîne le retour d’un grand nombre d’anciens combattants sur les côtes britanniques.

«Aujourd’hui, les chiffres sont moins élevés. Cela fait déjà plusieurs années que c’est le cas, et nous parlons d’un profil de risque différent», a-t-il poursuivi.

Son avertissement intervient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant la détérioration de l’état des camps de prisonniers dans le nord de la Syrie, les forces locales luttant pour maintenir la sécurité et l’ordre.

Une série d’émeutes et de troubles dans les camps ainsi que la prévalence du trafic d’êtres humains ont conduit les groupes humanitaires à appeler le gouvernement à reconsidérer sa stratégie envers les anciens combattants et leurs familles.

Le président de la Commission parlementaire à la défense, Tobias Ellwood, a prévenu que «Daech 2.0» pourrait voir le jour si les pays occidentaux ne recourent pas au rapatriement pour alléger la charge des administrateurs pénitentiaires locaux».

Selon Maya Foa, directrice de l’organisation caritative juridique Reprieve, «la Grande-Bretagne est le seul pays du G20 qui révoque la citoyenneté en masse et le dernier de nos alliés qui refuse de rapatrier ses ressortissants du nord-est de la Syrie».

«Chaque fois qu’un de nos alliés rapatrie ses ressortissants, comme l’ont fait la France, l’Espagne, l’Australie et le Canada ces derniers mois, cela montre la politique du gouvernement britannique telle qu’elle est vraiment: une position politique, plus préoccupée par les gros titres que par les vies britanniques.»

Un examen des politiques de 2016, demandé par le gouvernement, met en garde contre la révocation de nationalité comme stratégie globale, affirmant qu’elle pourrait constituer une «arme inefficace et contreproductive contre le terrorisme».

Il définit cette stratégie comme une politique de «capture et de relâchement», qui a pour conséquence de «faire des condamnés d’aujourd’hui les combattants étrangers de demain».

Il ajoute également que la révocation de la citoyenneté favorise «l’illusion dangereuse que le terrorisme constitue (ou peut être transformé en) une menace et un problème étrangers». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.