Djibouti vote aux législatives, s'interroge sur la prochaine présidentielle

Un électeur dépose son bulletin de vote lors des élections législatives dans la ville de Djibouti, le 24 février 2023 (Photo, AFP).
Un électeur dépose son bulletin de vote lors des élections législatives dans la ville de Djibouti, le 24 février 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 février 2023

Djibouti vote aux législatives, s'interroge sur la prochaine présidentielle

  • Les principaux partis d'opposition ont boycotté ce scrutin, qui doit désigner les 65 députés de l'Assemblée nationale
  • Territoire désertique, Djibouti est un pays stable en plein coeur d'une région troublée - voisin de la Somalie et l'Ethiopie

NAIROBI: Les bureaux de vote ont ouvert vendredi matin à Djibouti, petit pays stratégique de la Corne de l'Afrique, pour des élections législatives sans suspense mais sur fond d'interrogations quant à la succession du président, au pouvoir depuis 1999.

Les principaux partis d'opposition ont boycotté ce scrutin, qui doit désigner les 65 députés de l'Assemblée nationale - dont 58 sont actuellement du puissant parti au pouvoir, l'Union pour la majorité présidentielle (UMP).

Seul parti à se présenter dans les six circonscriptions de ce pays de moins d'un million d'habitants, il est assuré d'emporter à nouveau la majorité. Face à lui, l'Union pour la démocratie et la justice (UDJ), cinq sièges actuellement, concourt dans deux circonscriptions.

Quelque 230 000 électeurs sont appelés à se prononcer à ce scrutin où la loi impose un quota minimum de 25% de femmes à l'Assemblée, élue pour cinq ans lors d'un vote à un tour.

Au petit matin, la participation semblait faible dans les bureaux de vote (ouverts de 06h00 à 18h00 locales), selon la presse djiboutienne.

"A chaque élection, je vote pour le même gouvernement", a déclaré vendredi Souad Elmi Siyad, 64 ans, retraité.

De son côté Moktar Abdi, ingénieur de 30 ans, a affirmé à l'AFP qu'il ne mettrait pas de bulletin dans l'urne: "Je ne vote jamais. Je ne suis pas intéressé par cette élection. Ma famille ne va pas voter non plus".

Les principaux partis d'opposition, comme le Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) ou l'Alliance Républicaine pour le Développement (ARD), boycottent le scrutin qu'ils ont chacun qualifié de "mascarade".

"Cette élection, de la même manière que l'élection présidentielle de 2021, n'est pas vraiment prise au sérieux par la population. L'intérêt est très, très limité", observe Benedikt Kamski, de l'institut allemand Arnold Bergstraesser, qui travaille sur la Corne de l'Afrique.

A la dernière présidentielle en 2021, Ismaël Omar Guelleh, ou "IOG", au pouvoir depuis plus de deux décennies, avait été réélu à plus de 97% face à un homme d'affaires fraîchement débarqué en politique et peu connu du grand public.

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"Tout est réuni pour que ces élections législatives se tiennent dans de bonnes conditions", a déclaré jeudi Said Nouh Hassan, le ministre de l'Intérieur.

L'Igad, groupement régional de pays d'Afrique de l'Est, et l'Union africaine ont annoncé envoyer des observateurs.

Territoire désertique, Djibouti est un pays stable en plein coeur d'une région troublée - voisin de la Somalie et l'Ethiopie, face au Yémen - et qui suscite l'intérêt des grandes puissances. Il accueille notamment des bases militaires américaine, française, japonaise et chinoise.

Les cinq mandats du président "IOG" ont été marqués par un exercice du pouvoir autoritaire laissant peu de place à la contestation et la liberté de la presse, ainsi que par un développement des infrastructures logistiques, Djibouti tirant profit de sa situation stratégique à l'entrée de la Mer Rouge.

En toile de fond de ce scrutin se dessine le sujet hautement sensible de la succession du président, dans une société marquée par les dynamiques claniques et l'équilibre entre Issa et Afar, les deux principales communautés.

Âgé de 75 ans, M. Guelleh ne pourra se représenter en 2026, date à laquelle il aura dépassé la limite d'âge - 75 ans également - imposée par la Constitution.

Il a affirmé qu'il ne changerait pas la Constitution, déjà révisée en 2010. En septembre 2021, Djibouti s'était par ailleurs agité de rumeurs sur son état de santé.

"Les gens sont curieux de (savoir) qui va succéder à IOG. Il y a un consensus sur le fait que le successeur sera choisi avant les élections de 2026 - de la même manière qu'en 1999, quand IOG est arrivé au pouvoir", note M. Kamski.

A l'époque, le prédécesseur et mentor de M. Guelleh, Hassan Gouled, lui avait passé le flambeau après une vingtaine d'années de règne.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.