Le président de Djibouti souligne l'importance de préserver la paix dans cette région «sensible» de la mer Rouge et du golfe d'Aden

Il n’y a pas d'alternative au rôle de premier plan de l'Arabie saoudite dans la région, déclare Ismail Omar Guelleh à Arab News en français. (Photo fournie)
Il n’y a pas d'alternative au rôle de premier plan de l'Arabie saoudite dans la région, déclare Ismail Omar Guelleh à Arab News en français. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 16 septembre 2022

Le président de Djibouti souligne l'importance de préserver la paix dans cette région «sensible» de la mer Rouge et du golfe d'Aden

Il n’y a pas d'alternative au rôle de premier plan de l'Arabie saoudite dans la région, déclare Ismail Omar Guelleh à Arab News en français. (Photo fournie)
  • Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, salue les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour protéger et pour assurer la sécurité des transports
  • Dans cette interview qui aborde une large gamme de sujets, le président Guelleh évoque également les conséquences dévastatrices des actions des Houthis au Yémen

DJIBOUTI: Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour protéger et assurer la sécurité des transports ainsi que pour empêcher les «interventions» de sabotage de la sécurité des transports le long de la zone «très sensible» de la mer Rouge et du golfe d'Aden.

Dans une interview exclusive, M. Guelleh a déclaré à Arab News en français que les mesures qui avaient été prises pour tenir un prochain sommet du Conseil des pays arabes et africains de la mer Rouge et du golfe d'Aden en Arabie saoudite étaient l’aboutissement d'une initiative menée par le Royaume. Il a ajouté que ces efforts ont été chaleureusement accueillis par son pays.

« C'est un signe du sérieux travail du Royaume d'Arabie saoudite qui joue un rôle unique dans ce domaine. Sur le plan international, elle est le principal acteur de la paix mondiale dans la région et dans le monde entier », a-t-il souligné.

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Dans une interview exclusive accordée à Arab News en français, le président djiboutien Ismail Omar Guelleh a salué les efforts de l'Arabie saoudite pour assurer la sécurité dans la mer Rouge et le golfe d'Aden. (Photo, Abdullah Al-Jaber)

Le Conseil, composé de huit pays, a initialement été annoncé à Riyad en janvier 2020, avant l’apparition de la pandémie de Covid-19. Ses États membres sont: l'Arabie saoudite, la Jordanie, l'Égypte, le Soudan, Djibouti, l'Érythrée, la Somalie et le Yémen.

En annonçant la nouvelle, à l’époque, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, avait indiqué que Riyad «tenait beaucoup à travailler et à coopérer avec les États membres de ce Conseil pour faire face à ces défis et aux risques qui nous entourent de toutes parts».

La mer Rouge et le golfe d'Aden, qui relient l'Europe à l'Asie et au Moyen-Orient, sont deux des routes maritimes les plus fréquentées du monde.

Dans cette interview qui aborde une large gamme de sujets, le président Guelleh évoque également les conséquences dévastatrices des actions des Houthis au Yémen, qui ont entraîné le renversement du gouvernement légitime soutenu par l'ONU ainsi qu’une guerre qui entame maintenant sa septième année.

« Djibouti a été victime parce que nous avons reçu beaucoup, beaucoup de réfugiés yéménites, et sans l'apport, le soutien et la solidarité du gouvernement saoudien et à sa tête le roi Salmane, la situation aurait été véritablement aggravée par l'attitude des Houthis qui ont complètement détruit le pays et qui ont mis, ont risqué la paix et la sécurité maritime », a-t-il indiqué. 

Abritant un grand nombre de bases militaires étrangères, Djibouti accueille notamment dans la Corne de l'Afrique les forces armées américaines et chinoises, des troupes japonaises et espagnoles, ainsi qu’une présence française décroissante.

On ignore si Djibouti renouvellera ou non le traité militaire avec Paris; certains observateurs y voient le signe d'une détérioration des relations avec la France, ce que dément Ismaïl Omar Guelleh.

« La relation entre Djibouti et la France date du XIXe siècle. Le traité signé, le traité prend fin cette année. Nous allons le refaire, » a-t-il affirmé. « Nous sommes en train de travailler, par les juristes. Mais il n'y a pas d'inquiétude à se faire parce que nous sommes comme on dit chez nous a un mari et sa femme, jamais amis ni ennemis. » 

Le président Guelleh a également mis en garde contre les conséquences de la guerre russo-ukrainienne actuelle. Il a précisé qu'elle a atteint le point « jusqu’au risque d'avoir des conséquences nucléaires » et il estime que « ni la Russie, ni l'Ukraine ne seront gagnants. » 

 

Ce qui suit est une traduction de l'interview qui a été réalisée en français et en arabe:

Q: Parlez-nous de la valeur stratégique du sommet prévu par les pays arabes et africains de la mer Rouge et du golfe d'Aden, et de ses objectifs.

R: En effet, ce sommet est le fruit d'une initiative saoudienne et nous l’attendons depuis longtemps. La stratégie de la mer Rouge est claire. En considérant ce qui s’est passé au Yémen, les interventions des forces étrangères et, comme vous le savez, l’immense importance du détroit de Bab al-Mandab pour la sécurité internationale, celle des Arabes et celle de tous les pays, c’est aussi leur responsabilité. 

Cette initiative a été lancée par le royaume d'Arabie saoudite. Nous l'avons accueillie favorablement; pour la première fois, le sommet se tiendra, si Dieu le veut, à Djeddah, et les ministres des Affaires étrangères s’y sont préparés. C’est une expression du sérieux du Royaume et du rôle qu'il joue dans cette région. Sur le plan international, il sera un grand représentant de la paix dans la région et dans le monde.

Quels sont les espoirs et les aspirations du sommet prévu pour la région et pour Djibouti en particulier?

Les résultats consisteront à renforcer et à assumer la responsabilité internationale qui incombe aux pays voisins… En effet, vous avez l'Otan à vos côtés, qui est incontestablement l’institution qui assume la responsabilité de la sécurité des transports et de la navigation dans le monde.

De nombreux pays participants, en particulier du côté africain, ne s'entendent pas entre eux. Comment la sécurité sera-t-elle coordonnée et comment les conflits seront-ils mis de côté afin que les objectifs du Conseil soient atteints?

Le seul pays qui entretient de bonnes relations avec tous les pays de cette région est l'Arabie saoudite. Le Royaume a ainsi la charge d'être l'acteur et la seule force qui défend l’opinion et l’initiative. Il fournit les services pour construire la paix entre Port-Saïd, Bab al-Mandab et le golfe d'Aden, et empêcher les interventions sataniques qui cherchent toujours à saboter la paix dans cette région sensible.

Mais comment allez-vous vous coordonner pour empêcher la piraterie et son impact sur les expéditions mondiales d’énergies? Verrons-nous une force unifiée en mer Rouge, par exemple?

Je pense qu'il serait opportun d’y réfléchir, et nous en discuterons lors du prochain sommet pour mettre les choses en perspective. Que chacun assume ses responsabilités. Que pouvons-nous faire pour la population et pour le monde entier? Mettre en place une transition de cette phase vers une mouvance globale, afin de pouvoir lutter contre toutes les formes de terrorisme ou de piraterie qui peuvent émerger dans la région. C'est pourquoi nous devons montrer ou étudier de quelle manière nous pouvons, de manière collégiale, faire face aux menaces extérieures auxquelles nous pourrions être confrontés.

Parlons du Yémen… Quel a été l'impact de cette guerre de sept ans sur votre pays jusqu'à présent, et pensez-vous que la trêve actuelle durera?

Comme vous le savez, le Yémen est un pays très proche de Djibouti. Il se situe à vingt kilomètres d'ici. Le Yémen a été victime de ce qui s'est passé en Syrie, de ce qui s'est passé en Libye, et de ce dont certains États arabes ont vraiment été victimes: une sorte de conspiration qui vise l'unité arabe. Le peuple yéménite a été attiré par un autre mal ou un autre complot, un autre «coup», si vous voulez, venu d'un pays extérieur à la région.

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Des Yéménites déplacés par les Houthis vont chercher de l'eau dans le camp de réfugiés du HCR à Obock, Djibouti, le 26 mars 2016. (Photo d'archives, AFP)

Djibouti en a subi les conséquences parce que nous avons accueilli un très grand nombre de réfugiés yéménites. Sans la contribution, le soutien et la solidarité du gouvernement saoudien, dirigé par le roi Salmane, la situation aurait été profondément aggravée par le comportement des Houthis, qui ont totalement détruit le pays et représenté une menace pour la paix et la sécurité maritimes.

Cependant, ils ont échoué, car la vigilance des forces internationales, à savoir les forces saoudiennes, les en a empêchés. Les tentatives pour bloquer cette route, pour créer l'insécurité et empêcher les garanties de fonctionner dans de bonnes conditions… Sans l'Arabie saoudite, nous n'aurions pas eu de paix dans cet axe.

Votre position au sujet de la guerre contre l'Ukraine découle-t-elle de la même position, qui consiste à soutenir les gouvernements légitimes et à s'opposer à l'attaque contre la souveraineté d'un autre pays? Quel impact cette guerre a-t-elle eu sur votre pays

Vous savez, cela se passe très loin. L'Ukraine est très éloignée de nous. Nous avons, depuis le début, déclaré notre position, considérant que les bombardements intensifs qui frappent les populations ne sont pas et ne peuvent pas être une solution. Cependant, avec ce qui se passe, ce qu'il faut, c'est un dialogue et des concertations. Il n'y a pas d'alternative.

La destruction continue au point qu’elle risque d'avoir des conséquences nucléaires dans cette région. Ni la Russie ni l'Ukraine n'en sortiront vainqueurs et nous aurons dans notre région – même si la guerre se passe loin de nous – des conséquences qui pourraient nous affecter. Cependant, jusqu'à présent, nous n’avons subi aucune répercussion.

Djibouti abrite des bases militaires qui appartiennent à des puissances mondiales opposées. Comment gérez-vous ces relations et les intérêts conflictuels de ces pays? Et quel est le mécanisme de régulation de la présence de troupes étrangères dans votre pays?

Nous n'avons encore reçu aucune plainte de la part des pays qui ont déployé des armements et qui effectuent des exercices dans notre pays. Il faut toujours chercher les raisons derrière chaque chose. La raison principale de la présence américaine, qui a commencé après l'incident [en 2002] du navire américain [USS Cole], cible d'un attentat à Aden lancé par Al-Qaïda dans la région, est la lutte contre le terrorisme. Notre priorité était de contribuer à la lutte contre le terrorisme international. C'est ce qui a motivé la présence américaine à Djibouti.

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Les troupes chinoises assistent à la cérémonie d'ouverture le 1er août 2017 de la nouvelle base militaire chinoise à Djibouti, la première base navale à l'étranger de la superpuissance asiatique. (Photo, AFP)

Ensuite, les Japonais ont également voulu venir. Ils ont mesuré les dangers qui guettaient leurs flottes, leurs flottes commerciales en particulier, dans les régions de la Somalie et du golfe d'Aden. Ils nous ont également demandé de déployer un avion pour qu'ils puissent surveiller les côtes, même si, économiquement, nous n'avons pas les capacités d’assumer toutes ces responsabilités.

Nous avons participé en leur fournissant un espace qui leur a permis d'assurer la navigation internationale et la paix internationale, c’est notre part de responsabilité. Ensuite, il y a eu la Chine, qui, elle aussi, pour la première fois de son existence, a disposé d’une plate-forme et d’une présence militaire à Djibouti. Ces pays sont de grandes nations. Ils ne connaissent toutefois pas de problèmes entre eux par rapport à leur présence à Djibouti, et c'est pourquoi tout se passe bien.

Mais quel sera l'impact de l'évolution de la géopolitique mondiale sur votre pays? Par exemple, craignez-vous une confrontation sino-américaine à cause de Taïwan? Et si l’on vous demandait de choisir un camp?

Nous n'avons même pas envisagé cette possibilité. C'est lié et ils se battent là-bas, à Taïwan, au sud de la mer de Chine. Cependant, le champ de bataille n'est pas ici. La zone de guerre n'est pas ici et elle n'est pas non plus à proximité. C'est pourquoi, à mon avis, il n'y a pas lieu d’avoir peur. Il n'y a pas à craindre une confrontation entre la Chine et les États-Unis à Djibouti, je ne le pense pas. C'est quelque chose que Dieu décide, ce n'est pas à nous de le décider.

La présence militaire française semble diminuer ici. Le bruit court que le traité de coopération militaire entre votre pays et Paris pourrait ne pas être renouvelé. Comment voyez-vous l'avenir de votre relation avec la France?

Les relations entre Djibouti et la France remontent au XIXe siècle. Le traité signé entre nos deux pays expire cette année. Nous allons le renouveler, et nous sommes en train de travailler avec les experts juridiques et toutes les personnes en charge du dossier.

Toutefois, il n'y a pas de position à prendre, car nous sommes... Comme on dit dans notre pays, un mari et sa femme ne sont jamais amis ni ennemis. C'est la métaphore qui illustre le fait que nous pouvons être en colère l'un contre l'autre, mais que nous sommes très engagés dans nos relations. Notre but n’est pas d'avoir des problèmes avec eux. C'est comme une famille, en quelque sorte. Nous pourrions parfois avoir des différends. Mais ce n'est pas grave.

Mais c'est cette présence militaire française et la présence américaine qui ont poussé le groupe terroriste Al-Chabab à menacer directement votre pays. Cela ne vous inquiète-t-il pas? Quelles mesures avez-vous prises pour vous défendre?

Nous avons été victimes d'une attaque en 2014. Certaines personnes ont perdu la vie et d'autres ont été blessées [en référence à l'attentat-suicide de 2014 dans un restaurant, qui avait provoqué la mort de trois étrangers]. Nos services n'ont qu'un seul but, qui a toujours été de nous défendre; nous sommes là pour nous défendre. Il n'y a aucun problème. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, mais notre peuple est prêt.

Vous vous êtes toujours opposé aux opinions extrémistes, et c'est peut-être un point commun avec les réformes qui sont en cours en Arabie saoudite. Comment les changements qui ont lieu dans le Royaume sont-ils perçus dans votre pays?

Nous attendions cette initiative depuis longtemps, et maintenant, avec l'initiative du prince héritier et du Gardien des deux Saintes Mosquées, nous allons dans la bonne direction. Notre vraie religion est le centrisme et la modération. Nous vivons à Djibouti depuis longtemps sans difficulté avec cette croyance.

Cependant, les takfiris cherchent à transformer la moitié des musulmans en infidèles et à les expulser de la religion sans pitié, sans tolérance et sans le moindre respect pour les femmes musulmanes.

Tout cela a créé la haine parmi les musulmans. Nous avons opté et nous optons pour la modération avec nos frères dans le Royaume, qu’il s’agisse de ses dirigeants ou de son peuple. C'est dans l'intérêt de l’Oumma, des Arabes et des musulmans, et de l'islam dans le monde entier.

Outre l'aspect religieux, quel est l'impact de la Vision 2030 sur votre pays? Comment voyez-vous évoluer les relations entre l’Arabie saoudite et Djibouti?

Si l’on remonte dans le temps, depuis notre indépendance et jusqu'à ce jour, l'Arabie saoudite nous a toujours soutenus et aidés dans notre développement. Nous consultons toujours ce pays et nous agissons en coordination avec lui dans divers domaines, de la sécurité au Fonds saoudien. Nous sommes très satisfaits et nous voulons continuer dans cette voie tant qu'il n'y a pas d'alternative au rôle prépondérant du Royaume dans la région.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les fidèles musulmans sur le mont Arafat, étape phare du hajj

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone. (AN Photo/Loai Elkelawy)
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  • Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran
  • Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril

LA MECQUE: Une foule de musulmans a prié mardi sur le mont Arafat, pour l'étape phare du grand pèlerinage à La Mecque, bravant la chaleur brûlante du désert pour accomplir le rêve d'une vie.

Dès l'aube, les fidèles se sont rassemblés pour réciter le Coran sur et autour de cette colline de 70 mètres de haut, située à environ 20 kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition musulmane, son dernier sermon.

Le site offrant peu ou pas d'ombre, des bénévoles distribuaient de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères survolaient régulièrement la zone.

"C'est un sentiment indescriptible", a affirmé Ahmed Abou al-Ezz, un ingénieur égyptien de 35 ans, en marchant vers le mont Arafat pour la première fois de sa vie.

Plus de 1,5 million de personnes participent au hajj cette année, à l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite. Un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril.

Quelque 30.000 pèlerins iraniens ont fait le voyage à La Mecque, soit beaucoup moins que les 86.000 initialement annoncés, en raison des tensions, selon la compagnie Iran Air, citée par l'agence de presse officielle Irna.

Malgré la situation régionale, la ville sainte a accueilli plus de fidèles étrangers que l'année dernière, selon les autorités saoudiennes.

Pour Karim Hazem, un pèlerin tunisien de 40 ans, "cet endroit est celui où le Seigneur rassemble la communauté des croyants, et nous rappelle que nous pouvons être réunis en tant que peuples".

Chaleur intense 

Le pèlerinage, l'un des cinq piliers de l'islam, est censé être accompli par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Il consiste en une série de rites codifiés sur plusieurs jours au cœur de La Mecque et dans ses environs.

Avec des températures atteignant les 44 degrés ces derniers jours, les autorités saoudiennes ont exhorté les pèlerins à boire beaucoup d'eau et à se protéger du soleil pendant les rites qui se déroulent principalement en plein air.

Les scientifiques affirment que le changement climatique causé par l'activité humaine amplifient les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur intenses.

Le port de chapeaux étant interdit pour les hommes durant le hajj, de nombreux pèlerins utilisent des parasols pour se protéger du soleil.

Après la mort de plus de 1.300 personnes en 2024, sous des températures dépassant les 50 degrés, les autorités saoudiennes ont mis en place des mesures visant à limiter les effets de la chaleur, notamment davantage de zones ombragées.

Plus de 50.000 agents de santé et 3.000 ambulances ont également été déployés pour aider les pèlerins dans le besoin, a indiqué le ministère saoudien de la Santé.

Après le mont Arafat, les fidèles se rendent à Muzdalifah, où ils ramassent des cailloux afin de procéder à la symbolique "lapidation du diable" mercredi.

L'Arabie saoudite, qui abrite les sanctuaires les plus sacrés de l'islam à La Mecque et à Médine, génère des milliards de dollars chaque année grâce au hajj et à la Omra, le petit pèlerinage entrepris à d'autres moments de l'année.


Liban: frappes sur la ville de Nabatiyé dans le sud, 11 morts dans un raid sur l'est

Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités. (AFP)
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  • A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits
  • "Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud

BEYROUTH: Des frappes ont visé mardi la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban après un ordre israélien d'évacuation inédit, au lendemain de la mort d'au moins 11 personnes dans un raid israélien sur l'est du pays, selon les autorités.

Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du Liban.

Cette pression accrue intervient au lendemain de la menace du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour "écraser" le mouvement pro-iranien.

A Nabatiyé, un correspondant de l'AFP a fait état de plusieurs frappes après l'avertissement d'Israël, et a pu voir de la fumée s'élever de plusieurs endroits.

"Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", avait indiqué plus tôt sur X un porte-parole militaire arabophone, Avichay Adraee, en s'adressant aux habitants de cette grande ville du sud.

Désertée par une grande partie de ses habitants depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, Nabatiyé continue d'être pilonnée malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

D'autres frappes dans le sud ont fait au moins un mort et deux blessés parmi des secouristes affiliés au mouvement Amal, allié du Hezbollah, à Srifa, selon le ministère de la Santé, ce qui porte à 120 le nombre de secouristes tués dans le conflit.

Plusieurs localités du sud, notamment dans la région de Tyr, ont aussi été ciblées, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

La veille, des ordres d'évacuation pour Tyr avaient provoqué la panique et un mouvement d'exode parmi les habitants encore présents dans la ville millénaire, d'après un correspondant de l'AFP.

Un barrage menacé 

L'armée israélienne a également émis mardi un ordre d'évacuation pour Machghara et Sohmor, deux localités dans l'est du Liban, où elle a en outre visé les environs du barrage de Qaraoun, selon l'Ani.

L'organisme chargé du barrage a appelé les autorités libanaises à faire pression sur la communauté internationale pour empêcher toute attaque aux "risques catastrophiques pour les habitants".

Des bombardements avaient eu lieu lundi soir dans cette région du pays, faisant au moins 11 morts à Machghara, dont deux enfants et une femme, et 15 blessés, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

L'armée israélienne avait indiqué avoir frappé dans la nuit plus de 100 cibles du Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah a annoncé que ses combattants avaient fait barrage mardi à l'aube à "une force israélienne (...) qui avançait en direction de Zaoutar", village surplombant Nabatiyé, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière.

Le groupe a dit avoir eu recours notamment à "des obus et drones d'attaques", ajoutant que les "combats directs" se poursuivaient dans la zone.

"Nous allons intensifier les coups, en intensifier la puissance et nous allons écraser" le Hezbollah, a averti lundi soir Benjamin Netanyahu.

"Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth", a estimé pour sa part le ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes et opérations au Liban en disant viser le Hezbollah et son infrastructure, alors que les chances d'un accord rapide entre les Etats-Unis et l'Iran semblent s'amenuiser.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 3.213 morts depuis le début du conflit début mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié mardi, soit 28 morts de plus par rapport au bilan de la veille.


Les pays du Golfe «ne serviront plus de bouclier aux bases américaines», affirme le guide suprême iranien

Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat. (AFP)
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  • L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées
  • Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique

TEHERAN: Les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe, a estimé mardi le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'Etat.

"Il est certain qu'il n'y aura pas de retour en arrière et que les nations et territoires de la région ne serviront plus de boucliers aux bases américaines", a déclaré Mojtaba Khamenei, qui n'est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars.

"Les Etats-Unis, qui ne disposent plus d'aucun lieu sûr dans la région pour mener une agression et établir des bases militaires, s'éloignent chaque jour davantage de leur ancien statut", a-t-il ajouté dans ce message publié à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Ces déclarations surviennent alors que l'Iran et les Etats-Unis tentent de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre qui a débuté le 28 février et s'est étendue à toute la région, avant l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu le 8 avril.

L'Iran avait fait état de progrès lundi tout en prévenant qu'un accord n'était pas imminent, les positions des deux parties restant éloignées.

Dans le même temps, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran, portant un coup au processus diplomatique.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'attaque américaine, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Et mardi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Dans un communiqué, ils ont mis en garde "contre toute violation du cessez-le-feu par l'armée américaine", affirmant disposer d'un "droit légitime et certain à riposter".

Mojtaba Khamenei, 56 ans, a succédé à son père Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes américano-israéliennes le 28 février, ce qui a déclenché des représailles de Téhéran dans toute la région.