Au Salon de l'agriculture, Macron réserve sa première annonce aux pêcheurs

Le président français Emmanuel Macron pose avec des visiteurs pour la photographie alors qu'il visite la 59e édition du Salon international de l'agriculture le jour de son inauguration à Paris, le 25 février 2023 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron pose avec des visiteurs pour la photographie alors qu'il visite la 59e édition du Salon international de l'agriculture le jour de son inauguration à Paris, le 25 février 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 25 février 2023

Au Salon de l'agriculture, Macron réserve sa première annonce aux pêcheurs

  • Venu à la rencontre des professionnels de la pêche de bon matin, avant même d'inaugurer officiellement le salon, le chef de l’État s'est engagé à «protéger la filière pêche»
  • Ce soutien se traduira dans un premier temps par une prolongation de «l'aide au carburant»

PARIS: A peine arrivé au Salon de l'agriculture samedi, Emmanuel Macron a réservé sa première annonce aux pêcheurs, à savoir la prolongation jusqu'en octobre de l'aide financière qui leur est accordée pour faire face à la hausse des prix du carburant.

Venu à la rencontre des professionnels de la pêche de bon matin, avant même d'inaugurer officiellement le salon, le chef de l’État s'est engagé à "protéger la filière pêche, au nom de la souveraineté alimentaire française", selon le président du Comité national des pêches Olivier Le Nezet.

Ce soutien se traduira dans un premier temps par une prolongation de "l'aide au carburant" qui "reste de 20 centimes (hors taxe) par litre de gazole jusqu'à fin octobre" puis par la mise en place d'un "contrat stratégique de filière" attendu en octobre, a-t-il précisé auprès de l'AFP.

La prolongation de cette aide qui devait prendre fin à la mi-mai est une manière de "donner de la visibilité" au secteur de la pêche, "en attendant la conclusion du contrat stratégique de filière entre tous les acteurs", a fait valoir le secrétaire d’État à la Mer Hervé Berville.

Le coût de cette mesure est d'"environ 2,5 millions d'euros par mois", a-t-il spécifié, soulignant que la France était aujourd'hui le "seul pays qui soutenait à ce niveau-là" ses professionnels de la pêche.

Mi-février, Hervé Berville avait annoncé une prolongation de ce coup de pouce, mais avec un montant dégressif, ramené de 20 à 10 centimes d'ici à la mi-mai.

Ce dispositif avait été mis en place initialement par le gouvernement de Jean Castex dans le cadre du "plan de résilience" visant à aider les entreprises à faire face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine. Alors qu'il devait expirer fin juillet, il a donc été prolongé à plusieurs reprises depuis.

«Bons élèves»

Cette pérennisation était une demande forte de la filière, durement affectée par la crise sanitaire, celle du Brexit — qui verra quelque 90 navires français partir à la casse contre indemnisation — et celle, durable, de la flambée des prix du gazole.

"Nous sommes engagés pour la décarbonation du secteur, mais cela se fera dans le temps", cette aide carburant étant "nécessaire et légitime, quand on connaît la dépendance des armements, avec un gazole qui pèse jusqu'à 40% du chiffre d'affaires" d'un navire, a plaidé Olivier Le Nezet.

Les professionnels se sont dits "rassurés" par leur échange avec le président qui, selon eux, est par ailleurs "déterminé à s'opposer" au plan proposé mardi par la Commission européenne pour éliminer progressivement, d'ici à 2030, le chalutage de fond dans les aires marines protégées.

"Le président de la République a indiqué très clairement que la France n'acceptait pas la méthode utilisée par la Commission et que sa réponse serait très ferme et sans appel sur le sujet", a rapporté le comité national des pêches.

Ce plan reviendrait "à faire disparaître un tiers de la flotte française", selon le comité, alors qu'à présent "les engins de fond" assurent la moitié de la production "soit près de 204 000 tonnes pour une valeur d’environ 490 millions d'euros".

"Ce sont plus de 4 000 marins-pêcheurs embarqués sur 1 200 navires" qui seraient menacés, a-t-il mis en garde. La France métropolitaine compte moins de 10 000 marins pour 4 200 navires.

"Ces mesures d'interdiction reviendraient à punir les bons élèves: la France a multiplié les aires protégées, nous avons réduit la pêche dans certaines zones, favorisé le renouvellement des espèces", a observé Olivier Le Nezet. "En mer d'Iroise, la langouste, qui avait disparu, est revenue, la coquille Saint-Jacques est abondante partout", a-t-il rappelé.

La filière souligne aussi que certaines aires sont dédiées à la protection de l'habitat des oiseaux marins et n'ont "aucun problème de ressource halieutique".

"Le président nous a entendus. Il n'acceptera pas un plan qui signe l'arrêt de mort de la pêche française", s'est félicité M. Le Nezet, précisant que les aires marines protégées représentaient actuellement 12% des eaux européennes, mais jusqu'à "74% des eaux en Bretagne".


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.