Au Soudan, la faim tue de plus en plus d'enfants

Dans cette région frontalière du Tchad, les conséquences de la faim sont particulièrement extrêmes, mais partout ailleurs au Soudan, l'un des pays les plus pauvres au monde, la malnutrition progresse: 15 des 45 millions d'habitants en souffrent actuellement. (AFP)
Dans cette région frontalière du Tchad, les conséquences de la faim sont particulièrement extrêmes, mais partout ailleurs au Soudan, l'un des pays les plus pauvres au monde, la malnutrition progresse: 15 des 45 millions d'habitants en souffrent actuellement. (AFP)
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Publié le Dimanche 26 février 2023

Au Soudan, la faim tue de plus en plus d'enfants

  • Un tiers des moins de cinq ans sont «en-dessous de la taille moyenne à cet âge» et près de la moitié des villes et villages ont «un taux de retard de croissance de 40%»
  • Dans un pays où la récession est totale, l'inflation au plus haut et la spéculation non régulée, «même le pain est beaucoup trop cher»

CAMP DE DEPLACES DE KALMA: "Je suis en malnutrition extrême donc je ne pouvais pas l'allaiter": à Kalma, Ansaf Omar pleure depuis un mois son fils d'un an et demi, mort de faim, comme des dizaines d'autres enfants de ce camp de déplacés soudanais.

"Je l'ai emmené partout, dans les hôpitaux, dans les dispensaires, mais il a fini par mourir", raconte à l'AFP cette frêle femme de 34 ans, installée depuis le début de la guerre au Darfour en 2003 dans le camp en périphérie de Nyala, le chef-lieu du Darfour-Sud.

Dans cette région frontalière du Tchad, les conséquences de la faim sont particulièrement extrêmes, mais partout ailleurs au Soudan, l'un des pays les plus pauvres au monde, la malnutrition progresse: 15 des 45 millions d'habitants en souffrent actuellement.

Trois millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent de grave malnutrition, selon l'ONU. Et parmi eux, "plus de 100.000 enfants risquent de mourir de faim s'ils ne sont pas pris en charge", prévient Leni Kinzli, responsable de la communication du Programme alimentaire mondial (PAM) au Soudan.

Tous les enfants du Soudan ne sont pas en danger de mort, mais un tiers des moins de cinq ans sont "en-dessous de la taille moyenne à cet âge" et près de la moitié des villes et villages ont "un taux de retard de croissance de 40%", s'alarme l'ONG d'aide humanitaire Alight. A Kalma et dans ses environs, elle a recensé 63 décès d'enfants dus à la faim dans ses centres en 2022.

«Choisir qui on aide»

Dans ce camps qui abrite 120.000 déplacés de la guerre d'Omar el-Béchir, le dictateur déchu en 2019, la faim a toujours existé. Mais elle a grandi en 2022, dans la foulée du putsch militaire d'octobre 2021 qui a déclenché l'arrêt de l'aide internationale en rétorsion.

L'année dernière, il y a eu "une augmentation massive des admissions et des demandes de services de nutrition d'urgence" à Kalma, rapporte à l'AFP la directrice des opérations d'Alight au Soudan, Heidi Diedrich.

L'ONG annonce ainsi avoir accueilli "863 nouveaux enfants, soit 71% de plus qu'en 2021". Et la hausse des inscrits a été couplée d'une hausse des décès: "231% de plus en 2022, tous des enfants de plus de six mois".

Dans un de ces centres à Kalma, Hawa Souleimane, 38 ans, espère obtenir de quoi nourrir son bébé.

"Chez nous, on n'a rien du tout, on se couche souvent le ventre vide", se lamente-t-elle.

Et au Soudan, les problèmes économiques ne font que s'accumuler: l'embargo de l'époque Béchir a été suivi par la pandémie de Covid-19 et désormais d'autres crises humanitaires, comme celle de l'Ukraine, qui renchérissent les prix de la nourriture et entrent en concurrence directe pour la réception des aides.

Au fil des années, le PAM a ainsi divisé par deux ses rations alimentaires aux réfugiés et déplacés du Soudan "à cause de restrictions budgétaires", admet Mme Kinzli.

Les humanitaires sont désormais pris dans "une situation intenable où il faut choisir qui on aide", poursuit-elle. A chaque fois, "c'est un déchirement".

«Jamais en paix»

Avec ces coupes, Nouralcham Ibrahim, 30 ans, et cinq enfants, ne peut plus se contenter de l'aide alimentaire.

"On essaye de gagner de l'argent en travaillant dans les champs autour du camp mais ça ne nous rapporte même pas de quoi nous nourrir une journée", déplore-t-elle.

Dans un pays où la récession est totale, l'inflation au plus haut et la spéculation non régulée, "même le pain est beaucoup trop cher", affirme-t-elle.

Ansaf Omar, elle, a trop peur de s'aventurer hors du camp de Kalma dans un secteur où conflits tribaux ou pour la terre éclatent régulièrement. Dans tout le pays, ces violences ont fait près de 1.000 morts en 2022 selon l'ONU.

"On ne nous laisse jamais en paix quand on sort du camp pour chercher du travail", assure Mme Omar. "Il y a des femmes qui sont violées et des hommes tués", dit-elle.

Et tout cela, pour tenter de gagner moins d'un dollar par jour dans les champs.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"