La gestion de l'eau, chantier prioritaire pour l'agriculture

Christophe Bechu, ministre français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Photo, AFP).
Christophe Bechu, ministre français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 27 février 2023

La gestion de l'eau, chantier prioritaire pour l'agriculture

  • La sécheresse historique de l'été 2022 et, pire, l'hiver sec qui a suivi, a fait de l'eau, denrée longtemps abondante un bien rare
  • Déjà quatre départements connaissent des restrictions d'eau

PARIS: Faut-il stocker davantage d'eau, en consommer moins, renoncer à certaines cultures ? Le "plan de sobriété sur l'eau" évoqué samedi par le président Emmanuel Macron au salon de l'Agriculture résonne comme une évidence douloureuse pour le monde agricole.

La sécheresse historique de l'été 2022 et, pire, l'hiver sec qui a suivi, a fait de l'eau, denrée longtemps abondante dans le climat tempéré de la France, un bien plus rare qu'il convient d'économiser et de partager.

"La situation est plus grave que l'an dernier à la même époque et on a deux mois de retard sur la recharge des nappes phréatiques", a rappelé le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu dans un entretien au Journal du Dimanche.

Déjà quatre départements connaissent des restrictions d'eau, contraignant les agriculteurs à réduire de moitié leurs prélèvements, et "on aura entre 10 et 40% d'eau disponible en moins dans les années qui viennent", souligne le ministre.

Sur une moyenne de 200 milliards de m3 d'eau disponibles par an dans la nature en France métropolitaine, environ 30 milliards sont prélevés, dont 3,2 milliards par l'agriculture, essentiellement pour l'irrigation, loin derrière le refroidissement des centrales électriques (plus de 15 milliards) ou la production d'eau potable (5 milliards).

La part de l'agriculture irriguée - environ 7% des surfaces cultivées - est relativement limitée en France mais "70 à 80% des prélèvements d'eau se font l'été, quand la disponibilité est la plus faible", relève Thierry Caquet, directeur scientifique Environnement à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae).

Le gouvernement, qui travaille sur le "plan eau" attendu en mars, étudie plusieurs pistes: un stockage accru, la réutilisation des eaux usées - de moins de 1% en France contre 8% en Italie, 14% en Espagne et même 85% en Israël-, mais aussi le développement de variétés de cultures plus résistantes au stress hydrique.

"Aujourd'hui, les pouvoirs publics se rendent compte qu'il faut gérer la ressource. Quand le président parle de retenues collinaires (qui retiennent des eaux de surface via l'endiguement de cours d'eau, NDLR), c'est un bon signal pour nous", estime Céline Imart, porte-parole d'Intercéréales, qui regroupe les producteurs français de grains.

"Cela fait des années qu'on alerte sur le fait qu'il faut retenir l'eau qui tombe de manière assez condensée l'hiver pour pouvoir l'utiliser l'été, au lieu de la voir partir à la mer", explique-t-elle.

Si Intercéréales se dit plutôt favorable aux retenues collinaires, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, prône aussi la construction de réserves ou "bassines", remplies par pompage dans les nappes phréatiques.

«Partir de l'offre»

Pour Thierry Caquet, "le raisonnement qui consiste à dire qu'on va prélever de l'eau l'hiver" se heurte toutefois "au problème de la réduction des débits des cours d'eau et du faible niveau des nappes phréatiques", phénomène amené à s'aggraver sous l'effet du réchauffement climatique.

L'eau qui s'en va vers la mer n'est "pas perdue", selon lui: dans les rivières, le haut débit de l'hiver sert au dragage naturel des cours d'eau, empêchant un envasement qui priverait d'oxygène tout un écosystème. Et l'eau chargée d'alluvions qui arrive à la mer est "vitale pour des espèces du littoral, notamment en conchyliculture".

Quant aux "bassines", le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, qui y est pourtant favorable, reconnaît que lors d'hivers secs comme cette année "les retenues d'eau ne peuvent pas se remplir".

L'Espagne, qui en a construit beaucoup, "ne parvient plus à les remplir que six années sur dix", affirme Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire totalement opposé à ce procédé.

Pour ce syndicat, qui n'est pas en soi opposé au stockage, notamment pour le maraîchage, la vraie question est celle de la répartition d'un "bien commun". "On partage l'eau pour produire quoi, pour installer combien de paysans?", s'interroge-t-il.

Selon l'Inrae, "l'irrigation doit viser à sécuriser la production et pas à la maximiser". Pour avancer, estime Thierry Caquet, "il faut partir de l'offre (en eau) et voir ce que l'on peut faire comme agriculture, en tenant compte du climat et pas des pratiques passées".

C'est là que les innovations peuvent aider: tant dans les champs - pour installer du goutte-à-goutte pour les cultures ou mesurer précisément l'humidité du sol - qu'en amont, dans la sélection variétale.


Un défilé «massif» et européen pour le dernier 14-Juillet d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens. (AFP)
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  • Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin"
  • Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu

PARIS: Emmanuel Macron préside mardi pour la dernière fois le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, une édition 2026 voulue "massive" et qui mettra à l'honneur l'Ukraine et ses alliés, essentiellement européens.

Près de 6.700 troupes à pied, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules: jamais autant de militaires n'auront défilé sur les Champs-Elysées afin d'illustrer "le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen", selon l'Elysée.

Au lendemain d'un nouveau sommet dans la capitale française des 37 pays de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, la France met à l'honneur des contingents de chacun de ces pays -500 défilants au total- ainsi que 25 militaires ukrainiens qui défileront à leur suite.

Pour la présidence française, c'est un "symbole fort de l'Europe qui prend conscience de la dangerosité du monde et qu'il faut prendre en main son destin", alors que la Russie menace la sécurité du continent et que les Etats-Unis de Donald Trump sont perçus comme imprévisibles.

Cette coalition, initiée par la France et le Royaume-Uni et composée essentiellement d'Européens, s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. "Une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre", a réagi lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que 24 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, parmi lesquels l'Allemand Friedrich Merz, le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk ou encore la Danoise Mette Frederiksen, doivent assister au défilé.

"Le message que nous envoyons au monde est le suivant: oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a déclaré le chef de l'Etat lors de son traditionnel discours aux Armées à la veille de la fête nationale.

"Signalement stratégique" 

Le défilé sera ouvert par la Patrouille de France suivie de deux Mirage 2000 français, avec à leur bord des copilotes ukrainiens formés en France. Des avions de dix pays européens y participeront également.

Pour son dernier défilé en tant que chef des Armées, Emmanuel Macron, qui avait invité le président américain Donald Trump pour son premier en 2017, entend aussi montrer la remontée en puissance des armées sous sa présidence, au cours de laquelle le budget de défense aura doublé.

"L'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera", a-t-il fait valoir lundi.

La loi de programmation militaire, dont l'actualisation a été approuvée le 1er juillet par le Parlement, prévoit 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que dans sa version adoptée en 2023.

Selon l'Elysée, "il faut concevoir ce défilé comme un signalement stratégique, c'est-à-dire un message que la France envoie, celui d'armées puissantes qui sont capables d'entrer en premier dans un conflit, de combattre".

La France entend donc montrer ses muscles avec des avions qui voleront au-dessus des Champs-Elysées avec des maquettes d'armements sous les ailes, une première pour un 14-Juillet, ou encore des hélicoptères qui défileront "au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille", explique-t-on à l'Elysée, qui entend montrer "une armée modernisée prête au combat".

Au cours du défilé seront également mis à l'honneur les militaires français déployés sur le flanc Est de l'Europe, notamment en Estonie et en Roumanie, ainsi que la Marine nationale qui célèbre ses 400 ans.


14 juillet : dans un Golfe en transformation, la France mise sur des partenariats de long terme

De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
De gauche à droite : Sheikh Faisal Al Rawas, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Oman ; Emmanuel Macron, président de la République française ; Gérard Wolf, MEDEF International ; et Lionel Rabin, président du Conseil d'affaires conjoint Oman-France. (Fournie)
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  • Les pays du Golfe redéfinissent leurs partenariats autour de la sécurité, de l’innovation et de la création de valeur à long terme, au-delà des seuls échanges commerciaux
  • La France, grâce à son ancrage historique et à une coopération diversifiée, reste un partenaire stratégique pour des pays comme Oman et les Émirats arabes unis

DUBAÏ: Le 14 juillet ne se limite pas à la célébration de l’histoire et des valeurs françaises. Il offre aussi un regard sur la place de la France auprès de ses partenaires internationaux. Dans le Golfe, où les équilibres économiques et géopolitiques évoluent rapidement, les attentes en matière de coopération changent. Les États de la région ne recherchent plus uniquement des fournisseurs ou des investisseurs, mais des partenaires capables de s’inscrire dans la durée.

Sécurité, diversification économique, innovation technologique, souveraineté industrielle et développement des compétences sont désormais au cœur des relations entre les pays du Golfe et leurs partenaires internationaux. Dans un environnement régional en mutation rapide, les questions de défense et de sécurité sont de plus en plus liées aux enjeux économiques.

La relation entre la France et Oman illustre cette évolution. Pour Lionel Rabin, fondateur et Managing Director de Haltiqa – Bridging Energies et président du Oman–France Joint Business Council, « la relation avec la France illustre ce qui définit aujourd’hui un partenariat stratégique de long terme : la confiance, la continuité et la capacité à contribuer concrètement aux priorités nationales ».

Selon lui, la coopération franco-omanaise s’est progressivement étendue « à la défense, à l’énergie, à la logistique, aux infrastructures, à l’industrie, aux technologies et à l’intelligence artificielle », avec l’objectif de transformer le dialogue politique en projets économiques concrets.

Cette évolution concerne également les Émirats arabes unis, où la relation avec la France s’est renforcée autour de secteurs stratégiques. Agnès Lopez Cruz, directrice de la CCI France-Émirats, souligne que ce partenariat repose sur « la qualité et la continuité du dialogue », mais aussi sur une coopération élargie à « l’énergie, l’innovation, les technologies de pointe et, de plus en plus, l’intelligence artificielle ».

Face aux incertitudes régionales et à la volonté des pays du Golfe de diversifier leurs économies, la France conserve plusieurs atouts : une présence historique, un dialogue stratégique établi et une coopération qui dépasse désormais les secteurs traditionnels.

À l’occasion du 14 juillet, l’enjeu est donc moins de dresser le bilan d’une relation historique que d’observer sa transformation. Dans un Golfe qui cherche à construire de nouveaux équilibres, les partenariats se mesurent désormais à leur capacité à accompagner les ambitions nationales sur le long terme.


Iran: pas de levée de sanctions «tant que» Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région. (AFP)
  • "Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques"
  • Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères a assuré lundi qu'il n'y aurait "aucune levée de sanctions" européennes contre l'Iran tant que Téhéran n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et ses actions déstabilisatrices dans la région.

"Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe", a déclaré Jean-Noël Barrot sur BFM TV/RMC.

"Et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le regain de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, le ministre français s'est refusé à dire que la guerre avait repris.

"Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien", a-t-il dit.

Il a de nouveau appelé toutes les parties à revenir "au protocole de négociation qui a été fixé par cet accord parce que (...) elles n'ont aucun intérêt à l'escalade".

Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran, Téhéran ripostant lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, des frappes d'une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.