Regain de tension au Sahara occidental: les dessous de la riposte marocaine

Saisissant un contexte diplomatique favorable, le Maroc prend une initiative stratégique: Le 14 novembre 2020, l’armée marocaine mène une opération au point de passage de Guerguerat, qui est une zone tampon et inhabitée à la frontière Sud du Maroc, pour mettre fin à ce que les milices affiliées au Polisario faisaient (depuis le 21 octobre) pour empêcher les personnes et les véhicules chargées de marchandises (surtout les produits maraîchers exportés vers Nouakchott) de circuler librement. (AFP).
Saisissant un contexte diplomatique favorable, le Maroc prend une initiative stratégique: Le 14 novembre 2020, l’armée marocaine mène une opération au point de passage de Guerguerat, qui est une zone tampon et inhabitée à la frontière Sud du Maroc, pour mettre fin à ce que les milices affiliées au Polisario faisaient (depuis le 21 octobre) pour empêcher les personnes et les véhicules chargées de marchandises (surtout les produits maraîchers exportés vers Nouakchott) de circuler librement. (AFP).
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Publié le Jeudi 26 novembre 2020

Regain de tension au Sahara occidental: les dessous de la riposte marocaine

  • Saisissant un contexte diplomatique favorable, le Maroc prend une initiative stratégique: Le 14 novembre 2020, l’armée marocaine mène une opération au point de passage de Guerguerat
  • Face au dynamisme marocain profitant d’une future opportunité pour intervenir, l’Algérie, parrain historique du Front Polisario, semblait immobilisée par la maladie de son président

PARIS: Le conflit du Sahara occidental opposant le Maroc au Front Polisario (soutenu par l’Algérie), l’un des conflits régionaux les plus anciens et les plus tenaces (dès le milieu des années 1970), vient de connaître une flambée de violence après trente ans d’observation à peu près d’un accord de cessez-le-feu. À la suite d’une initiative marocaine ripostant aux agissements du Polisario sur la route reliant le Maroc à la Mauritanie, la crainte d’une recrudescence du conflit s’accentue par le risque de son extension en guerre régionale. Plus grave encore, l’environnement géopolitique instable traversé par les guerres libyennes et le foyer terroriste dans le Sahel, serait pleinement fragilisé par cette tension en l’absence de l’efficacité de l’action de l’Organisation des nations unies (ONU) et de faiblesses d’une diplomatie européenne qui tâtonne à l’encontre de ce conflit chronique.

Saisissant un contexte diplomatique favorable, le Maroc prend une initiative stratégique: Le 14 novembre 2020, l’armée marocaine mène une opération au point de passage de Guerguerat, qui est une zone tampon et inhabitée à la frontière Sud du Maroc, pour mettre fin à ce que les milices affiliées au Polisario faisaient (depuis le 21 octobre) pour empêcher les personnes et les véhicules chargées de marchandises (surtout les produits maraîchers exportés vers Nouakchott) de circuler librement. Aussitôt, le Premier ministre marocain, Saad Eddine el-Othmani, déclare que l'intervention des Forces armées royales dans la région du Guerguerat vient dans le but de «créer une ceinture pour sécuriser la route reliant le Maroc et la Mauritanie afin d’empêcher les milices séparatistes d'atteindre la route civile».

Pour justifier son action, le Maroc accuse le Polisario de violer depuis des années l'accord de cessez-le-feu de 1991 dans cette zone tampon. De son côté, le Front Polisario a interprété cette intervention comme une rupture du cessez-le-feu en décrétant «l’état de guerre». Rappelons que Guerguerat est une zone tampon dans laquelle une force de maintien de la paix des Nations unies effectue des patrouilles régulières. Par le passé, elle a été témoin de tensions entre le «Polisario» et le Maroc, notamment au début de 2017. Depuis, le Front Polisario proteste contre le trafic de transit à travers ce point vers le Maroc, tandis que la partie marocaine considère que la traversée est vitale pour les échanges commerciaux avec l'Afrique subsaharienne.

Juste avant l’opération militaire marocaine, le roi Mohammed VI a échangé des messages avec les Nations unies, la France, les États-Unis, la Mauritanie et d'autres pays «concernés par le dossier», pour les informer du processus visant à «mettre fin à l'obstruction» aux mouvements au passage de la frontière. La démarche marocaine se réfère à un appel de détresse lancé par environ deux cents chauffeurs routiers marocains à Rabat et à Nouakchott, dans lequel ils ont déclaré être bloqués au passage de Guerguerat, après que le «Polisario» les avait empêchés de traverser. En 2016, le goudronnage par la Gendarmerie royale – officiellement pour lutter contre la «contrebande» – de la piste traversant cette zone tampon de cinq kilomètres entre le mur de sable marocain et la frontière mauritanienne avait dû être interrompu à la suite de la mobilisation du Front Polisario.

L’impasse politique

À la fin d’octobre dernier, le Conseil de sécurité a prorogé d’une année le mandat de la Mission des nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), sachant que pendant des décennies, l’ONU a parrainé les efforts visant à trouver une solution politique pour mettre fin au conflit sur le Sahara occidental sans y parvenir.

Alors que la dernière résolution a appelé les parties en conflit à reprendre les négociations, bloquées depuis de nombreux mois, l’escalade sur le terrain prouve la persistance de l’impasse politique.

Selon l’expert Sadek Sellam basé à Paris, le recours de Rabat à l’action militaire et la rupture du statu quo interviennent quasi simultanément avec les décisions de plusieurs pays d’ouvrir des consulats dans la ville contestée et stratégique de Laâyoune (les Émirats arabes unis, la Jordanie) et au soutien franc du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à la marocanité du Sahara. D’autres sources n’excluent pas un lien entre l’acte marocain et un prochain accord de normalisation envisagé entre Rabat et Israël dans le sillage d’une dernière vague à la fin du mandat Trump. En effet, le rapprochement entre les États-Unis et le royaume chérifien, initié depuis l’arrivée de Donald Trump, est aussi un élément déterminant, et il est possible de faire un échange entre la reconnaissance d’Israël par le Maroc, et la reconnaissance par Israël de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Ces développements prouvent l’influence tentaculaire du royaume chérifien. D’après Khadija Moshen-Finan, spécialiste du Maghreb: «Le Maroc use exceptionnellement de l’action militaire car le roi Mohammed VI mise tout d’abord sur la diplomatie». Ainsi, en engrangeant les soutiens en faveur de la «marocanité» du Sahara occidental, le souverain chérifien persiste dans la stratégie qu’il a décidée d’employer pour gagner ce conflit, et cela depuis le cessez-le-feu de 1991. Concrètement, le rapport des forces diplomatiques n’a cessé ces dernières années de peser en faveur de Rabat et surtout de la part des Européens qui comptent sur lui pour verrouiller les flux migratoires et les aider dans la lutte antiterroriste. De plus, l’analyste tunisien Khalifa Chater classe l’action marocaine comme un acte préventif avant l’installation de l’administration Biden.

La réaction algérienne et les manœuvres régionales et internationales

En plus de ses gains diplomatiques, le Maroc détient l’un des arsenaux militaires les plus importants d’Afrique. Il considère la stabilité future de son environnement comme une priorité stratégique. L’opération marocaine provoque un bouleversement de la donne géopolitique dans ce triangle Maroc-Algérie-Mauritanie, et révèle au grand jour les risques de l’impuissance d’une communauté internationale sur le dossier du Sahara occidental

Face au dynamisme marocain profitant d’une future opportunité pour intervenir, l’Algérie, parrain historique du Front Polisario, semblait immobilisée par la maladie de son président, Abdelmadjid Tebboune, hospitalisé en Allemagne depuis la fin d’octobre.

Mais l’armée algérienne (qui a émis des réserves à l’orientation de la direction politique de la déployer sur les terrains extérieurs), paraît très ferme par rapport au dossier sahraoui, et le traite comme un dossier interne. Parallèlement aux incidents de Guerguerat, des missiles balistiques sophistiqués Iskander auraient été utilisés par l'armée algérienne lors de manœuvres militaires. En réalité, il ne s'agissait pas simplement d'un défilé militaire de routine. Il visait plutôt à démontrer la disposition de l’Algérie à faire face à tout conflit armé dans l'espace occidental de l'Afrique du Nord.

Une fois de plus, le conflit sahraoui continue de peser sur l'Union du Maghreb arabe paralysée depuis de nombreuses années, ainsi que sur la Ligue arabe et l’Union africaine, qui n'ont joué aucun rôle concret et sérieux dans la résolution de la crise du Sahara. Plus grave encore, tout glissement du conflit porte le risque d’une guerre régionale menaçante. Pour remédier à une telle hypothèse, la France a aussitôt appelé à la cessation des hostilités et Bruxelles est allé dans le même sens. Paris, plutôt aligné sur Rabat sur cette question, craint que le Maroc ne profite de faiblesses conjoncturelles de l’Algérie pour imposer un nouveau rapport de forces portant les germes d’une future déstabilisation.

Toutefois, le spécialiste marocain Khaled Sheyat estime: «Le déclenchement de la guerre dans le champ étroit de Guerguerat ne sera pas stratégique, car il s'agit d'une arène ouverte et proche des frontières mauritaniennes, et donc il est difficile pour le Polisario de continuer les hostilités dans ce domaine étroit… Le Maroc ne veut pas entrer dans un vaste conflit militaire pour des considérations stratégiques, mais il doit élargir par des coups ciblés la sphère d'influence pour faire rétrécir la zone du Polisario vers Tindouf et l'Algérie tout en évitant la guerre directe avec l’Algérie.»

Sur le plan des réactions internationales, l'élargissement du conflit est un sujet de préoccupation pour les pays européens et l’ONU, considérant qu'il conduit à la déstabilisation de la région et au renforcement ainsi qu’à l’extension des mouvements terroristes du nord du Mali à la région, ce qui menace la stabilité et les intérêts de beaucoup d’acteurs concernés.

Dans tous les cas, le Maroc se montre déterminé à gagner cette séquence diplomatique et consolider ce gain militaire pour améliorer les opportunités de développement, d'investissement et d'ouverture à l’Afrique. Pour cela, les frontières protégées avec la Mauritanie sont la garantie pour se déployer dans son domaine vital africain.


Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
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  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.