«Servir à quelque chose»: le bénévolat en quête de renouveau

Selon les dernières données disponibles de l'Insee, il y avait en 2018 1,3 million d'associations et 21 millions de "participations" bénévoles, un même bénévole pouvant agir au sein de plusieurs associations. (AFP)
Selon les dernières données disponibles de l'Insee, il y avait en 2018 1,3 million d'associations et 21 millions de "participations" bénévoles, un même bénévole pouvant agir au sein de plusieurs associations. (AFP)
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Publié le Dimanche 05 mars 2023

«Servir à quelque chose»: le bénévolat en quête de renouveau

  • Une étude de l'Ifop pointe en effet la baisse continue de ceux qui «donnent du temps chaque semaine aux associations». Ceux-ci «représentaient 44% des bénévoles en 2019 et 40% en 2023»
  • L'enquête montre «un net désengagement des seniors» déjà sensible avant la crise sanitaire. Les 65 ans et plus étaient près de 40% à être bénévoles en 2010, 31% en 2019 et désormais 25%

PARIS: "Colonne vertébrale" du corps associatif, les bénévoles les plus investis sont toujours aussi motivés mais moins nombreux qu'avant la crise sanitaire, une évolution qui inquiète même si de nouveaux profils, plus jeunes, émergent.

A 65 ans, Jocelyne Allard a toujours baigné dans le milieu associatif. Que ce soit pendant sa vie professionnelle, où cette habitante d'Argentan (Orne) enseignait la danse et la gym aux enfants, adultes et personnes âgées.

Désormais à la retraite, elle est engagée auprès des demandeurs d'asile au sein de la Cimade et de l'association Les mots du bout du monde, qui dispense des cours de français. Cette passionnée de lettres anime également des séances de jeu dans un club de Scrabble de sa ville. Pour elle, il est important de "rester dans l'action quand on est en retraite: je ne me verrais pas regarder la télé toute la journée".

Ce portrait rapidement brossé correspond à celui du bénévole-type qui constitue la "colonne vertébrale des associations", aujourd'hui cependant "en danger", relève le réseau d'experts associatifs Recherches & Solidarités.

Une étude de l'Ifop publiée le 2 mars pointe en effet la baisse continue de ceux qui "donnent du temps chaque semaine aux associations". Ceux-ci "représentaient 44% des bénévoles en 2019 et 40% en 2023". Un énième effet secondaire de la pandémie?

Pas si sûr même si le covid semble avoir indéniablement accéléré la tendance. L'enquête montre "un net désengagement des seniors" déjà sensible avant la crise sanitaire. Les 65 ans et plus étaient près de 40% à être bénévoles en 2010, 31% en 2019 et désormais 25%.

Selon les dernières données disponibles de l'Insee, il y avait en 2018 1,3 million d'associations et 21 millions de "participations" bénévoles, un même bénévole pouvant agir au sein de plusieurs associations.

Présidente de la plateforme de mise en relation Tous bénévoles, Isabelle Persoz décrit une "génération pivot qui, parfois, n'est pas encore partie à la retraite et porte tout sur ses épaules, très engagée notamment auprès de sa famille. Ce n'est pas qu'ils s'engagent moins mais ils ont moins le temps".

Le sociologue Roger Sue du CNRS est "frappé par la polarisation dans la vie associative entre ceux qui s'investissent beaucoup mais ne sont pas très nombreux" et le reste des bénévoles alors même qu'on est "face à une muraille de besoins sociaux considérables".

Plus de jeunes 

Selon lui, "on ne s'en tirera pas avec moins de bénévoles" mais avec "une mobilisation de la société civile beaucoup plus large". L'étude Ifop confirme néanmoins "deux très bonnes nouvelles" à ses yeux: "la parité s'est installée au sein du milieu associatif et les jeunes veulent s'engager".

C'est une jeune génération "altruiste, qui veut être dans le concret", rebondit Isabelle Persoz.

Prix du jeune bénévole 2022, Iris Mogenier, une lycéenne de 16 ans de Sens (Yonne), est bénévole depuis ses 11 ans. "C'est né d'un besoin de servir concrètement à quelque chose", témoigne-t-elle.

D'abord dans une association collectant et recyclant les bouchons en plastique. S'ajoute depuis le confinement, un investissement au sein d'un service d'appel aux personnes âgées isolées. Elle est aussi équipière secouriste à la Croix-Rouge de Sens dont elle est le porte-drapeau. Elle y assure également l'accueil de la permanence d'aide alimentaire. Enfin, dans le cadre du SNU (service national universel), Iris aide des collégiens à faire leurs devoirs.

L'élève de terminale, qui veut travailler... dans l'humanitaire, assure se ménager des moments pour souffler: "Je veille à mon équilibre. Je ne veux pas que le bénévolat devienne une contrainte".

Aujourd'hui, la tranche d'âge la plus représentée au sein des associations sont les moins de 35 ans (31% en 2023, contre 26% en 2019), qui ont détrôné les 65 ans et plus.


Le Premier ministre français à Rabat pour consolider le partenariat avec le Maroc

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • Lecornu à Rabat pour renforcer le partenariat stratégique France-Maroc avec des accords dans l’économie, la sécurité et la défense
  • Le rapprochement franco-marocain se poursuit après le soutien français à la position de Rabat sur le Sahara occidental

RABAT: Le Premier ministre français Sébastien Lecornu est arrivé mercredi soir à Rabat, accueilli par son homologue marocain Aziz Akhannouch, pour une visite visant à approfondir le rapprochement entre la France et le Maroc avant une possible visite du roi Mohammed VI à Paris.

Accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et de l'Intérieur, Laurent Nuñez, M. Lecornu a été accueilli à l'aéroport avec les honneurs militaires vers 22H00 (21H00 GMT) par le Premier ministre marocain et plusieurs membres de son gouvernement.

Le chef du gouvernement français arrivait du Qatar où il est allé présenter les condoléances de la France après la mort de l'ancien émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. M. Akhannouch s'est lui aussi rendu à Doha pour présenter celles du Maroc.

Les relations franco-marocaines sont au beau fixe depuis qu'Emmanuel Macron a reconnu, à l'été 2024, la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental, suscitant la colère d'Alger.

Le président français avait ensuite été reçu en grande pompe à Rabat en octobre de la même année, mettant un terme à trois années de tensions. Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un "partenariat renforcé d'exception".

Dans un message à Emmanuel Macron à l'occasion du 14-Juillet, fête nationale française, le roi du Maroc a salué la "consolidation" des "relations privilégiées" entre les deux pays, selon l'agence officielle marocaine MAP.

Ce partenariat pourrait déboucher sur une visite de Mohammed VI en France, dont le principe a été acté, mais pas la date.

Les deux chefs de gouvernement démarreront la visite jeudi au mausolée royal, avant un entretien bilatéral pendant lequel chaque ministre rencontrera son homologue.

Ils présideront ensuite une 15e "rencontre de haut niveau" entre leurs délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019. Avec à la clef la signature d'une quinzaine d'accords dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de la défense, selon une source diplomatique.

Ils concerneront notamment l'aviation civile, la création d’une ligne de Réseau express régional (RER) à Rabat, un partenariat dans l'eau ainsi qu'un projet d'interconnexion électrique entre les deux pays, selon la même source.

Dans la défense, Paris et Rabat étudient des partenariats dans l'armement. Et en matière culturelle, les deux pays devraient signer une "convention de partenariat stratégique" entre l'Institut du monde arabe à Paris et le ministère marocain de la Culture.

Le Maroc est devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, Paris ne cherchant plus à préserver à tout prix un équilibre avec Alger.

Sur l'épineux dossier sécuritaire au Sahel, Paris semble vouloir s'appuyer désormais davantage sur son partenaire marocain alors qu'Alger reste avare de renseignements, malgré la reprise de la coopération franco-algérienne.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.