Quand Angelin Preljocaj chorégraphie en direct sa vision du Lac des Cygnes

Le chorégraphe français Angelin Preljocaj au théâtre de l’Archevêché, Aix en Provence, avant la répétition publique de son prochain ballet sur la musique du Lac des Cygnes de Tchaïkovski (Clément MAHOUDEAU/AFP)
Le chorégraphe français Angelin Preljocaj au théâtre de l’Archevêché, Aix en Provence, avant la répétition publique de son prochain ballet sur la musique du Lac des Cygnes de Tchaïkovski (Clément MAHOUDEAU/AFP)
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Publié le Samedi 25 juillet 2020

Quand Angelin Preljocaj chorégraphie en direct sa vision du Lac des Cygnes

  • Comme une façon de "montrer qu'on est encore vivants", le chorégraphe Angelin Preljocaj invite exceptionnellement son public à assister à son processus de création
  • De son futur "Lac des cygnes", ballet ultra-classique, il veut créer une fable écologique.

AIX-EN-PROVENCE : "Notre ADN, ce n'est pas la danse numérique. Notre ADN, c'est le spectacle vivant. Donc on essaie de montrer qu'on est encore vivants. Que le public est vivant. Je crois que tout le monde a envie de se retrouver", explique-t-il. Avec le confinement, il a pris un mois et demi de retard sur la création de ce tube des ballets dont lui-même reconnaît qu'il est "une sorte d'Everest du chorégraphe".

Mais finalement, cela tombe bien car c'est le "spectacle anti-confinement par excellence" : populaire, avec du monde sur scène. Ici, 27 danseurs. Sa vision ? En faire une ode à la préservation, car "si on réfléchit très très simplement, le lac, c'est de l'eau. Une ressource naturelle nécessaire à la survie des espèces. Les animaux, il y a des espèces qui sont en voie d'extinction. Et puis, il y a le territoire autour du lac qui pourrait presque être une Zad, une Zone à défendre". Sur la scène en plein air du théâtre de l'Archevêché à Aix-en-Provence, le chorégraphe arrive en chaussettes, jogging, tee-shirt blanc. Sa troupe est en short et débardeur. Pas de tutu, de paillettes ni de faste pour l'instant. Juste un travail aride sur "la syntaxe du corps". Il montre des pas. Ses danseurs s'exécutent avec une rapidité et une mémoire stupéfiantes. Sans musique ni costume, le regard change et le public perçoit les bruits secs des corps qui tombent à terre. Il mesure la performance physique. Ils ne se parlent presque pas, à part pour reprendre le rythme ensemble sur des "1.2.3; 2.2.3; 3.2.3; ...". Connu pour son écriture chorégraphique millimétrée, il présente Dany Lévêque, la choréologue assise dans un coin. Elle note les mouvements sur des partitions jusqu'à des détails comme la direction des yeux ou la position des doigts. 

Une place pour l'improvisation

Les danseuses et les danseurs "sont très, très présents. Ils m'aident, me confirment des choses. Ils sont très, très inspirants pour moi", confie-t-il. Ils se parlent d'un regard, d'un geste. Au bout d'une heure arrive enfin la musique de Tchaïkovski et tout devient plus léger. Ce qu'il recherche : "une sorte d'évidence. Quand ce qu'on voit, c'est ce qu'on entend" et vice-versa. Cette séquence de l'Acte 3 prend forme, les gestes deviennent plus amples, plus naturels. Dans les gradins, parsemés et masqués, beaucoup se demandent : improvise-t-il ou avait-il préparé ce bout de chorégraphie à l'avance ? "Il y a une sorte d'idée de la dramaturgie que j'ai maturé pendant le confinement. C'est une ligne directrice. Je sais ce que je veux dire en substance, mais pas en matière. Quand je suis arrivé tout à l'heure, la matière n'existait pas, même dans mes rêves", répond-il à un spectateur. Pour Grégory Ramsay, venu avec son épouse ce soir, "c'est une réelle surprise que rien n'ait été préparé à l'avance". Il a beaucoup apprécié cette immersion artistique, "le management vigilant et bienveillant" du chorégraphe vis-à-vis de ses danseurs.

Angelin Preljocaj souhaitait symboliser, le temps de quatre soirées (deux autres dates sont prévues les 28 et 30 juillet), l'idée que sa troupe et son public avancent ensemble. Surtout dans un moment où le Ballet Preljocaj, basé au Pavillon noir, à Aix-en-Provence, traverse comme toutes les compagnies une passe difficile : le manque à gagner est estimé à 1,5 million d'euros entre mars et septembre, sur un budget annuel de 7 millions. A la tête d'une équipe de 60 personnes, l'artiste mesure sa responsabilité. "On est une compagnie qui marche avec 45% de recettes propres. Ça veut dire que si 45% disparaissent, je dois licencier 45% des danseurs, des administratifs, des techniciens. Donc, c'est vraiment énorme". Il espère que cette nouvelle création permettra de renflouer les caisses lors d'une tournée qui doit débuter à La Comédie de Clermont-Ferrand en octobre, avant le Grand Théâtre d'Aix-en-Provence, Chaillot ou même la Russie ou l'Autriche.


AL-Ittihad signe un contrat de quatre ans avec le milieu de terrain algérien Houssem Aouar

Kareem Benzema accueille Houssem Aouar au camp d'entraînement d'Al-Ittihad à Alicante, en Espagne. (X/@ittihad_fr)
Kareem Benzema accueille Houssem Aouar au camp d'entraînement d'Al-Ittihad à Alicante, en Espagne. (X/@ittihad_fr)
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  • Aouar rejoint la Roma, où il a marqué quatre buts en 16 apparitions la saison dernière.
  • Le milieu de terrain jouait auparavant à Lyon, le club de sa ville natale, en Ligue 1 française, où il a inscrit 30 buts en sept saisons.

JEDDAH : Al-Ittihad a signé un contrat de quatre ans avec le milieu de terrain international algérien d'origine française Houssem Aouar.
Aouar arrive de la Roma, où il a marqué quatre buts en 16 apparitions la saison dernière.

Le milieu de terrain, âgé de 26 ans, jouait auparavant à Lyon, le club de sa ville natale, en Ligue 1 française, où il a inscrit 30 buts en sept saisons.

La cérémonie de signature a eu lieu mardi au camp d'entraînement de l'équipe à Alicante, en Espagne.

L'événement a été présidé par le directeur général du club, Domingos Oliveira, et assisté par le directeur sportif Ramon Planes, suite à la visite médicale passée avec succès par Aouar ce matin.

Domingos Oliveira a souhaité la bienvenue à Aouar, notant que ce transfert marque un nouveau chapitre important dans la carrière d'Aouar. Il a souligné qu'Aouar contribuera de manière significative, aux côtés de ses coéquipiers, à atteindre les normes élevées et les résultats attendus par les fans et les supporters du club.

Oliveira a souligné que la signature d'Aouar correspond aux exigences techniques de l'équipe pour un joueur possédant des qualités spécifiques qui renforcent l'équipe. Cette stratégie est basée sur les besoins techniques identifiés par la commission sportive et examinés par l'entraîneur.

Houssem Aouar a fait part de son enthousiasme à l'idée de rejoindre le club Al-Ittihad, reconnaissant sa riche histoire, sa base de supporters passionnés, ses joueurs distingués et son équipe d'entraîneurs expérimentés. Il est motivé pour donner le meilleur de lui-même afin de représenter le club et d'apporter de la joie à ses supporters.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


La Semaine de la mode de Dubaï annonce son programme préliminaire pour le printemps/été 2025

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  • Prévue avant la semaine de la mode de New York, la DFW se tiendra cette année du 1er au 7 septembre au Dubai Design District (d3).
  • Ce programme élargit le champ d'action des acheteurs et leur permet de découvrir des talents grâce à la DFW et à l'écosystème dynamique de la mode à Dubaï.

DUBAI : Les maisons de mode mondiales et régionales  devraient lancer les plus grandes tendances de la saison printemps/été 2025 lors de la Semaine de la mode de Dubaï ont été annoncées.

Prévue avant la semaine de la mode de New York, la DFW se tiendra cette année du 1er au 7 septembre au Dubai Design District (d3).

Cofondée par le d3 et le Conseil arabe de la mode, la DFW réunira plus de 30 marques de France, d'Inde, d'Indonésie, d'Italie, du Koweït, du Liban, de Libye, de Malaisie, de Palestine, de Russie, des Émirats arabes unis et du Royaume-Uni, qui présenteront des collections de streetwear et de haute couture aux côtés de stylistes invités de renommée internationale.

L'événement s'étend à toute la ville, avec 40 présentations sur invitation, des dîners privés et des lancements de collections organisés par des marques mondiales et des acteurs de l'industrie.

Les trois premiers jours du DFW seront consacrés aux collections de haute couture.

Un mannequin porte une création de la marque malaisienne Rizman Ruzaini lors de la Semaine de la mode de Dubaï. (Fournie)
Un mannequin porte une création de la marque malaisienne Rizman Ruzaini lors de la Semaine de la mode de Dubaï. (Fournie)

Les trois derniers jours seront consacrés aux collections de prêt-à-porter de créateurs renommés tels que Alia Bastamam, April & Alex, Benang Jarum, BLSSD, Dima Ayad, Born in Exile, Buttonscarves, Choice, Heaven Lights, Riva, Self Made, Viva Vox et Weinsanto, présentées et soutenues par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, l'instance dirigeante de la Semaine de la Mode de Paris.

Le dernier jour du calendrier sera consacré à des rendez-vous privés et à un marché d'acheteurs.

Pour la première fois, le programme des acheteurs internationaux est lancé, permettant aux détaillants du monde entier de bénéficier des avantages de DFW. Ce programme élargit le champ d'action des acheteurs et leur permet de découvrir des talents grâce à la DFW et à l'écosystème dynamique de la mode à Dubaï, renforçant ainsi la position de la ville en tant que capitale de facto de la mode dans la région.

Rappelant l'ensemble de Naomi Campbell lors du défilé de Rizman Ruzaini à l'occasion de la sortie de la DFW en octobre, la robe a été actualisée et simplifiée, avec une veste à capuchon incrustée de bijoux.
Rappelant l'ensemble de Naomi Campbell lors du défilé de Rizman Ruzaini à l'occasion de la sortie de la DFW en octobre, la robe a été actualisée et simplifiée, avec une veste à capuchon incrustée de bijoux. (Fournie)

« Dubaï est le cœur palpitant de la mode dans la région, et la Dubai Fashion Week diffuse son rythme dans le monde entier », a déclaré Khadija Al-Bastaki, vice-présidente senior de d3 - qui fait partie du groupe TECOM. « Les collections et les créateurs présentés sur notre podium injectent de la diversité dans le dialogue mondial sur la mode et démontrent le talent puissant qui émerge dans notre région.

« La DFW a dévoilé d'incroyables opportunités, partenariats et réseaux mondiaux aux créateurs et acheteurs participants, et nous sommes impatients de repousser les limites avec cette nouvelle édition qui comprend une nouvelle plateforme d'acheteurs, un lieu plus vaste, davantage d'événements et un programme étendu de créateurs.

« La Semaine de la mode de Dubaï relèvera une fois de plus la barre de l'excellence en matière de mode et consolidera la place de Dubaï parmi les capitales mondiales de la mode », a déclaré M. Al-Bastaki. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 

 

 

 


Des coupoles, on en voit en Orient comme en Occident et Paris n’en manque pas

Cette photographie prise à Paris le 1er novembre 2023 montre la coupole du Panthéon (G) et la coupole de l'hôtel des Invalides. (Photo MIGUEL MEDINA / AFP)
Cette photographie prise à Paris le 1er novembre 2023 montre la coupole du Panthéon (G) et la coupole de l'hôtel des Invalides. (Photo MIGUEL MEDINA / AFP)
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  • Comme pour un grand nombre de mots passés de l’arabe au français, les dictionnaires ont commencé par donner à « coupole » une origine italienne, espagnole, voire latine
  • C’est bien l’arabe القبَّة : al-qubba qui aura donné à la fois « coupole » et « alcôve ». En linguistique, on parle de doublet

PARIS: Comme pour un grand nombre de mots passés de l’arabe au français, les dictionnaires ont commencé par donner à « coupole » une origine italienne, espagnole, voire latine : comme dérivé de e l’italien cupola, lui-même emprunté au latin cupula : cuve. Selon le Trésor de la langue française (Tlf), qui ignore l’hypothèse arabe, l’italien cupola est attesté depuis 1348 comme terme d’architecture, et a été emprunté avec transposition de sens au bas-latin cupula, « petite cuve, tonnelet ».

Or, au mot alcôve, le même dictionnaire affirme que ce dernier, dérivé de l’espagnol alcoba, lui-même emprunté à l’arabe al-qubba, est « attesté depuis 1272 au sens de "coupole" (Alfonso X El Sabio, General Estoria, 1954) ». L’italien cupola n’aura donc été qu’un intermédiaire. Du reste, si cupola est le diminutif de cupa, comment ne pas faire de lien entre cupa et l’espagnol alcoba : il suffit d’ajouter à cupa l’article arabe al (comme dans « algèbre »).

En fait, au commencement, il y eut « alcôve ». Passé de la littérature romantique au roman policier, le mot a longtemps fait le lit de l’orientalisme. Avec le « roman de mœurs contemporaines » de Jules Rouquette : L’Alcôve et le confessionnal (éd. Dubois, 1887) et des "alcôves littéraires", où il était de bon ton de chuchoter, "de sa voix chaste des secrets d’alcôve " (Anatole France, Le Lys rouge), "tandis que l’argent des pièces de soie orientale chantait le plus haut, au fond de l’alcôve géante" (Emile Zola, Au Bonheur des dames).

C’est bien l’arabe القبَّة : al-qubba qui aura donné à la fois « coupole » et « alcôve ». En linguistique, on parle de doublet. Le deuxième mot, on le voit, a gardé l’article arabe « al ». À partir du XIVe siècle, le mot désigne une « petite pièce intime ».

Passé à l’espagnol alcoba en 1202, au sens de « endroit où l’on fait le pesage public », selon le Trésor de la langue française (TLF), puis, à partir de 1272, au sens de « coupole ». À partir du XVIe siècle, c’est un « coin réservé à un lit ou à un divan ». D’après le Dictionnaire des dictionnaires (Supplément 1895), « C’est Mme de Rambouillet qui, au retour d’un voyage en Espagne, aurait fait connaître ces réduits chez nous ».

La plus ancienne occurrence (1646), signalée par Tlf, figure dans une Epître à Mme de Motteville, de F. le Métel de Boisrobert : « Quoi ! Pourroit-elle, estant si bien en Cour, / Perdre avec nous un seul moment du jour, / Et nous chercher, apres s'estre trouvée / Dedans l’Alcove en la chambre privée ? ». 

Orthographié d’abord sans l’accent circonflexe : « Les lits d'Espagne sont sans rideaux, et ceux des deux alcoves étant ouverts… » (A. F. Prévost, Le philosophe anglais, p. 228*, éd. P. Vaillant, 1777), le mot a eu un temps le genre masculin, critiqué par Littré, au XVIIIe siècle, et même plus tôt, par Jean d’Aisy, dans Le génie de la langue française (éd. L. D’Houry, 1685, p. 267) : « Ce mot est féminin. Les italiens disent de même, una alcova. M. Miton le croit pourtant masculin. » 

Des coupoles, on en voit en Orient comme en Occident. Et Paris n’en manque pas. Il y a même une célèbre brasserie qui porte ce nom, comme l’écrit Simenon dans La tête d’un homme :

« Au carrefour Montparnasse, la vie battait son plein. Il était midi et demi. Malgré l’automne, les terrasses des quatre grands cafés qui s’alignent à proximité du boulevard Raspail regorgeaient de consommateurs parmi lesquels il y avait une proportion de quatre-vingts pour cent d’étrangers.

Maigret marcha jusqu’à la Coupole, avisa l’entrée du bar américain où il pénétra (…)

Et puis, il y a la belle coupole de l’Académie française… Et savez-vous comment on appelle les membres de l’Académie ? Des « Coupolés ». Ainsi, Amin Malouf est un « Coupolé », tout comme feue Assia Djebar fut une « Coupolée ». 

Bientôt, une nouvelle rubrique : « Le mot du mois »
Par Arab News en français -
Académie française: Amin Maalouf élu secrétaire perpétuel
Par El Watan -