Accident de trains en Grèce: l'opposition accuse le gouvernement de «fuir ses responsabilités»

Après neuf jours depuis la collision de trains ayant causé la mort de 57 personnes, une cérémonie religieuse a eu lieu à Tempé (centre), lieu de l'accident, en mémoire des victimes, dont beaucoup étaient des étudiants. (Photo, AFP)
Après neuf jours depuis la collision de trains ayant causé la mort de 57 personnes, une cérémonie religieuse a eu lieu à Tempé (centre), lieu de l'accident, en mémoire des victimes, dont beaucoup étaient des étudiants. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 11 mars 2023

Accident de trains en Grèce: l'opposition accuse le gouvernement de «fuir ses responsabilités»

  • L'accident a mis en lumière les problèmes chroniques des chemins de fer grecs
  • Les syndicats surtout communistes ont appelé dimanche à une nouvelle manifestation à Athènes

ATHÈNES: Le chef du principal parti d'opposition grecque Alexis Tsipras a accusé vendredi le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis de "fuir sa responsabilité" et de "dissimuler la vérité" dans l'accident de trains qui a fait 57 morts.

"Fuir sa responsabilité..., c'est une tentative de dissimuler la vérité", a indiqué l'ancien Premier ministre (2015-2019) de la gauche radicale Syriza, assurant que "l'ensemble de la société grecque exige la vérité et la justice".

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a promis jeudi "la transparence absolue" dans l'enquête sur cette collision survenue le 28 février à Tempé, à environ 350 km au nord d'Athènes.

Le chef du gouvernement, confronté à une vague de colère des Grecs depuis cette catastrophe, a assumé "la responsabilité" de cet accident, le pire survenu dans le pays.

Mais il a souligné que "tous" étaient "à blâmer", renvoyant ainsi la responsabilité sur les différents gouvernements des dernières années qui ont tardé à moderniser les systèmes de sécurité des chemins de fer.

"La tragédie nationale à Tempé (...) n'est pas une question de polémique entre les partis mais une question de confrontation collective de la société avec ceux qui tentent de dissimuler la vérité", a fustigé Alexis Tsipras.

L'accident est en partie dû à "une erreur humaine", comme l'a répété M. Mitsotakis. Le chef de la gare de Larissa, ville proche de l'accident, a ainsi été placé en détention provisoire. Trois autres employés des chemins de fer sont également poursuivis dans cette affaire.

Mais cet accident, qui a touché surtout des jeunes, a suscité des manifestations massives contre le gouvernement conservateur alors que se profilent avant juillet des élections générales.

Une nouvelle manifestation des élèves des écoles de musique a eu lieu vendredi sur la place Syntagma en bas du Parlement dans le centre d'Athènes à la mémoire des victimes du drame.

Vendredi soir, des inconnus ont jeté des pierres contre la façade de la société des chemins de fer grecs Hellenic Train à Athènes sans provoquer d'importants dégâts, selon une source policière.

Et dans le quartier contestataire d'Exarchia à Athènes Yanis Varoufakis, chef du parti de gauche MeRA25 et ancien ministre des Finances lors de la crise financière grecque (jan 2015-juil 2015) a été agressé et hospitalisé par précaution, selon la même source.

"La société est en deuil mais aussi en colère" et "perd sa confiance dans les institutions", a reconnu la présidente de la République, Katerina Sakellaropoulou, lors d'une rencontre avec le Premier ministre.

Le gouvernement a annoncé vendredi soir un train d'aides financières pour réconforter les familles de victimes qui bénéficieront également d'un effacement de leurs éventuelles dettes fiscales ou bancaires, selon des sources ministérielles.

Les syndicats surtout communistes ont appelé dimanche à une nouvelle manifestation à Athènes.

L'accident a mis en lumière les problèmes chroniques des chemins de fer grecs.

Des experts ont critiqué la scission de la société publique des trains (OSE) lors de la crise financière de la dernière décennie et la privatisation du secteur de transports, imposée alors par les créanciers de la Grèce (UE et FMI).


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".