Sous-marins australiens: accord en vue lors d'un sommet aux Etats-Unis

Le président américain Joe Biden (à droite) et le Premier ministre australien Anthony Albanese s'entretiennent lors du sommet des dirigeants de la Quadrilatérale à Kantei, à Tokyo, le 24 mai 2022. (AFP).
Le président américain Joe Biden (à droite) et le Premier ministre australien Anthony Albanese s'entretiennent lors du sommet des dirigeants de la Quadrilatérale à Kantei, à Tokyo, le 24 mai 2022. (AFP).
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Publié le Samedi 11 mars 2023

Sous-marins australiens: accord en vue lors d'un sommet aux Etats-Unis

  • Selon le journal britannique The Times, l'Australie devrait se procurer des sous-marins construits au Royaume-Uni plutôt qu'aux Etats-Unis
  • La conclusion de l'alliance AUKUS, avec pour corollaire l'annulation par Canberra du contrat d'acquisition de 12 sous-marins français, avait donné lieu à une crise diplomatique avec la France, qui avait crié à la «trahison»

WASHINGTON : Les dirigeants américain, britannique et australien se réunissent lundi en Californie où est attendu un accord sur les sous-marins qui a échappé à la France, une coopération sans précédent ayant la Chine en ligne de mire.

Joe Biden, Rishi Sunak et Anthony Albanese se rencontreront à San Diego, où se trouve l'une des plus importantes bases navales aux Etats-Unis, pour ce sommet tripartite de leur alliance sécuritaire dite "AUKUS".

Après 18 mois de délibérations, l'Australie devrait y dévoiler son projet d'acquisition de huit sous-marins à propulsion nucléaire, dans le cadre de ce que le Premier ministre australien a qualifié de "plus grand bond en avant" dans l'histoire du pays en matière de défense.

Depuis un an et demi, des discussions approfondies ont lieu en coulisses entre Washington, Canberra et Londres au sujet de l'obtention par l'Australie de technologies sensibles en matière de propulsion nucléaire.

L'Australie a exclu cependant de se doter d'armes nucléaires.

Le contrat relatif aux sous-marins représente des dizaines de milliards de dollars, mais les experts estiment que son importance va au-delà des emplois créés et des investissements promis.

Les sous-marins à propulsion nucléaire sont difficiles à détecter, peuvent parcourir de grandes distances pendant de longues périodes et peuvent embarquer des missiles de croisière sophistiqués.

Pékin a exprimé sa profonde opposition à ce projet, qu'il juge "dangereux" et destiné à acculer la Chine.

AUKUS est une alliance militaire tripartite formée par l'Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis qui vise à partager des technologies militaires et autres avancées.

Mais, relève Charles Edel du Center for Strategic and International Studies à Washington, "si chaque pays a un raisonnement légèrement différent sur l'AUKUS, cela se résume en gros à la Chine" au vu de "la croissance exponentielle de sa puissance militaire et ses positions plus agressives cette dernière décennie".

L'alliance vise ainsi à réaffirmer la présence des trois pays dans la région stratégique de l'Asie-Pacifique, vaste zone allant des côtes est-africaines aux côtes ouest-américaines par où transite un part cruciale du commerce mondial et où la Chine accroît son influence.

Pékin, qui n'exclut pas le recours à la force pour réaliser sa réunification avec Taïwan, vient d'approuver une augmentation de 7,2% de son budget de la Défense pour 2023, soit l'augmentation la plus forte depuis 2019.

La France informée

Selon le journal britannique The Times, l'Australie devrait se procurer des sous-marins construits au Royaume-Uni plutôt qu'aux Etats-Unis.

La conclusion de l'alliance AUKUS, avec pour corollaire l'annulation par Canberra du contrat d'acquisition de 12 sous-marins français, avait donné lieu à une crise diplomatique avec la France, qui avait crié à la "trahison".

L'affaire est depuis retombée, non sans d'intenses séquences diplomatiques entre Paris, Washington, Londres et Canberra, dont une visite d'Etat du président français Emmanuel Macron aux Etats-Unis début décembre.

"Ce n'est plus notre affaire. C'est fini", a commenté une source française, selon qui les trois pays alliés tenaient Paris "informé" des décisions en cours et qui seront prises lors du sommet.

Outre la perte d'un important contrat d'armement valant des dizaines de milliards d'euros, la France avait été furieuse d'être mise devant le fait accompli par ses proches alliés.

Si Paris a désormais tourné la page, la France continue de penser qu'il s'est "agi d'une erreur" et elle sera "attentive" aux questions de non-prolifération nucléaire, selon la source française qui s'exprimait sous couvert d'anonymat.

Les contacts entre Paris et Washington ont en tout cas été nombreux puisque que le président Biden s'est entretenu mardi avec Emmanuel Macron et que le secrétaire d'Etat Antony Blinken a fait de même jeudi avec son homologue Catherine Colonna.

Fin janvier, les ministres français et australiens de la Défense et des Affaires étrangères s'étaient rencontrés à Paris.

Pour sa part, avant d'aller aux Etats-Unis, le Premier ministre britannique s'est rendu en France vendredi pour un sommet qui a scellé "un nouveau départ" et "une nouvelle ambition" dans les relations franco-britanniques, y compris dans la région de l'Asie-Pacifique.

La région "abrite la moitié de la population mondiale, 40% du PIB mondial et cela va encore augmenter de façon significative", a déclaré M. Sunak à des journalistes.

"Il est compréhensible qu'aussi bien les Français que nous-mêmes aient envie d'être des acteurs plus actifs dans la région", a-t-il ajouté, en parlant d'une coopération militaire entre les marines française et britannique dans l'Asie-Pacifique.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.