Réforme des retraites en France: trois scénarios pour une journée décisive

Des policiers affrontent des manifestants à Lyon, dans le centre-est de la France, lors d'une manifestation le 8e jour de grèves et de manifestations à travers le pays contre le projet de refonte des retraites proposé par le gouvernement le 15 mars 2023. (AFP)
Des policiers affrontent des manifestants à Lyon, dans le centre-est de la France, lors d'une manifestation le 8e jour de grèves et de manifestations à travers le pays contre le projet de refonte des retraites proposé par le gouvernement le 15 mars 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 16 mars 2023

Réforme des retraites en France: trois scénarios pour une journée décisive

  • Le Sénat français, dominé par la droite, devrait adopter sans encombre une seconde fois dans la matinée le très contesté projet de réforme
  • Puis ce sera au tour de l'Assemblée nationale de se prononcer dans l'après-midi, après un baroud d'honneur des oppositions via une motion de rejet préalable

PARIS: Aller au vote au risque d'un rejet de l'impopulaire réforme des retraites par le Parlement, ou dégainer une arme constitutionnelle vue comme un passage en force: le gouvernement français se trouve jeudi face à un choix cornélien.

Adoption définitive, la voie du salut de la Première ministre

Le Sénat français, dominé par la droite, devrait adopter sans encombre une seconde fois dans la matinée le très contesté projet de réforme, objet mercredi d'un accord lors d'une commission mixte entre élus des deux chambres du Parlement. Puis ce sera au tour de l'Assemblée nationale de se prononcer dans l'après-midi, après un baroud d'honneur des oppositions via une motion de rejet préalable.

Si la Première ministre Elisabeth Borne juge avoir une majorité certaine sur le texte, grâce aux voix de suffisamment de députés Les Républicains (LR, droite), elle demandera le vote. "On est raisonnablement allant", glisse une source gouvernementale, qui table sur l'effet d'entraînement du compromis trouvé entre la droite et les partisans d'Emmanuel Macron (centre).

Un feu vert de l'Assemblée vaudrait adoption définitive par le Parlement, ce qui validerait sa stratégie de compromis et la conforterait à son poste de cheffe du gouvernement.

La gauche prépare cependant un recours auprès du Conseil constitutionnel, ce qui retardera la promulgation du texte, même si le coeur de la réforme, le recul de l'âge légal de départ de 62 à 64 ans, ne devrait pas être modifié.

Les oppositions disposent d'autres cartouches comme le dépôt d'une motion de censure, ce qui aurait cependant peu de chances d'aboutir et pourrait apparaître comme une deuxième défaite.

Au forceps grâce à l'arme constitutionnelle

Si elle craint trop de défections chez les élus LR voire dans le camp présidentiel, ou une marge trop faible, la cheffe du gouvernement peut avec Emmanuel Macron décider de déclencher l'article 49.3 de la Constitution permettant d'adopter un texte sans vote au Parlement.

"Jusqu'au dernier moment il y aura une incertitude, et on verra quelle décision il faut prendre", selon une source gouvernementale. Afin d'autoriser ce 49.3, une réunion exceptionnelle du Conseil des ministres pourra se tenir juste avant la séance de 15H00 (14H00 GMT) à l'Assemblée.

Mme Borne a usé déjà à dix reprises du 49.3 à l'automne sur les budgets. Et ce serait la centième fois qu'un Premier ministre engage ainsi sa responsabilité sur un texte de loi depuis les débuts de la Ve République, établie en 1958.

Mais la procédure n'est pas sans danger. La cheffe du gouvernement s'exposerait à des motions de censure de l'alliance de gauche Nupes et du Rassemblement national (RN, extrême droite), qui pourraient être débattues durant le week-end ou en début de semaine prochaine. Leur rejet scellerait l'adoption définitive de la réforme.

Mais les votes risquent alors d'être serrés, certains élus de droite pouvant joindre leurs voix, voire signer une motion. "La Première ministre va sentir le vent du boulet", dit-on dans la majorité présidentielle, où l'on craint aussi que la capacité à mener des réformes à l'avenir soit grandement affaiblie. De plus, un recours au 49.3 risque de raviver la contestation dans la rue.

Le rejet, un désaveu

La gauche, l'extrême droite et certains élus LR le souhaitent ardemment: que le projet de réforme soit mis aux voix à l'Assemblée et qu'il soit retoqué. "Tout le monde veut un moment de vérité" dans la majorité mais "oui, on peut perdre", dit un cadre du parti présidentiel Renaissance (centre).

La claque serait sévère pour l'ensemble du camp d'Emmanuel Macron, et spécialement Elisabeth Borne, qui s'escrime depuis des mois à trouver les voies de passage pour cette promesse de campagne du président français.

En théorie, le projet de réforme pourrait être à nouveau transmis et examiné entre Assemblée et Sénat, en vue de nouveaux votes d'ici le 26 mars, date couperet. Mais ce n'est pas l'option la plus probable, et le texte pourrait plutôt être retravaillé avec les partenaires sociaux, voire abandonné.

La Première ministre remettrait-elle sa démission? Emmanuel Macron pourrait-il être tenté de dissoudre l'Assemblée, afin qu'une majorité claire se dégage? Une nouvelle phase s'ouvrirait, lourde d'incertitudes pour le pouvoir.


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
Short Url
  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Short Url
  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

Short Url
  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.