Le gouvernement américain menace d'interdire TikTok si l'appli reste aux mains d'un groupe chinois

TikTok a confirmé mercredi à l'AFP que le gouvernement américain avait recommandé la cession de l'application par son propriétaire, le groupe chinois ByteDance, alors que la pression monte aux Etats-Unis contre la populaire plateforme. (AFP)
TikTok a confirmé mercredi à l'AFP que le gouvernement américain avait recommandé la cession de l'application par son propriétaire, le groupe chinois ByteDance, alors que la pression monte aux Etats-Unis contre la populaire plateforme. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 mars 2023

Le gouvernement américain menace d'interdire TikTok si l'appli reste aux mains d'un groupe chinois

  • D'après le Wall Street Journal et d'autres quotidiens américains, la Maison Blanche a posé un ultimatum : si TikTok reste dans le giron de ByteDance, elle sera interdite aux Etats-Unis
  • L'application est perçue comme une menace pour la sécurité nationale par de nombreux élus occidentaux à cause de son appartenance à une société chinoise

SAN FRANCISCO: TikTok a confirmé mercredi à l'AFP que le gouvernement américain avait recommandé la cession de l'application par son propriétaire, le groupe chinois ByteDance, alors que la pression monte aux Etats-Unis contre la populaire plateforme.

D'après le Wall Street Journal et d'autres quotidiens américains, la Maison Blanche a posé un ultimatum : si TikTok reste dans le giron de ByteDance, elle sera interdite aux Etats-Unis.

L'application est perçue comme une menace pour la sécurité nationale par de nombreux élus occidentaux à cause de son appartenance à une société chinoise.

Aux Etats-Unis, La destruction en février d'un ballon chinois supposé espion a suscité un regain d'efforts au Congrès pour bannir le service de courtes vidéos divertissantes, accusé de donner accès à Pékin à des données d'utilisateurs du monde entier, ce qu'il a toujours nié.

La requête de la Maison blanche vient du CFIUS, une agence gouvernementale chargée d'évaluer les risques de tout investissement étranger pour la sécurité nationale américaine.

Le gouvernement et le Trésor ont refusé de commenter.

"Si l'objectif est de protéger la sécurité nationale, une cession ne résoud pas le problème: (le fait que l'application) change de propriétaire ne signifiera pas l'imposition de nouvelles restrictions sur la circulation des données ou l'accès à celles-ci", a réagi une porte-parole de TikTok, contactée par l'AFP.

"La meilleure façon de répondre aux inquiétudes concernant la sécurité nationale c'est d'utiliser les systèmes américains de protection des données des utilisateurs du pays, avec un contrôle solide et des vérifications par des tiers, ce que nous sommes déjà en train de mettre en place", a-t-elle ajouté.

La Chine ordonne aux Etats-Unis de cesser les «attaques injustifiées» contre TikTok

La Chine a exhorté jeudi les Etats-Unis à cesser les "attaques injustifiées" contre l'application TikTok, après une demande du gouvernement américain à sa maison mère chinoise de s'en séparer sous peine d'interdiction pour des raisons de sécurité nationale.

Washington "n'a jusqu'à présent pas fourni de preuves que TikTok menace la sécurité nationale des Etats-Unis", a réagi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, appelant à "cesser les attaques injustifiées" contre la populaire application.

«Au milieu du ring»

TikTok, qui fait de nombreux efforts pour rassurer les politiques et le public sur son intégrité, comptait sur le CFIUS pour trouver un compromis.

"La façon la plus rapide et la plus efficace de répondre à ces inquiétudes (...) est que le CFIUS adopte l'accord proposé sur lequel nous travaillons avec eux depuis plus de deux ans", avait affirmé un porte-parole de TikTok fin février.

Il réagissait à l'examen d'un projet de loi porté par les républicains, qui donnerait l'autorité au président Joe Biden de bannir complètement TikTok.

La Maison Blanche a déjà interdit aux fonctionnaires des institutions fédérales d'avoir l'appli sur leurs smartphones, en application d'une loi ratifiée début janvier. La Commission européenne et le gouvernement canadien ont récemment pris des décisions similaires pour les téléphones portables de leurs fonctionnaires.

L'entreprise stocke les données des utilisateurs américains sur des serveurs situés dans le pays. Elle a admis que des employés basés en Chine y avaient accès, mais dans un cadre strict et limité, et pas le gouvernement chinois.

A l'été 2020, l'ancien président Donald Trump avait signé plusieurs décrets pour tenter de bannir la plateforme ou de la faire racheter par une entreprise américaine.

"TikTok est en train de revivre la saga de 2019/2020", a souligné Dan Ives, de Wedbush.

"Avec les tensions qui empirent entre les Etats-Unis et la Chine, l'application se retrouve prise au piège, au milieu du ring", a ajouté l'analyste dans une note.

La popularité déjà considérable de la plateforme a explosé à la faveur de la pandémie, au-delà de son public originel, les adolescents.

L'appli compte plus de 100 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis. Elle a dépassé ces dernières années YouTube, Twitter, Instagram et Facebook en "temps passé" par les adultes américains sur chaque plateforme, et talonne désormais Netflix, d'après Insider Intelligence.

La puissante association américaine de défense des droits civiques ACLU s'est opposée aux projets de loi anti-TikTok au nom de la liberté d'expression.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.