Washington a plus à offrir au Sahel que Moscou, selon Blinken

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre nigérien des Affaires étrangères Hassoumi Massoudou au palais présidentiel à Niamey, Niger, le 16 mars 2023. (Photo, AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre nigérien des Affaires étrangères Hassoumi Massoudou au palais présidentiel à Niamey, Niger, le 16 mars 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 mars 2023

Washington a plus à offrir au Sahel que Moscou, selon Blinken

  • Blinken a reconnu que l'approche du tout militaire des Etats-Unis et de la France, ex-puissance coloniale dans cette région, n'était pas suffisante
  • L'administration Biden souhaite s'engager davantage en Afrique pour y contrer les influences croissantes, en particulier de la Russie

NIAMEY: Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a estimé dans un entretien à l'AFP que son pays était un meilleur partenaire que la Russie pour aider la région du Sahel à lutter contre la pauvreté et la violence djihadiste qui la ravagent.

Dans cet entretien accordé jeudi soir à Niamey, M. Blinken a reconnu que l'approche du tout militaire des Etats-Unis et de la France, ex-puissance coloniale dans cette région, n'était pas suffisante.

Selon lui, "il faut absolument avoir une approche holistique, globale, dans laquelle la sécurité est absolument nécessaire, mais ne suffit pas".

"Le fait que le Niger, qui est manifestement un des pays les plus pauvres au monde, soit si efficace, souligne selon moi l'importance de choisir cette approche globale", a-t-il déclaré.

A l'issue d'une rencontre jeudi avec le président nigérien Mohamed Bazoum, il a annoncé une nouvelle aide humanitaire aux pays du Sahel, dont le Niger, d'un montant de 150 millions de dollars, ce qui porte le total de cette aide à 233 millions de dollars pour 2023.

Il a également mis en avant le soutien de Washington à Niamey par le biais d'un programme de réinsertation de djihadistes repentis, d'un projet d'amélioration de l'irrigation et d'une agriculture résiliente au changement climatique dans ce pays aride.

Il a toutefois estimé qu'en plus de l'aide humanitaire et au développement, il fallait maintenir les liens sécuritaires avec le Niger où les Etats-Unis disposent dans le nord la Base aérienne 201 d'où partent des drones d'attaque et de surveillance des djihadistes.

La France compte encore de son côté un millier de soldats au Niger, après avoir été contrainte de retirer ses troupes du Mali et du Burkina Faso, pays dirigés par des militaires putschistes et également frappés par la violence djihadiste.

L'Union africaine s'est élevée contre la présence militaire étrangère sur le continent, y compris celle de la Chine, qui a installé sa première base à Djibouti.

"Ces partenariats que nous avons, nous ne les imposons à personne. Les pays choisissent d'être partenaire ou non", a affirmé Antony Blinken, interrogé sur la base américaine au Niger.

"Le travail que l'on peut faire pour combattre les groupes terroristes, les groupes extrémistes, bénéficieront aux autres à terme", a-t-il ajouté.

Wagner «une épidémie»

L'administration Biden souhaite s'engager davantage en Afrique pour y contrer les influences croissantes, en particulier de la Russie.

Le Mali, pays frontalier du Niger, s'est rapproché de ce pays et a rompu l'alliance militaire avec la France et ses partenaires dans la lutte antidjihadiste.

En février, il a été l'un des six pays à soutenir la Russie en votant contre une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU exhortant Moscou à se retirer d'Ukraine.

Les Occidentaux affirment que des mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner sont à Bamako, ce que le Mali nie, parlant d'instructeurs russes.

En décembre, le président ghanéen Nana Akufo Addo avait affirmé que Wagner se trouvait aussi au Burkina Faso, ce que Moscou et Ouagadougou ont nié.

"Partout où Wagner se rend, de mauvaises choses tendent à arriver", a affirmé Antony Bliken, qui n'a pas répondu directement à une question sur la présence du groupe au Burkina.

"Là où nous l'avons vu agir, il n'a pas renforcé la sécurité, au contraire, nous avons finalement vu les choses s'empirer, l'exploitation des ressources et la corruption. La violence que ce groupe engendre est une épidémie qui se répand parmi les populations et les pays qui ont choisi de travailler avec lui", selon lui.

Wagner, dirigé par l'homme d'affaires russe proche du Kremlin Evgueni Prigojine, a été accusé de dérives en Centrafrique, en Libye et plus récemment lors de la guerre en Ukraine.

Une haute responsable américaine voyageant avec M. Blinken a déclaré que l'implantation de Wagner dans des pays francophones n'était pas un hasard, la Russie ayant attisé des ressentiments post-coloniaux.

Or, selon M. Blinken, "le défi pour nous tous - nous, la France, nos partenaires - c’est de démontrer par le travail que nous faisons ensemble, que nous obtenons des résultats qui sont au profit du peuple, des citoyens, qui répondent à leurs désirs, à leurs aspirations".


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.