L'UE débloque 2 milliards d'euros pour fournir des obus à l'Ukraine

Des conteneurs d'obus de mortier empilés à Bakhmout, le 15 février 2023. (Photo, AFP)
Des conteneurs d'obus de mortier empilés à Bakhmout, le 15 février 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 20 mars 2023

L'UE débloque 2 milliards d'euros pour fournir des obus à l'Ukraine

  • «Nous devons aider l'Ukraine plus et plus vite, en accélérant les livraisons d'armes», avait insisté lundi la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna
  • Les forces ukrainiennes recevront des missiles pour leur défense antiaérienne. Les fournitures sont prévues d'ici au 31 mai

BRUXELLES: L'Union européenne va débloquer 2 milliards d'euros pour fournir un million d'obus dont l'Ukraine a désespérément besoin pour contrer l'offensive des troupes russes et réaliser des achats communs afin de reconstituer ses stocks.

"Nous avons le signal de départ pour des mesures concrètes", a annoncé lundi le ministre de la Défense allemand Boris Pistorius à Bruxelles. "Nous nous engageons dans une nouvelle voie pour des achats communs", a-t-il souligné, lors d'une réunion avec ses homologues de l'UE ainsi que les ministres des Affaire étrangères des 27 Etats membres.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, qui a participé en visioconférence, a salué cet accord. "Plus de munitions d'artillerie pour l'Ukraine aussi vite que possible. C'était l'objectif principal", a-t-il souligné sur Twitter. Cet effort de l'UE va "renforcer les capacités de l'Ukraine sur le champ de bataille", a-t-il commenté.

L'accord, qui sera encore soumis aux dirigeants des 27 lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement jeudi et vendredi, répond à un appel urgent lancé le 9 mars par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, car ses troupes limitent leur puissance de feu faute de munitions.

« Plus et plus vite » 

"Nous devons aider l'Ukraine plus et plus vite, en accélérant les livraisons d'armes", avait insisté lundi la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna à son arrivée pour la réunion au cours de laquelle a été finalisé l'accord.

"Nous sommes entrés dans la phase dangereuse de la guerre. Les Russes ont plus de 300 000 combattants massés pour une offensive et nous devons aider les forces ukrainiennes à résister", a expliqué un haut fonctionnaire européen.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a reçu lundi le président chinois Xi Jinping, a tenu la semaine dernière une réunion à Rostov-sur-le-Don (sud de la Russie), non loin de la frontière ukrainienne, avec le chef d'état-major de l'armée russe Valéri Guérassimov.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a demandé aux Etats membres de consacrer aux achats de munitions pour l'Ukraine les 2 milliards d'euros alloués en décembre à la Facilité européenne pour la paix, fond intergouvernemental utilisé depuis le début de la guerre pour les fournitures d'armes à l'Ukraine.

Un milliard d'euros sera utilisé pour rembourser aux Etats membres les munitions prélevées sur leurs stocks, au prix de 1 000 à 1 300 euros l'obus, a-t-on précisé. Un obus neuf vaut actuellement environ 4 000 euros et les prix montent.

Les forces ukrainiennes recevront également des missiles pour leur défense antiaérienne. Les fournitures sont prévues d'ici au 31 mai.

« Acheter européen » 

Un second milliard sera utilisé pour des achats communs de munitions de 155 mm destinées à l'Ukraine. Les contrats sont prévus en septembre, avec l'objectif de réduire à 6-8 mois les délais pour fournir et livrer.

Le troisième volet du plan de Josep Borrell vise à augmenter les capacités de production des entreprises d'armement européennes pour "reconstituer les stocks des pays de l'UE et continuer à approvisionner les forces ukrainiennes".

"L'idée c'est d'acheter européen", pas de refaire ses stocks en achetant à Israël ou aux Etats-Unis, a expliqué lundi le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, en visitant en France des usines des groupes d'armements Nexter (canons et obus) et MBDA (missiles).

"On a identifié 15 entreprises dans 11 pays. Je vais toutes aller les voir", a-t-il annoncé. "L'augmentation de la capacité industrielle est primordiale. Il faut passer en mode économie de guerre".

"Cette guerre a vocation à durer et les besoins des forces ukrainiennes sont très importants. L'UE doit se réarmer", a expliqué un diplomate européen.

L'aide militaire européenne à l'Ukraine est chiffrée à 12 milliards d'euros, dont 3,6 milliards via la Facilité européenne pour la paix financée à 63% par les contributions de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne. Un accord de principe est acquis pour allouer un nouveau financement de 3,5 milliards d'euros pour abonder la Facilité. "On y va", a assuré un diplomate européen.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.