«Cristal and Cords»: un concert envoûtant dans le cadre du Festival de la francophonie à Riyad

L’ambiance feutrée des lieux, la complicité des artistes, leur dextérité dans l’exécution de leurs gestes, les sons émis par l’orgue de cristal confèrent aux lieux une impression de magie spatiale (Photo, Hachem Abdellah).
L’ambiance feutrée des lieux, la complicité des artistes, leur dextérité dans l’exécution de leurs gestes, les sons émis par l’orgue de cristal confèrent aux lieux une impression de magie spatiale (Photo, Hachem Abdellah).
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Publié le Mercredi 22 mars 2023

«Cristal and Cords»: un concert envoûtant dans le cadre du Festival de la francophonie à Riyad

  • Karinn Helbert, Manuel Decocq, Fella et François se sont rencontrés pour la première fois en novembre 2022 pour des séances de répétition en vue de se préparer à ce concert
  • Calligraphe de lumière au talent et au charme naturels, Fella a réussi à mêler l’élégance des gestes à la beauté des mots calligraphiés

Riyad: L’ambassade de France en Arabie saoudite et l’Alliance française de Riyad ont organisé un concert, «Cristal and Cords», le 15 mars 2023, dans le cadre des activités du Festival de la francophonie.

Karinn Helbert, Manuel Decocq, Fella et François sont des musiciens comptant à leur palmarès plusieurs prix musicaux. Ils se sont rencontrés pour la première fois en novembre 2022 pour des séances de répétition en vue de se préparer à ce concert, mais la symbiose qui régnait entre ces trois artistes talentueux laissait croire le contraire.

L’ambiance feutrée des lieux, la complicité des artistes, leur dextérité dans l’exécution de leurs gestes, les sons émis par l’orgue de cristal confèrent aux lieux une impression de magie spatiale. L’agilité et la délicatesse des gestes exécutés par nos artistes nous transportaient dans un voyage musical à travers l’univers.

Karinn Helbert est compositrice et chercheuse en musique depuis vingt ans. Sa rencontre avec son instrument, le Cristal Baschet, la conduit aux confins de sons différents et surtout bien particuliers. La grâce et la force des sons provenant de ce clavier en cristal l’invitent à raconter des histoires, des paysages, des sensations, des émotions à travers la musique, tout en effleurant de ses doigts agiles les touches du clavier avec une extrême finesse et beauté.

«La partie qui donne son nom à cet instrument est son clavier”, composé de baguettes en cristal sur lesquelles on joue. Certaines sont noires pour pouvoir repérer les octaves. En face de chaque baguette se trouve une tige métallique de hauteur variable. C’est elle qui définit la note jouée: plus la tige est grande, plus la note est grave et inversement», explique Karinn Helbert à Arab News en français.

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La grâce et la force des sons provenant de ce clavier en cristal l’invitent à raconter des histoires, des paysages, des sensations, des émotions à travers la musique (Photo, Hachem Abdellah).

«Ces tiges plongent dans le cœur de l’instrument une poutre en métal très lourde, très dense, sur laquelle sont fixés de grands cônes, les diffuseurs projettent le son du Cristal Baschet. Sur le côté, on trouve les “moustaches” de l’instrument; ce sont en fait des cordes de piano qui servent à restituer les hautes fréquences du son de l’instrument», poursuit-elle.

«Ce que j’aime le plus dans cet instrument, c’est le fait d’utiliser le métal, le verre et l’eau pour créer de la musique. J'aime cette idée de complexité musicale et l’idée que quelque part, on joue sur les éléments basiques de l’univers», conclut l’artiste.

De son côté, Manuel Decocq a régalé le public en jouant habilement de la flûte. Les sons langoureux de son violon, parfois graves, parfois aigus, et la guitare, ont ajouté des vibrations sensationnelles qui ont envahi la salle, se mêlant merveilleusement bien aux sons métalliques du Cristal Baschet.

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Manuel Decocq a régalé le public en jouant habilement de la flûte (Photo, Hachem Abdellah).

Manuel Decocq a commencé le violon à l’âge de six ans. Sa musique est nomade et libre. Son univers musical dépasse les Balkans, la Méditerranée et même l’Afrique du Sud. Il a fait partie de plusieurs groupes progressistes en France et a animé pas moins de 500 concerts.

Quant à Fella Malou, calligraphe de lumière au talent et au charme naturels, elle a réussi à mêler l’élégance des gestes à la beauté des mots calligraphiés que certains pouvaient lire, alors que d’autres se contentaient d’admirer la finesse de l’écriture et la beauté des caractères qui se formaient progressivement sous leurs yeux, puis disparaissaient en laissant derrière eux de minuscules points brillants et lumineux.

«J’aime la calligraphie, j’aime la langue arabe, elle est riche, très poétique. Très souvent, j’essayais de reproduire des caractères sur le sable dont j’observais le changement, pour dire que rien n’est permanent, que le monde est en éternel changement», explique Fella à Arab News en français.   

EN BREF

Le light painting est une technique visuelle de prise de vue photographique fondée sur la captation de la lumière, peu importe sa forme et son intensité, sur un capteur optique ou numérique. Cela permet de fixer la lumière dans un état temporel et d’espace.

Toute cette magie, François ne cesse de la créer, de la réinventer, de concevoir des moyens pour capter la lumière et l’ombre. Il photographie, il peint, il crée des pinceaux de lumière pour suspendre le temps dans un cadre presque irréel.

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(Photo, Hachem Abdellah)

 


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com