Calme et discipline: à Paris, des clients mais pas la foule, pour la réouverture des magasins

Le nouveau protocole oblige les commerces à ne pas accueillir plus d'un client pour 8 mètres carrés de surface.(AFP)
Le nouveau protocole oblige les commerces à ne pas accueillir plus d'un client pour 8 mètres carrés de surface.(AFP)
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Publié le Samedi 28 novembre 2020

Calme et discipline: à Paris, des clients mais pas la foule, pour la réouverture des magasins

  • Au centre commercial Beaugrenelle samedi après-midi, dans le sud-ouest de Paris, Noël pointe, timidement, le bout de son nez dans les magasins
  • Pourtant, au fil de l'après-midi, la queue s'allonge devant Zara et les plus grosses enseignes. A l'entrée du H&M, derrière une guérite, Abdelkader Imekhlaf tient le décompte: quand un client sort, il clique puis en fait entrer un de plus dans le magasin

PARIS : Ils sont dix à pouvoir entrer. «Bon shopping et protégez-vous bien !» : avec la nouvelle jauge, les magasins les plus courus de cette première journée de réouverture voient les files d'attente s'allonger à leur porte.

Au centre commercial Beaugrenelle samedi après-midi, dans le sud-ouest de Paris, Noël pointe, timidement, le bout de son nez dans les magasins. 

Un tel samedi fin novembre «normalement, c'est full, le centre est bondé», note Jessica, 26 ans, vendeuse dans une boutique de montres, mais cet après-midi, «c'est vide, vide, vide», ajoute-t-elle, bras croisés avec sa collègue à attendre les clients.

Pourtant, au fil de l'après-midi, la queue s'allonge devant Zara et les plus grosses enseignes. A l'entrée du H&M, derrière une guérite, Abdelkader Imekhlaf tient le décompte: quand un client sort, il clique puis en fait entrer un de plus dans le magasin.

«J'ai besoin de six personnes», lance cet agent de sécurité à ceux qui font la queue - la jauge est fixée à 198. «Un, deux trois...», compte-t-il, en leur demandant d'avancer.

Le nouveau protocole oblige les commerces à ne pas accueillir plus d'un client pour 8 mètres carrés de surface.

Kevin Solere, le directeur adjoint du magasin, vient vérifier que le décompte manuel correspond au comptage automatique réalisé en parallèle. 

«L'an passé, il y avait plutôt plus de monde», estime-t-il, car le «Black Friday» avait eu lieu une semaine plus tôt - et ce samedi, les gens font du repérage en vue de cette opération promotionnelle, repoussée au vendredi 4 décembre.

Ces dernières semaines, les allées du centre commercial étaient désertes, les commerces considérés comme «non essentiels» étant fermés depuis la fin octobre en raison de la pandémie.

Mardi, Emmanuel Macron a annoncé leur réouverture à partir de samedi, première étape d'un déconfinement progressif.

«On va essayer de rattraper ce qu'il est possible de rattraper», explique Sandro Douze, vendeur chez Aigle, mais »on va pas faire notre objectif du jour», estime-t-il, en pointant du doigt la file qui grossit en face, pour la Fnac.

Une femme en sort, elle n'a pas trouvé le jeu vidéo qu'elle cherchait pour Noël et veut s'enfuir au plus vite. «Il y a beaucoup trop de monde pour moi!», regrette-t-elle. «Normalement on est quand même en confinement, et regardez, on voit des gens qui se posent, qui discutent...»

- De grosses dépenses ? - 

Plus tôt samedi, à 10h00 tapantes, les grands magasins du quartier de l'Opéra à Paris ont ouvert leurs portes. Aux Galeries Lafayette, une rangée de salariés ont applaudi les clients franchissant la grande porte sous les nombreuses caméras.

Dans la queue, Anne Dubois, 59 ans, est venue de Ville d'Avray, en banlieue ouest, pour échanger un pull acheté avant le reconfinement -  et aussi «peut-être commencer les achats de Noël». 

A l'intérieur des Galeries, sous la grande coupole et son sapin de Noël géant, il n'y avait pas foule. 

«C'est fluide ce matin à l'ouverture», a confirmé à l'AFP Alexandra Van Weddingen, la directrice de communication du groupe, «on organisera des queues à l'extérieur si besoin.»

Les clients seront-ils nombreux ces prochaines semaines ? Il ne faudra pas compter cette année sur les touristes étrangers, qui constituent habituellement une large partie de la clientèle de ces grands magasins. Pour le reste, c'est l'inconnu.

«Pour nous, qu'il y ait du monde ou pas, c'est le quotidien qui revient à la normale», relève Tania, 29 ans, une responsable des boutiques L'Oréal Luxe aux Galeries Lafayette.

Les clients dépenseront-ils largement ? «Je pense qu'on va avoir du monde pour voir le sapin, des familles, mais pas forcément un fort pouvoir d'achat», estime Manon, 29 ans, vendeuse chez Isabel Marant au sein des Galeries Lafayette.

Les Français, surtout aisés, ont beaucoup épargné cette année avec la crise sanitaire: 90 milliards d'euros en plus sur les trois premiers trimestres, selon le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau. Mais rien ne dit qu'ils vont ouvrir les vannes pour consommer et dépenser abondamment.

 


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.