Le RN lance son «école des cadres» pour devenir un «parti de masse»

La députée d'extrême droite française du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen (à gauche) assiste à la session parlementaire précédant le vote de deux motions de censure à l'Assemblée nationale française, le 20 mars 2023.(Photo Bertrand GUAY / AFP)
La députée d'extrême droite française du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen (à gauche) assiste à la session parlementaire précédant le vote de deux motions de censure à l'Assemblée nationale française, le 20 mars 2023.(Photo Bertrand GUAY / AFP)
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Publié le Mardi 21 mars 2023

Le RN lance son «école des cadres» pour devenir un «parti de masse»

  • Mardi, après plusieurs mois de retard, la formation doit être officiellement lancée à Paris, portée par le sondeur Jérôme Sainte-Marie
  • L'initiative se veut surtout l'acte fondateur de la nouvelle présidence de Jordan Bardella, élu à la tête du RN en novembre, ainsi qu'une énième étape de normalisation de l'ex-FN

PARIS: En créant une "école des cadres", le Rassemblement national de Marine Le Pen entend former ses militants et mieux définir son corpus idéologique afin de devenir le "parti de masse" du "bloc populaire".

Mardi, après plusieurs mois de retard, la formation doit être officiellement lancée à Paris, portée par le sondeur Jérôme Sainte-Marie.

L'initiative se veut surtout l'acte fondateur de la nouvelle présidence de Jordan Bardella, élu à la tête du RN en novembre, ainsi qu'une énième étape de normalisation de l'ex-FN.

"Aujourd'hui, l'obstacle, ça n'est pas la dédiabolisation: c'est la crédibilité", relève un cadre.

Après les 42% recueillis par Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et 88 députés RN élus deux mois plus tard, la formation d'extrême droite est devenu "un parti très fort", note un proche de la direction.

"Tout le monde a pris conscience que la véritable alternance, c'est le Rassemblement National. Après Emmanuel Macron, ce sera nous", a encore voulu convaincre, lundi, la fille de Jean-Marie Le Pen.

"Mais il demeure des faiblesses structurelles", tempère un cadre: "nous sommes attaqué sans cesse par la classe dominante sans avoir forcément les armes pour y répondre: on l'a encore vu dans l'entre-deux-tours de la présidentielle l'année dernière".

L'"école des cadres" entend ainsi se déployer à tous les niveaux: pour les adhérents du RN, des conférences vidéos sur l'évolution électorale du parti sont notamment prévues.

Il s'agira à la fois d'"une remise à niveau et d'un partage de culture générale commune", résume l'un des initiateurs de la formation. Il y voit l'une des conditions pour que le RN puisse "devenir un parti de masse" et "offrir une rétribution symbolique du militantisme".

Modèle assumé: le Parti communiste des années 50 et 60, "qui a promu une élite ouvrière avec des cadres qui ressemblaient aux militants", explique un responsable du RN.

«Position de surplomb»

L'objectif est surtout de faire émerger une "élite" au sein du RN, "avec une sélection des militants et la mise en place de véritables promotions", développe un autre artisan de "l'école".

Après les législatives, Marine Le Pen s'était félicitée de disposer d'élus qui pouvaient être mis en avant pour donner un avant-goût de ce que serait un gouvernement RN.

"Il faudra que les gens soient rassurés par des équipes, ce qui nous a pour l'instant manqué", appuie un lepéniste, la formation devant par exemple permettre de s'initier à la gestion des finances publiques ou d'approfondir différentes notions "de manière à être en position de surplomb par rapport à nos interlocuteurs".

Au-delà, c'est le corpus idéologique du RN qui doit être mieux défini: "Nous avons une cohérence globale mais elle a besoin d'être davantage explicitée", reconnaît un proche de Marine Le Pen, constatant "un besoin idéologique dans la population et notamment dans la jeunesse".

Chantre du "ni droite, ni gauche", le RN entend par ailleurs poursuivre son discours sur "le lien consubstantiel entre les catégories populaires et la nation", relève Jérôme Sainte-Marie, qui a théorisé l'opposition entre "bloc populaire" et "bloc élitaire", une dichotomie assumée par Marine Le Pen.

"Au fond, c'est la croyance dans la forme +parti politique+, et la volonté que le RN soit vraiment un parti de masse, parce qu'il en a davantage besoin que les autres", avait encore développé Jérôme Sainte-Marie lors des universités d'été du parti dans l'Hérault en septembre dernier.

En ligne de mire: les municipales de 2026, un scrutin sur lequel le parti d'extrême droite a jusqu'alors enregistré des contre-performances. "Nous devrons présenter des gens formés qui donnent confiance", réclame un élu. "Sans un maillage dans les communes, une victoire en 2027 semble illusoire".


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.