La colère des pêcheurs monte

Manifestation organisée par des pêcheurs contre la réglementation et la persécution de la Direction des affaires maritimes, à Rennes le 22 mars 2023 (Photo, AFP).
Manifestation organisée par des pêcheurs contre la réglementation et la persécution de la Direction des affaires maritimes, à Rennes le 22 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 mars 2023

La colère des pêcheurs monte

  • Ils étaient plusieurs centaines à Rennes, dans un épais nuage de lacrymogènes et sous les jets puissants des canons à eau pour dénoncer les réglementations
  • En toile de fond, un secteur durement affecté par la crise de la Covid puis par le Brexit, qui a abouti à l'envoi à la casse de 90 navires

PARIS: Manifestation musclée à Rennes, lettre ouverte à Emmanuel Macron : les pêcheurs français alertent sur l'avenir de leur profession qu'ils voient menacée par un "déferlement d'attaques" réduisant à peau de chagrin leur terrain de chasse et leur raison d'être.

Ils étaient plusieurs centaines à Rennes mercredi, dans un épais nuage de lacrymogènes et sous les jets puissants des canons à eau pour dénoncer "les réglementations et la persécution de la direction des affaires maritimes", mais aussi le prix du gazole et le "désengagement" de l'État. La confrontation, musclée, a duré plusieurs heures.

"On voudrait nous rendre enragés qu'on ne ferait pas mieux", résume le comité national des pêches dans une lettre ouverte adressée au président Macron que l'AFP a pu consulter.

La souveraineté alimentaire, tout le monde en parle, mais quand il s'agit de la concrétiser, il n'y a plus personne", enrage le président du comité Olivier Le Nézet dans ce courrier.

Il évoque des "agressions" devenues "intolérables" parce qu'elles "remettent en cause le fondement de notre métier, nourrir les Français et les Européens", alors que la flotte française a diminué de plus d'un quart en 20 ans et que la pêche nationale ne représente que 25% du poisson vendu sur les étals.

En toile de fond, un secteur durement affecté par la crise de la Covid puis par le Brexit, qui a abouti à l'envoi à la casse de 90 navires, et plus récemment par le "plan d'action" de la Commission européenne visant à éliminer d'ici 2030 la pêche de fond (chaluts, dragues...) dans les aires marines protégées.

Lundi, une décision du Conseil d'État a mis le feu aux poudres : la plus haute juridiction administrative française, saisie par des associations de défense de l'environnement, a donné six mois au gouvernement pour fermer certaines zones de pêche dans l'Atlantique afin de préserver les dauphins dont les échouages se sont multipliés dans le golfe de Gascogne.

«Double peine»
"Depuis cinq ans, nos pêcheurs sont à l'initiative de programmes scientifiques et techniques pour déterminer des solutions d'évitement (sonars répulsifs, filets spéciaux pour éloigner les cétacés, NDLR), pour concilier activités de pêche et protection des dauphins (...). Le Conseil d'État vient de tout remettre en cause", affirme Olivier Le Nezet.

Interrogé par l'AFP, M. Le Nezet a "évidemment condamné" les débordements violents à Rennes - un tracteur a été lancé en direction des forces de l'ordre - tout en soulignant la "détresse de toute une profession".

"Près de la moitié des 560 fileyeurs du golfe de Gascogne participent au plan d'action pour les dauphins. Ils cherchent des solutions avec des scientifiques. Cette décision du Conseil d'État, c'est une double peine", dit-il, estimant que c'est précisément la "bonne gestion" de la ressource halieutique dans le golfe de Gascogne qui attire les cétacés et explique au moins en partie l'augmentation des échouages.

"75% des ressources sont gérées durablement en Europe, il faut faire plus. Mais on ne peut pas demander du jour au lendemain à un chalutier de se transformer en fileyeur", tempête-t-il, évoquant le projet européen d'interdiction du chalut de fond dans les aires marines protégées (AMP).

Lors du Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron avait assuré les pêcheurs de son soutien sur ce dossier, alors que la filière est confrontée à la coûteuse décarbonation de sa flotte et fait face à une crise des recrutements.

Le comité des pêches estime que la seule interdiction des chaluts de fond reviendrait à "faire disparaître un tiers de la flotte", car les AMP représentent actuellement 12% des eaux européennes, mais jusqu'à "74% des eaux en Bretagne".

Dans la Manche, où plusieurs aires ont des fonds sablonneux, le comité demande "comment expliquer à un chalutier qu'il ne pourra plus passer" pour ne pas abîmer les fonds, alors qu'"au moindre coup de tabac, des millions de mètres cube de sable sont déplacés ?"

"On doit faire du cas par cas, examiner les particularités de chaque zone", plaide Olivier Le Nézet. Au président, il demande "une pause dans cette avalanche de mauvais coups".


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.