Ukraine: près du front, Galyna, son jardin et sa pelle trop grande

Vêtue d'un élégant manteau chiné gris boutonné jusqu'au cou, de leggings bariolé et de bottines fourrées, la petite dame est contrariée. (AFP)
Vêtue d'un élégant manteau chiné gris boutonné jusqu'au cou, de leggings bariolé et de bottines fourrées, la petite dame est contrariée. (AFP)
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Publié le Dimanche 26 mars 2023

Ukraine: près du front, Galyna, son jardin et sa pelle trop grande

  • Déjà bombardée régulièrement, Tchassiv Iar - 13 000 habitants avant la guerre - pourrait être la prochaine cible de l'armée de Moscou si jamais Bakhmout venait à tomber
  • Tout proche, le fracas des tirs de canons ou de mortiers crachant leurs obus vers les positions russes ne cessent de résonner dans la ville

TCHASSIV LAR: Penchée dans son jardinet, la frêle silhouette hésitante de Galyna contraste avec les puissants blindés qui passent avec vacarme devant chez elle, à Tchassiv Iar, dans l'est de l'Ukraine.

"J'adore jardiner, vous savez..." : à 69 ans, la vieille dame est intarissable et ses petits yeux azur brillent sur son visage ridé quand on aborde sa passion.

"L'année dernière, j'avais des tomates incroyables ici, même des pastèques, des petites, mais c'est un régal, croyez-moi !", poursuit-elle.

Sa ville, où elle réside depuis 38 ans, est la première à l'ouest de Bakhmout, une localité défendue depuis des mois par les Ukrainiens et que les forces russes et le groupe paramilitaire Wagner tentent de conquérir.

Déjà bombardée régulièrement, Tchassiv Iar - 13.000 habitants avant la guerre - pourrait être la prochaine cible de l'armée de Moscou si jamais Bakhmout venait à tomber.

Le jardin de Galyna est une parcelle de terre pas vraiment délimitée à l'arrière de son immeuble de trois étages, où elle vit dans un appartement au 1er avec son fils handicapé, âgé d'une quarantaine d'années.

Juste devant passe une route empruntée à pleine vitesse par les véhicules blindés et chars ukrainiens qui filent vers les lignes de front et Bakhmout, ou qui en reviennent.

«Une pelle plus petite»

Tout proche, le fracas des tirs de canons ou de mortiers crachant leurs obus vers les positions russes ne cessent de résonner dans la ville.

Pas de quoi perturber Galyna dont le jardin est devenu un exutoire.

"Quand j'ai réalisé que la guerre avait commencé, j'ai apporté ici des violettes, et de nombreuses sortes de fleurs. Elles poussent dans la forêt, alors je les cultive ici pour ne pas qu'elles me manquent. Je me sens heureuse chaque fois que je les regarde", assure la presque septuagénaire.

Vêtue d'un élégant manteau chiné gris boutonné jusqu'au cou, de leggings bariolé et de bottines fourrées, la petite dame est contrariée.

"J'ai juste besoin d'une pelle plus petite pour creuser le sol pour mes graines de fleurs", dit-elle, en montrant son outil encombrant presque aussi grand qu'elle.

Elle regrette aussi de ne pas avoir "beaucoup de temps pour jardiner. Je dois m'occuper de ma voisine, elle a 93 ans, comme aurait eu ma mère. Je lui apporte de l'eau, du pain aussi".

Rares sont les habitants à être restés dans son quartier, dessiné d'immeubles vieillots datant de l'époque soviétique.

Les toitures de certains bâtiments proches sont éventrées, stigmates de frappes russes.

«Je ne tremble pas»

"Là, vous voyez, une bombe l'a touché", dit Galyna en désignant un immeuble. Deux de ses voisins y habitaient, les autorités les ont installés "dans une autre maison, car ce n'était plus possible de vivre là, il n'y avait plus de toit", explique-t-elle.

Veuve depuis 1994, elle dit rester à Tchassiv Iar pour s'occuper de son fils.

"Un jour, mon fils est allé au centre d'aide humanitaire. Et là son ami a été blessé (par un éclat d'obus), une ambulance est arrivée et ils l'ont soigné. Cela a fait très peur à mon fils. Il avait l'habitude de recharger son téléphone là-bas, mais maintenant il ne le fait plus", raconte Galyna.

Elle a aussi une fille, qui vit en Allemagne, est mariée et a trois enfants.

"Lorsqu'il y avait du réseau téléphonique, nous pouvions communiquer. Il y a environ un mois je crois, elle disait +J'aimerais que tu puisses venir ici, chez nous+... Je pense que je vais rester ici", dit-elle, pensive.

Soudain un obus siffle puis explose à quelques centaines de mètres dans l'est de la ville. "Il n'y a rien à craindre. Vous voyez, je ne tremble pas, je suis habituée", lâche-t-elle dans un petit sourire.

Deux autres obus suivront vers le même endroit, détruisant et causant l'incendie de trois maisons.

"J'espère rester sauve. Dieu sauve. Ici (dans le jardin), je sens un ange qui dit +N'y va pas+, mais j'y vais quand même", dit Galyna.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.