Sommet ibéro-américain de Saint-Domingue: faim, immigration et accès aux financement au centre des débats

Les dirigeants posant pour la photo de groupe officielle du XXVIIIe Sommet ibéro-américain des chefs d'État et de gouvernement, devant le Palais national à Saint-Domingue, le 25 mars 2023. (Photo du ministère dominicain des Affaires étrangères / AFP)
Les dirigeants posant pour la photo de groupe officielle du XXVIIIe Sommet ibéro-américain des chefs d'État et de gouvernement, devant le Palais national à Saint-Domingue, le 25 mars 2023. (Photo du ministère dominicain des Affaires étrangères / AFP)
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Publié le Dimanche 26 mars 2023

Sommet ibéro-américain de Saint-Domingue: faim, immigration et accès aux financement au centre des débats

  • «Ce que nous avons à l'esprit, en tant qu'engagement de ce sommet, c'est de générer une situation de faim zéro», a affirmé Andres Allamand, ex-ministre chilien et secrétaire général ibéro-américain
  • Cet engagement est un défi alors que les projections de croissance sont inférieures à 2% sur un continent où le coût d'une alimentation saine est le plus élevé au monde: 3,89 dollars par jour et par personne, inaccessible à 22,5% de la population, selon l

SAINT-DOMINGUE, République dominicaine : Les 22 pays présents au sommet ibéro-américain de Saint-Domingue ont signé samedi une déclaration commune où il s'engagent à lutter contre la faim en Amérique latine, mieux contrôler les migrations et négocier ensemble des financements à des taux plus favorables.

«Ce que nous avons à l'esprit, en tant qu'engagement de ce sommet, c'est de générer une situation de faim zéro», a affirmé Andres Allamand, ex-ministre chilien et secrétaire général ibéro-américain.

«Nous avons plus ou moins 60 millions de personnes qui ont des problèmes de sécurité alimentaire. Un tiers des aliments produits dans la région est gaspillé» en raison de problèmes dans les chaînes de distribution, de stockage ou de commercialisation, a-t-il expliqué.

Cet engagement est un défi alors que les projections de croissance sont inférieures à 2% sur un continent où le coût d'une alimentation saine est le plus élevé au monde: 3,89 dollars par jour et par personne, inaccessible à 22,5% de la population, selon les Nations unies.

«L'accès à une alimentation saine devrait être un droit et non un privilège pour quelques-uns», a déclaré le président bolivien Luis Arce, qui a souligné l'impact du changement climatique sur la production alimentaire.

La déclaration commune évoque «les défis mondiaux du changement climatique». Cette crise «produit la faim, la mort», a commenté le président colombien Gustavo Petro.

Obtenir des financements plus favorables aiderait les pays à réduire la faim et lutter contre le réchauffement, ont dit plusieurs dirigeants.

Le président du pays hôte, Luis Abinader, a assuré que «les pays ibéro-américains vont travailler comme un seul bloc» pour négocier de «meilleures conditions».

«Nous assistons à un scénario international caractérisé par des niveaux d'endettement élevés et insoutenables qui conditionnent la croissance de nos pays», a souligné le président argentin Alberto Fernandez, dont le pays lutte pour sortir d'une crise profonde.

Des échanges parfois acerbes ont émaillé les débats.

Ainsi le président chilien Gabriel Boric a critiqué la «dictature familiale de (Daniel) Ortega et (Rosario) Murillo au Nicaragua».

«En dehors de la démocratie, il n'y a pas de liberté ni de dignité possibles. Nous voyons dans le monde entier de nouveaux risques (...) nous devons répondre par plus de démocratie, pas moins», a-t-il ajouté.

M. Boric a également appelé à une plus grande «coordination» face à la crise migratoire.

La région est confrontée à des flux importants de migrants en provenance du Venezuela, de Cuba, d'Haïti et d'autres pays d'Amérique centrale, qui cherchent à échapper à la pauvreté.

M. Petro a proposé d'organiser un sommet sur cette question.

Autre dossier abordé pendant le sommet: Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques avec des gangs violents qui ont tué quelque 530 personnes et en ont kidnappé près de 300 depuis janvier, selon l'ONU.

«La seule façon de traiter avec Haïti est de pacifier ce pays. La communauté internationale ne peut pas permettre que cette situation perdure», a lancé M. Abinader, le président de la République dominicaine voisin de Haïti sur l'île d'Hispaniola.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.