Le Vatican condamne les dérives coloniales dans l'histoire de l'Église

Le document du Vatican reconnaît que «de nombreux chrétiens ont commis des actes malveillants à l'encontre des peuples indigènes, pour lesquels les papes récents ont demandé pardon à de nombreuses reprises» (Photo, AFP).
Le document du Vatican reconnaît que «de nombreux chrétiens ont commis des actes malveillants à l'encontre des peuples indigènes, pour lesquels les papes récents ont demandé pardon à de nombreuses reprises» (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 31 mars 2023

Le Vatican condamne les dérives coloniales dans l'histoire de l'Église

  • Cette prise de position fait référence aux terribles campagnes de conversions forcées menées par l'Église catholique après l'arrivée des Européens sur le continent américain
  • Ce texte a trouvé un écho particulier au Canada, où entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150000 enfants autochtones ont été retirés à leur famille et enrôlés de force dans des pensionnats

CITÉ DU VATICAN: Le Vatican a publié jeudi un document pour prendre ses distances avec les dérives coloniales de l'Église catholique, où il "rejette" les édits papaux du XVe siècle autorisant l'asservissement des peuples autochtones, essentiellement en Amérique.

Cette prise de position fait référence aux terribles campagnes de conversions forcées menées par l'Église catholique après l'arrivée des Européens sur le continent américain dans la foulée de l'expédition de Christophe Colomb en 1492.

Ce texte a trouvé un écho particulier au Canada, où entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150 000 enfants autochtones ont été retirés à leur famille et enrôlés de force dans des pensionnats, souvent régis par l'Église catholique, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture. Le pape a depuis reconnu que ce drame des pensionnats s'assimilait à un génocide.

Ce rejet des édits papaux, "c'est immense", a réagi auprès de l'AFP la sénatrice autochtone canadienne Michèle Audette. "Pour beaucoup d'entre nous, ça fait des décennies qu'on le demande", a-t-elle ajouté.

Lors de la visite du pape François au Canada en juillet 2022, les associations autochtones lui avaient demandé d'abroger les "bulles" papales – documents officiels signés par le pape – à l'origine de la "doctrine de la découverte", qui autorisaient les puissances européennes à coloniser les terres et les peuples non chrétiens.

Cette doctrine a encore été utilisée en 2005 aux États-Unis pour justifier la prise de territoires autochtones dans un jugement de la Cour Suprême.

Cela "concerne l'ensemble des peuples indigènes du monde", a estimé Jean-François Roussel, professeur à l'Institut des études religieuses de l'Université de Montréal.

"C'est probablement le dernier chapitre du temps des paroles. Maintenant, il faut que les actes suivent", a ajouté l'expert, évoquant la question des compensations financières, des projets de soutien ou de revitalisation culturelle déjà existants mais qui doivent être renforcés.

Dans la note publiée jeudi conjointement par les dicastères (ministères) pour la Culture et l'Éducation et le Service du développement humain intégral, le Vatican fait référence à trois "bulles" pontificales émises au XVe siècle par Nicolas V et Alexandre VI.

Le Vatican considère ces "bulles" comme des "documents politiques, instrumentalisés pour des actes immoraux", et estime qu'ils "n'ont jamais été considérés comme des expressions de la foi catholique".

Le Saint-Siège reconnaît en outre qu'ils "n'ont pas reflété de manière adéquate l'égale dignité et les droits des peuples autochtones".

"L'Église catholique rejette donc les concepts qui ne reconnaissent pas les droits humains inhérents aux peuples autochtones, y compris ce qui est connu sous le nom juridique et politique de 'doctrine de la découverte'".

Le document du Vatican reconnaît que "de nombreux chrétiens ont commis des actes malveillants à l'encontre des peuples indigènes, pour lesquels les papes récents ont demandé pardon à de nombreuses reprises".

Et l'Église catholique, poursuit-il, a pris conscience de "leurs souffrances, passées et présentes, dues à l'expropriation de leurs terres (...) ainsi qu'aux politiques d'assimilation forcée".

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) s'est déclarée dans un communiqué "reconnaissante" envers le Saint-Siège pour la publication de ce texte.

Interrogé sur ce sujet douloureux dans l'avion à son retour du Canada, le pape argentin avait jugé "mauvaise" et "injuste" cette "doctrine de la colonisation".

"Cette mentalité selon laquelle nous sommes supérieurs et les indigènes ne comptent pas est grave. Pour cela, nous devons travailler dans ce sens. Revenir en arrière et assainir tout ce qui a été mal fait, mais en ayant conscience qu'aujourd'hui aussi, il existe le même colonialisme", avait-il ajouté.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.