Le directeur général de l'OIM à Arab News: «Il est grand temps de souligner les aspects positifs de la migration»

Travailleurs asiatiques sur un chantier de construction à Dubaï (Photo, AFP).
Travailleurs asiatiques sur un chantier de construction à Dubaï (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 02 avril 2023

Le directeur général de l'OIM à Arab News: «Il est grand temps de souligner les aspects positifs de la migration»

  • Selon le directeur général de l'OIM, les avantages des flux humains sont souvent négligés dans le cadre d'un débat polarisé
  • Vitorino a partagé son commentaire à l'occasion du Dialogue international sur la migration

NEW YORK: Les migrations sont aussi anciennes que l'humanité elle-même. Comme les oiseaux, les êtres humains sont considérés comme une espèce migratrice. À toutes les époques de l'histoire de l'humanité, ils ont été enclins à s'éloigner de leur foyer, poussés par de nombreuses raisons, mais toujours avec l'idée d'une vie meilleure.

Alors que la migration est devenue une question politique internationale et nationale de premier plan, le discours public sur les migrants s'est de plus en plus polarisé. La toxicité du débat sur la migration s'est intensifiée au cours des dernières années, la politique de la peur et de la division donnant le ton aux discussions.

Partout dans le monde, les politiciens extrémistes utilisent la perturbation et la désinformation comme outils pour conserver le pouvoir, en exploitant les migrants dans le cadre de programmes xénophobes d'extrême droite.

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Des militants de droite français manifestent le 25 février 2023 à Saint-Brevin-les Pins, dans l'ouest de la France, contre la création d'un centre d'accueil pour migrants (Photo, AFP).

Dans les discussions souvent négatives sur la migration et les migrants, les nombreuses façons dont les migrants contribuent aux sociétés sont souvent négligées. On peut perdre de vue le dynamisme des migrants à l'échelle mondiale. Ils sont surreprésentés dans les domaines de l'innovation et des brevets, des prix artistiques et scientifiques, des start-ups et des entreprises prospères.

Antonio Vitorino a voulu mettre ces contributions en avant lors du Dialogue international sur la migration (IDM), un événement bisannuel qui s'est tenu à New York les 30 et 31 mars, dans le cadre de la contribution de l'Organisation internationale pour les migrations au sommet 2023 sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) qui se tiendra en septembre.

L'événement a rassemblé des gouvernements, des représentants de la jeunesse, de la société civile, des autorités locales et des représentants des communautés, des agences des Nations unies et des experts afin d'évaluer comment les impacts positifs de la mobilité humaine peuvent être exploités pour atteindre les objectifs de développement durable.

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Le directeur général de l'OIM, Antonio Vitorino, affirme que si la migration est source de défis, elle est aussi un catalyseur de la croissance économique. (Photo, AFP /Archives)

«La migration est une réalité de la vie. Il y a toujours eu des migrants partout», a indiqué Vitorino, avocat et homme politique portugais qui a pris ses fonctions de directeur général de l'OIM en octobre 2018, lors d'un entretien avec Arab News à New York.

«Nous sommes très habitués à considérer la migration comme un problème. Les migrations posent des problèmes, je ne le nie pas. Mais je pense que le temps est venu pour nous d'insister davantage sur les aspects positifs de la migration», a-t-il ajouté.

 

En bref

Actuellement, environ 281 millions de personnes vivent dans un pays autre que leur pays de naissance, soit 3,6% de la population mondiale — c'est-à-dire 1 personne sur 30.

• Plus de 100 millions d'entre eux ont été déplacés de force en raison de conflits, de persécutions, de la pauvreté ou de catastrophes climatiques.

• Le plus souvent, les raisons qui sous-tendent les migrations sont une combinaison complexe d'une modification des précipitations, d'un conflit armé et d'une défaillance des institutions et de l'aide gouvernementales.

• Sur les 15 pays les plus vulnérables au changement climatique, 13 sont en proie à un conflit armé.

 

«Pendant la pandémie de la Covid-19, qui était en première ligne?» s’est demandé Vitorino. «Qui fournissait les services et la nourriture alors que de nombreuses sociétés étaient isolées? Les migrants étaient en première ligne.»

Il a poursuivi: «Prenons l'exemple du système de santé. Même dans les pays développés, de nombreux travailleurs de la santé sont des migrants ou des personnes qui viennent de l’étranger.»

«Et je crois que les migrants ont un rôle clé à jouer en tant qu'entrepreneurs. Vous savez, lorsque quelqu'un émigre, il y a une forte volonté de gagner, d'affronter le nouvel environnement et de faire le meilleur pour lui-même, pour sa famille, mais aussi pour la société dans laquelle il travaille», a-t-il expliqué.

Vitorino a souligné: «Ce sont des travailleurs. Ce sont des consommateurs. Ils paient des impôts. Et ce côté positif de la migration n'est pas souvent mis en avant.»

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Des ouvriers agricoles migrants du Mexique cueillent des épinards près d'une clinique mobile près de Wellington, dans le Colorado, aux États-Unis (Photo, AFP).

L'argent envoyé par les migrants dans leur pays d'origine représente une part importante des flux de capitaux internationaux. Les envois de fonds rivalisent avec l'aide internationale pour constituer l'un des principaux flux financiers vers les pays en développement.

Selon la Banque mondiale, ils jouent un rôle important en contribuant à la croissance économique et aux moyens de subsistance de nombreux pays.

Environ 800 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,92 euro) sont transférés chaque année par les migrants directement aux familles ou aux communautés de leur pays d'origine. Ce chiffre ne tient pas compte des flux non enregistrés, de sorte que l'ampleur des transferts de fonds au niveau mondial est probablement beaucoup plus importante. Ils constituent souvent une bouée de sauvetage pour les ménages les plus pauvres, leur permettant de satisfaire leurs besoins fondamentaux.

«Dans certains pays, 10%, 20%, voire 30% du PIB dépendent des envois de fonds des migrants et de la diaspora», a révélé Vitorino.

Il a indiqué: «Aujourd'hui, avec la guerre en Ukraine et la hausse des prix des denrées alimentaires qui en résulte, les envois de fonds sont consacrés par les familles dans les pays d'origine, principalement à l’achat de la nourriture, à l'éducation et au logement.»

«Il s'agit donc d'une contribution à la stabilité sociale et au développement des pays d'origine», a-t-il mentionné.

«Mais nous ne parlons pas seulement d'argent. Nous parlons d’une question qui est beaucoup plus importante, à savoir le lien entre la diaspora et les pays d'origine: les relations familiales, les amis. Les migrants qui reviennent dans leur pays d'origine, même pour une période limitée de quelques mois, transfèrent à leur pays des connaissances, un savoir-faire et parfois même des technologies», a-t-il développé.

«Et ce flux à double sens est également très positif pour le développement des pays d'origine.»

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Des migrants du Moyen-Orient et d'Asie reçoivent des provisions dans un camp de migrants géré par l'Organisation internationale pour les migrations près de la ville bosniaque de Bihac en 2021 (Photo, AFP/Archives).

L'OIM s'efforce de plaider en faveur de l'intégration des migrants dans les sociétés d'accueil. Vitorino reconnaît la complexité de la question, qui nécessite des politiques publiques, l'engagement de la société civile et des autorités locales. Elle concerne le lieu de travail, l'école pour les enfants, l'accès aux services de santé et de sécurité sociale.

«C'est toujours un défi mais c'est là que l'on gagne en intégration et que l'on met le meilleur des migrants au service du développement des communautés d'accueil», a-t-il affirmé.

Les impacts économiques varient d'un pays à l'autre. Bien que les migrations posent des problèmes, les économistes s'accordent à dire que la migration est également un catalyseur de la croissance économique et qu'elle apporte des avantages nets aux pays d'accueil.

En 2015, les personnes en déplacement ont contribué au PIB mondial pour plus de 9%, soit 6 700 milliards de dollars.

La réponse à la pandémie de la Covid-19, qui s'est traduite par des restrictions draconiennes de la liberté de circulation dans le monde entier, a entraîné une baisse sans précédent du commerce mondial et de la croissance économique.

Cela a démontré que «s'il n'y a pas de mobilité humaine, il y aura un impact négatif sur la croissance économique. C'est pourquoi la migration est étroitement liée aux différents objectifs de développement durable (ODD).»

Le rôle potentiel des migrants dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies ne doit pas être sous-estimé, affirme le Dialogue international sur la migration.

Ne laisser personne de côté étant la clé, l'agenda 2030 des ODD a représenté un grand pas en avant pour la migration où cette dernière figurait non seulement comme une question centrale de développement en soi, mais aussi comme une question transversale qui est étroitement liée à tous les autres objectifs.

Vitorino a déclaré que la pandémie, par exemple, a démontré que l'exclusion des migrants de la couverture médicale — l'ODD 3 étant d'assurer la santé et le bien-être de tous — crée un problème pour l'ensemble de la communauté, car le virus aura tendance à proliférer dans ces communautés de migrants marginalisées.  

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Des migrants affrontent la police anti-émeute marocaine dans la ville septentrionale de Fnideq, près de la frontière entre le Maroc et l'enclave nord-africaine espagnole de Ceuta, le 19 mai 2021 (Photo, AFP).

Il a insisté: «C'est pourquoi je crois que les ODD sont une ligne directrice essentielle pour nous tous. Sur la question de la couverture médicale, il est très important de garantir que, où qu'ils se trouvent, dans les pays d'origine ou de destination, les migrants aient accès aux soins de santé. Il s'agit d'un droit fondamental. Il est inhérent à la dignité de l'être humain, quel que soit son statut juridique.»

Malgré les efforts de l'OIM, «malheureusement, le panorama de la vaccination reste très inégal. Dans les pays développés, les taux de vaccination avoisinent les 70%, tandis que dans les pays à faible revenu, ils sont encore de l'ordre de 20%. C'est une question qui nous préoccupe. Et c'est certainement quelque chose qui n'aide pas à atteindre les objectifs du programme 2030», a prévenu Vitorino.

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Des civils fuyant l'invasion russe de l'Ukraine descendant d'un ferry pour entrer en Roumanie (Photo, AFP). 

Il s'est rendu en Turquie pour superviser les opérations de l'organisation à la suite des deux tremblements de terre du 6 février; il a confié qu'il n'avait jamais rien vu de tel.

«Rien de ce que j'ai vu, sur les théâtres de guerre, même récemment en Ukraine, n'est comparable au degré de destruction et de dévastation dont j'ai été témoin en Turquie», a-t-il estimé.

Vitorino a ajouté: «J’ai vu une ville de 200 000 habitants totalement détruite par la fureur du tremblement de terre. La fureur de la nature devrait nous inciter à réfléchir attentivement à la fréquence et à l'intensité de ces risques naturels, qui sont également liés au changement climatique.»

Il est difficile d'isoler les facteurs climatiques des autres facteurs sociaux, économiques, politiques et sécuritaires qui sous-tendent les migrations.

Le changement climatique est également lié aux conflits et à la sécurité. La guerre civile syrienne, où une sécheresse exceptionnelle a contribué à des flux de population vers les zones urbaines non prises en compte par le régime politique, illustre ce lien.

La Banque mondiale estime que 143 millions de personnes pourraient se déplacer à l'intérieur de leur propre pays d'ici 2050 à cause d'événements climatiques extrêmes en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Amérique latine, en l'absence d'une action climatique urgente au niveau mondial et national.

Les chercheurs soulignent qu'une hausse des températures pourrait entraîner une augmentation des demandes d'asile dans l'UE.

La sécheresse et la désertification, les vagues de chaleur et l'élévation du niveau de la mer entraîneront un appauvrissement des écosystèmes, allant de la pénurie d'eau à la perte de terres agricoles, ce qui conduira à des conflits pour des ressources naturelles rares. Les menaces qui pèsent sur la sécurité humaine pourraient à leur tour pousser les gens à migrer à la recherche de revenus alternatifs et de moyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux.

«Il arrive que des personnes soient déplacées à cause de la sécheresse et d'autres à cause des inondations, au même moment, dans le même pays», a révélé Vitorino.

«Prenons l'exemple de l'Amérique centrale, où le phénomène El Niño modifie la production de café et de cacao et où les gens sont privés de leurs moyens agricoles traditionnels. Ils se déplacent vers les villes. Et s'ils ne trouvent pas de solutions dans les villes, ils continuent à se déplacer, généralement vers les États-Unis », a-t-il clarifié.

«Ma théorie consiste à dire que nous devons agir pour renforcer l'adaptation et la résilience de ces communautés, car elles ne veulent pas se déplacer. Elles y sont contraintes et nous devons les aider à trouver les moyens de s'adapter au changement climatique», a-t-il maintenu.

Vitorino a ajouté: «Et s'ils sont contraints de se déplacer, comme par exemple dans certaines îles du Pacifique qui vont malheureusement disparaître en raison de l'élévation du niveau de la mer, nous devons faire en sorte que ces déplacements soient sûrs, ordonnés et réguliers.»

L'OIM estime que depuis 2014, environ 55 000 migrants sont morts ou ont disparu. Parmi eux, environ 8 000 étaient en route vers les États-Unis. Ils ont péri dans des accidents ou pendant qu'ils voyageaient dans des conditions inhumaines.

L'incendie qui a tué des dizaines de personnes dans un centre de traitement des demandes d'immigration à Ciudad Juarez, à la frontière avec le Texas, dans la nuit du 27 mars, n'est que le dernier chapitre d'une tragédie qui n'en finit pas. Une vidéo de surveillance a montré des agents de l'immigration s'éloignant des détenus pris au piège alors que les flammes les engloutissaient.

En 2022, 2 062 migrants sont morts en traversant la mer Méditerranée. Entre 2014 et 2018, par exemple, les corps d'environ 12 000 personnes qui se sont noyées n'ont jamais été retrouvés.

Vitorino déplore l'augmentation récente du nombre de migrants irréguliers qui se déplacent dans le monde.

«Nous devons adopter une approche globale de ces mouvements et comprendre que l'on ne peut se contenter de traiter l'une des raisons sans prendre en considération les autres», a-t-il déclaré, ajoutant que «la nécessité de préserver les vies humaines et de prévenir les décès est une priorité».

Le Dialogue international sur la migration, a-t-il affirmé, fournira des conclusions qui appuieront le rapport du secrétaire général de l'année prochaine sur la mise en œuvre du Pacte mondial sur les migrations.

«Nous avons besoin de politiques fondées sur des données fiables et efficaces. Nous devons garantir le rôle de la jeunesse, en particulier dans la lutte contre le changement climatique. Nous devons nous assurer que les migrants sont pleinement inclus dans la couverture médicale, une question cruciale pour réussir à atteindre les ODD», a soutenu Vitorino.

«Nous devons mobiliser la diaspora pour le développement des pays d'origine.»

Il a conclu: «Tels sont les messages clés que j'attends du Dialogue international sur la migration.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
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  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
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  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
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  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.