Ethiopie: le Premier ministre menace les dirigeants du Tigré, qui affirment pousuivre le combat

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed fait des gestes à la Chambre des représentants du peuple à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 30 novembre 2020 (AFP)
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed fait des gestes à la Chambre des représentants du peuple à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 30 novembre 2020 (AFP)
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Publié le Mardi 01 décembre 2020

Ethiopie: le Premier ministre menace les dirigeants du Tigré, qui affirment pousuivre le combat

  • Le président du Tigré, Debretsion Gebremichael, a déclaré au téléphone à l'AFP être déterminé à rester dans la région pour affronter «les envahisseurs», assurant que «les combats se poursuivaient»
  • M. Abiy a envoyé l'armée au Tigré (Nord) le 4 novembre pour remplacer par «des institutions légitimes» les autorités régionales qui défiaient depuis des mois l'autorité de son gouvernement

ADDIS-ABEBA : Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a prévenu lundi les dirigeants de la région dissidente du Tigré, en fuite après la prise de leur capitale Mekele, qu'ils étaient dans la ligne de mire de l'armée, mais leur chef a assuré que le combat se poursuivait.

Le président du Tigré, Debretsion Gebremichael, a déclaré au téléphone à l'AFP être déterminé à rester dans la région pour affronter «les envahisseurs», assurant que «les combats se poursuivaient», deux jours après la victoire militaire proclamée par M. Abiy sur les forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui dirigeait cette région.

Il a accusé le Premier ministre éthiopien, Prix Nobel de la paix en 2019 devenu chef de guerre, de «tenter de tromper la communauté internationale en faisant croire que tout est terminé». 

M. Abiy a envoyé l'armée au Tigré (Nord) le 4 novembre pour remplacer par «des institutions légitimes» les autorités régionales qui défiaient depuis des mois l'autorité de son gouvernement.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo l'a appelé lundi à une «cessation totale des combats» et à permettre «un accès humanitaire sans entrave» à la région du Tigré. «Il est essentiel de régler le conflit en cours et de maintenir l'Ethiopie sur le chemin de la démocratie», a souligné M. Pompeo sur Twitter, après s'être entretenu au téléphone avec M. Abiy.

Samedi soir, Abiy Ahmed avait annoncé que l'armée avait pris le contrôle de Mekele, où étaient retranchés les dirigeants de la région, désormais «pourchassés» pour être traduits en justice.

«Je veux qu'ils m'entendent : hier (dimanche) soir, vers minuit, nous voyions, de la salle de crise, de l'agitation dans la zone qui va de Hagere Selam à Abiy Addi», deux localités situées à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Mekele, a-t-il lancé lundi aux dirigeants du TPLF.

«Mekele est à nous»

«Nous ne les avons pas attaqués de nuit parce qu'ils ont emmené avec eux dans leur retraite leurs épouses, leurs enfants et nos soldats capturés (...) Mais cela ne va pas continuer», a-t-il expliqué dans une intervention de quatre heures devant la Chambre des représentants du Peuple (la chambre basse du Parlement).

Le blackout quasi total au Tigré depuis le début du conflit rend difficile la vérification indépendante des informations de l'un et l'autre camp.

Le TPLF prétend représenter la minorité tigréenne (6% des 110 millions d'Ethiopiens). 

Aucun bilan précis n'est jusqu'ici disponible mais l'International Crisis Group (ICG) a évoqué vendredi «plusieurs milliers de morts dans les combats» dont «de nombreux civils». En outre, plus de 43 000 Ethiopiens ont fui le Tigré vers le Soudan voisin.

La communauté internationale s'est maintes fois inquiétée des conséquences pour les civils de l'opération militaire, l'ONU évoquant de possibles «crimes de guerre», mais M. Abiy a assuré lundi que l'armée n'avait fait aucune victime civile en prenant le contrôle de Mekele et d'autres villes tigréennes.

«Mekele est à nous», les Ethiopiens, «nous n'allons pas la détruire», a souligné le Premier ministre, affirmant que «pas une seule personne n'a été blessée dans l'opération à Mekele».

Il a nié les allégations des autorités tigréennes selon lesquelles les frappes aériennes ont provoqué la mort de nombreux civils : «99% (des projectiles) ont touché leur cible et 99% n'ont pas causé de dommages collatéraux», a-t-il asséné.

«Profilage ethnique»

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a signalé dimanche que les hôpitaux de Mekele, où manquent matériel et médicaments, étaient submergés par les blessés, 24 heures après l'annonce de la prise de la ville, sans préciser si ces blessés étaient des militaires ou des civils.

La Commission éthiopienne des droits de l'Homme a fait part lundi de sa «vive préoccupation», après avoir constaté des contrôles par les forces de sécurité, fondés sur l'origine communautaire, «en dépit de tout cadre légal autorisant le profilage ethnique».

Lundi, M. Abiy a promis que les réfugiés au Soudan pourraient rapidement retourner en Ethiopie, alors que certains ont confié à l'AFP sur place avoir peur de rentrer au Tigré sous contrôle des forces gouvernementales.

Depuis que M. Abiy est devenu Premier ministre en 2018, les tensions n'ont cessé de croître avec le TPLF, progressivement écarté du pouvoir après avoir contrôlé pendant 30 ans l'appareil politique et sécuritaire du pays.

Elles ont culminé avec l'organisation en septembre au Tigré d'un scrutin qualifié d'«illégitime» par Addis Abeba, puis avec l'attaque de deux bases militaires au Tigré par les forces tigréennes, que le TPLF a démenties.

 


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".