Jack Lang: la France a réussi par sa capacité à entremêler cultures et religions

Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe à Paris et ancien ministre français de la Culture et de l’Éducation (Photo, AFP)
Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe à Paris et ancien ministre français de la Culture et de l’Éducation (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 01 décembre 2020

Jack Lang: la France a réussi par sa capacité à entremêler cultures et religions

  • C’est en définissant des politiques d'égalité que les discriminations céderont le pas à une forte appartenance commune
  • Combien d’artistes, d'écrivains, d’inventeurs, de travailleurs d’origine Arabe ont apporté leur talent à cette France qui est la leur?

Intervention de Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe à Paris et ancien ministre français de la Culture et de l’Éducation, lors de l’inauguration de la table ronde virtuelle sous le thème «L'Intégration en France: problème de perception ou crise systémique?». Cet événement  s'est tenu le Lundi 30 Novembre sur la plateforme Zoom à l’occasion l’annonce des résultats d’un sondage effectué par Arab News en Français en partenariat avec YouGov, le leader mondial des sondages en ligne et qui porte la manière dont les Arabes de France sont perçus.  

«Je voudrais féliciter les responsables d’Arab News pour cette excellente initiative. Elle permet de mieux comprendre, de radiographier en quelque sorte les sentiments profonds des citoyens d'origine Arabe vis-à-vis de la République française, vis-à-vis des citoyens français. Il ne faut pas l’oublier, eux-mêmes sont des citoyens français à part entière.

Je ne veux cependant pas commenter le sondage qui, comme tous les sondages, reste relatif. Je voudrais plutôt transmettre mon sentiment intime, et qui n’est pas nécessairement scientifique. J’ai toujours pensé que la France est un pays qui, malgré les obstacles et les difficultés, a toujours réussi à intégrer, à entremêler les cultures et les civilisations. Et de siècle en siècle, le pays où nous sommes reste un véritable creuset. Ce qui fait la force d’un pays comme la France c’est d'être, comme dirait Mandela, un pays “arc-en-ciel” qui sait merveilleusement entremêler cultures, religions, et croyances.

Cela dit, l’histoire connaît des secousses de temps en temps. Aujourd'hui, on parle des citoyens d’origine Arabe mais avant la dernière guerre mondiale, c'était l'intégration des travailleurs italiens qui provoquait en France, comme dans d’autres pays d’ailleurs, des réactions parfois vives qu’on ne saurait imaginer aujourd’hui.

Aujourd’hui, le résultat est là. Combien de techniciens, d’artistes, d'écrivains, d’inventeurs, de travailleurs d’origine Arabe ont apporté leur talent et leur énergie à cette communauté française qui est la leur? Je ne suis pas sûr que beaucoup de pays réussissent à accomplir cette espèce de miracle d'intégration. Le dessinateur franco-syrien Sattouf a récemment que la France est un chef-d'œuvre. Cela signifie que la France est un pays qui, année après année, transforme ses apports multiples en une richesse, une force.

Voici ma lecture de l’histoire, et, vous me pardonnerez donc de transmettre cet optimisme indéracinable. Certes, les discriminations, les actes de racisme, et les rejets persistent mais, aussi déplorable que cela puisse être, ce sont principalement des discriminations sociales plutôt que culturelles. C’est en définissant des politiques d'égalité à l'école, dans les logements et les habitations que ces discriminations céderont progressivement le pas à un sentiment très fort d'appartenance commune.

Je tenais à vous transmettre ces quelques mots, et vous féliciter surtout parce que cette étude fera parler d’elle, mais elle a le mérite de faire apparaître un certain nombre de sentiments. Je ne suis particulièrement pas étonné qu’autant de citoyens d'origine Arabe se reconnaissent entièrement dans les valeurs de la République française, surtout à travers ces expressions, ce concept parfois mal compris à l'extérieur, de laïcité. Il y a parfois ce sentiment que ce concept n’est peut-être pas pleinement accepté, alors même qu’ils sont totalement et pleinement citoyens français.

Pour conclure, merci à tous ceux qui, par la volonté ou par les circonstances, ont choisi de venir en France. Merci à ceux dont les grands-parents et les arrière-grands parents sont italiens, polonais, maghrébins, syriens et autres. La France c’est ça, une nation qui réussit après quelques fois des soubresauts à faire de cet ensemble de cultures une nation unie ».


Pouvoir d'achat: LR fixe trois priorités et des «lignes rouges»

Olivier Marleix, député et nouveau président du groupe parlementaire Les Républicains (LR) (Photo, AFP).
Olivier Marleix, député et nouveau président du groupe parlementaire Les Républicains (LR) (Photo, AFP).
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  • Le patron du groupe LR Olivier Marleix a écrit dimanche à la Première ministre Elisabeth Borne
  • Les députés LR demandent «des mesures de financement»

PARIS: Carburant à 1,50 euro le litre, revalorisation du travail, baisse de la CSG pour les retraités... Les députés LR ont arrêté trois priorités pour le projet de loi pouvoir d'achat et fixé leurs "lignes rouges", en faisant la "condition" pour envisager de voter le texte.

Le patron du groupe LR Olivier Marleix a écrit dimanche à la Première ministre Elisabeth Borne pour énumérer les mesures "que son groupe souhaite impérativement voir adoptées", avec "trois priorités principales", selon un communiqué.

Il faut d'abord un "objectif d’une baisse du prix du carburant à 1,5 euro par litre", car "la première des urgences serait de baisser fortement les taxes sur les carburants", assure M. Marleix dans le courrier que l'AFP a pu consulter.

Il plaide ensuite pour "la revalorisation du travail et pas uniquement des minima sociaux", afin que le travail "rapporte toujours plus que l'assistanat", et déplore "cette règle qui consiste à taxer toujours plus et à compenser ce matraquage fiscal en faisant l’aumône d’un chèque".

"Nous allons donc défendre une baisse des charges pour augmenter le salaire net" pour les salariés et les indépendants, promet M. Marleix qui déplore que les classes moyennes soient "les grandes oubliées" du projet de loi.

Enfin, il demande une "annulation de la hausse de la CSG sur tous les retraités".

Les députés LR demandent également "des mesures de financement", notamment par la lutte contre la fraude sociale et fiscale, et la lutte contre la bureaucratie.

"Guidés par notre esprit de responsabilité, nous proposerons des mesures d'économie pour compenser le coût de ces mesures sans augmenter encore davantage notre dette", promet M. Marleix.

"Si, comme vous nous l'avez indiqué, votre gouvernement semble ouvert au dialogue (...) alors il doit amender et enrichir son projet de loi pour porter avec nous ces mesures indispensables", affirme-t-il en l'assurant: "c'est la condition pour que les députés Les Républicains puissent envisager l'adoption de ce projet de loi".

Outre ces trois priorités, les LR comptent porter d'autres mesures "essentielles": déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé, protection du pouvoir d'achat des familles, accès au logement des jeunes et enfin révision du mode de calcul du prix de l'électricité, précise le courrier.


Ceinture verte ou opportunité foncière? A Paris, l'avenir du périphérique en débat

Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes. (AFP)
Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes. (AFP)
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  • Bientôt 50 ans - en 2023 - et toujours aussi important: l'anneau de 35 km qui encercle la capitale reste un axe de déplacement essentiel pour les Franciliens
  • Et aussi un vecteur de pollution de l'air, avec des seuils jusqu'à six fois supérieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et de bruit

PARIS: Anne Hidalgo veut faire du périphérique parisien, au menu d'un débat mardi au Conseil de Paris, une "ceinture verte" de la capitale. Mais la volonté de la maire de la capitale suscite des critiques, y compris au sein de sa majorité de gauche.

Bientôt 50 ans - en 2023 - et toujours aussi important: l'anneau de 35 km qui encercle la capitale reste un axe de déplacement essentiel pour les Franciliens, avec plus d'un million de déplacements par jour.

Et aussi un vecteur de pollution de l'air, avec des seuils jusqu'à six fois supérieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et de bruit, rappelle la maire socialiste de la capitale, qui veut en faire à l'horizon 2030 un "boulevard urbain".

Cette transformation passe par l'uniformisation de l'axe à deux fois trois voies, dont une réservée aux bus, taxis et covoiturage, la plantation de 50 000 arbres et le réaménagement des portes pour gommer son aspect de frontière entre Paris et sa banlieue.

La suppression d'une voie suscite l'opposition de la présidente de droite de la région, Valérie Pécresse, et la froide réserve du préfet de police, Didier Lallement, qui a rappelé en mai que la maire ne pouvait se passer de l'accord de l'Etat sur ce dossier.

Par la voix de Nicolas Jeanneté, l'opposition de droite demande à la municipalité de mettre en place un "schéma global de mobilité pour Paris et l'Ile-de-France au lieu d'empiler des plans qui ne se coordonnent pas".

«Cohérence» à gauche 

L'opposante Maud Gatel (MoDem) propose elle la fermeture de certaines bretelles d'accès pour réduire l'effet de congestion. Quant aux alliés communistes, ils réclament des solutions alternatives de transport, comme une ligne de métro circulaire ou la relance de la petite ceinture ferroviaire pour le fret.

Sur sa gauche, Anne Hidalgo doit surtout faire aux critiques non voilées de ses alliés écologistes.

Ils réclament l'abaissement de la vitesse maximale de 70 à 50 km/h - une promesse de campagne de la gauche en 2020, rappellent-ils - et un moratoire sur les constructions situées à moins de 150 m du périphérique.

Ces dernières années, "le travail des associations a démontré la disparition alarmante des espaces verts qui jouxtent le périphérique au profit de constructions, le plus souvent de bureaux", décochent-ils dans un texte.

Outre le besoin de vert, "il ne faut pas recréer une nouvelle frontière avec des nouveaux bureaux, comme on est en train de les créer porte de Montreuil et de Vincennes", dit à l'AFP l'élu EELV Emile Meunier, qui veut "arrêter d'exposer les salariés à la pollution".

Porte Maillot, Bruneseau, Bercy-Charenton: les écologistes se sont "régulièrement opposés aux projets de construction aux abords du périphérique", rappelle sa collègue Aminata Niakaté, pour qui "il faut de la cohérence entre ce qu'on dit et ce qu'on fait".

Ces fissures au sein de la majorité sont une aubaine pour l'opposition. "Les abords du périph' sont vus comme une manne financière" par l'exécutif de gauche, fustige Valérie Montandon (LR). Un constat partagé par Danielle Simonnet (LFI), qui cible "l'hypocrisie mensongère" d'Anne Hidalgo.

Des projets révisés 

Pour Nicolas Jeanneté (Les Centristes), l'abattage de plus de 70 arbres porte de Montreuil, où plusieurs immeubles de bureaux doivent sortir de terre, met ainsi à mal la "volonté illusoire de faire du périph' une ceinture verte".

L'héritage des années Missika, l'ancien adjoint à l'urbanisme à l'origine de projets aujourd'hui contestés, est lourd à porter pour son successeur Emmanuel Grégoire.

Vendredi, il a défendu sur Twitter le bilan "vert" des socialistes: parcs créés sur le périphérique recouvert porte des Lilas et de Vanves, friche ferroviaire convertie en éco-quartier avec un grand parc à Clichy-Batignolles.

Mettant en avant la remise à plat de Bercy-Charenton, le premier adjoint promet "50% de végétalisation dans les futures opérations d'aménagement" et "plus de 50% de logements sociaux" dans la réhabilitation des quartiers populaires en bordure de l'axe.

Gêné par l'annulation du permis de construire pour l'immeuble-pont dit "Mille arbres", que le tribunal administratif a jugé "susceptible de porter atteinte à la santé publique", M. Grégoire promet que "l'intégralité des projets urbains a été révisée" pour coller au futur plan local d'urbanisme.

Ce PLU doit aboutir en 2023 avec, promet-il, un "très haut niveau d'exigence sur le plan environnemental".


Guadeloupe: 7 hommes déférés au parquet après les violences urbaines

Une personne marche près d'une barricade en feu sur une route du Lamentin (Photo, AFP).
Une personne marche près d'une barricade en feu sur une route du Lamentin (Photo, AFP).
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  • Sept hommes, «tous ayant des casiers», ont été déférés vendredi au parquet
  • Plusieurs personnes ont été mises en examen ou condamnées dans le cadre des enquêtes sur ces faits

POINTE-À-PITRE, France: Sept hommes ont été déférés au parquet de Pointe-à-Pitre vendredi, après des pillages au Lamentin en novembre sur fond de crise sociale et sanitaire en Guadeloupe, et deux d'entre eux ont été condamnés, a-t-on appris dimanche auprès du parquet.

Huit suspects au total avaient été placés en garde à vue en milieu de semaine - cinq interpellés par les forces de l'ordre et trois "extraits de leurs cellules" car incarcérés entretemps pour d’autres affaires, a précisé à l’AFP Patrick Desjardins, procureur de la République de Pointe-à-Pitre.

Sept hommes, "tous ayant des casiers", ont finalement été déférés vendredi au parquet.

Deux d'entre eux, "plutôt impliqués comme suiveurs et qui ont reconnu les faits", ont été condamnés à un an et à six mois de prison ferme en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, puis incarcérés immédiatement, selon la même source.

Cinq autres suspects devaient comparaître devant le tribunal correctionnel vendredi, mais l’affaire a été renvoyée au 25 juillet.

Trois d’entre eux étaient déjà incarcérés, un a été placé en détention provisoire jusqu’au procès et le cinquième a été placé sous contrôle judiciaire.

Un petit centre commercial de la commune de Lamentin avait été attaqué avec une tractopelle dans la nuit du 20 au 21 novembre 2021, au tout début des manifestations et émeutes urbaines qui étaient survenues en Guadeloupe, en pleine contestation du passe sanitaire et de l’obligation vaccinale contre le Covid-19.

Lors de cette crise sociale, les violences avaient concerné une grande partie de l’archipel entre fin 2021 et début 2022, avec des pillages voire des incendies de commerces.

Un local des douanes à Pointe-à-Pitre avait été attaqué, ainsi que des casernes de gendarmerie, et des forces de l’ordre avaient été prises pour cible et visées par des tirs. Des barrages avaient par ailleurs été érigés sur les routes.

Plusieurs personnes ont été mises en examen ou condamnées dans le cadre des enquêtes sur ces faits.