Garantir plus de dépôts, l'arme des petites banques américaines face aux géants

Sur cette photo prise le 20 mars 2023, le logo SVB Private est affiché à l'extérieur d'une succursale de la Silicon Valley Bank à Santa Monica, en Californie. (Photo Patrick T. Fallon / AFP)
Sur cette photo prise le 20 mars 2023, le logo SVB Private est affiché à l'extérieur d'une succursale de la Silicon Valley Bank à Santa Monica, en Californie. (Photo Patrick T. Fallon / AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 09 avril 2023

Garantir plus de dépôts, l'arme des petites banques américaines face aux géants

  • De petites banques américaines proposent de garantir les dépôts bien au-delà du plafond réglementaire, en les répartissant entre elles
  • Certains n'hésitent plus à communiquer sur un service relativement confidentiel jusqu'ici, qui permet de répartir ses dépôts entre plusieurs banques et ne jamais dépasser, dans aucune d'elles, la limite de 250.000 dollars

NEW YORK : Pour faire face à la concurrence des grandes banques, qui ont profité de la crise récente pour attirer des clients, des petits établissements américains proposent de garantir les dépôts bien au-delà du plafond réglementaire, en les répartissant entre elles.

La faillite, coup sur coup, de Silicon Valley Bank (SVB) et de Signature Bank, début mars, a rappelé aux Américains qu'aux Etats-Unis, les fonds n'étaient assurés que jusqu'à 250.000 dollars par client et par institution, même si, dans le cas de ces deux banques, les autorités américaines ont décidé, exceptionnellement, de garantir la totalité, pour rassurer l'opinion.

Dans la pagaille, beaucoup de clients se sont réfugiés chez les grands noms de la place, qui ont vu leurs dépôts bondir, en une semaine, de 120 milliards de dollars, prélevés, en presque totalité, chez des institutions de taille plus modeste.

Pour contrer cette tendance, certains n'hésitent plus à communiquer sur un service relativement confidentiel jusqu'ici, qui permet de répartir ses dépôts entre plusieurs banques et ne jamais dépasser, dans aucune d'elles, la limite de 250.000 dollars.

Le mécanisme démultiplie ainsi la garantie, au point que Leader Bank, une petite enseigne du Massachusetts, propose de couvrir jusqu'à 100 millions de dollars.

Concrètement, l'établissement ne garde que 250.000 dollars et distribue le reste via un réseau mis en place par la société technologique IntraFi, sur une base de réciprocité.

La formule a séduit Jennifer Klepper, co-fondatrice de l'incubateur de start-ups Early Works.

A l'automne dernier, elle s'était mise à la recherche pour sa société «de deux choses: un meilleur taux d'intérêt et un placement de notre argent dans des comptes protégés», confie-t-elle.

«Au départ, on a pensé mettre 250.000 dollars dans plusieurs banques, mais c'était un cauchemar pour notre comptabilité», raconte la responsable opérationnelle, qui a finalement opté pour IntraFi, via l'enseigne régionale Heritage Bank.

- «Un bel outil» -

Si IntraFi, American Deposit Management (ADM) ou encore Wintrust et son système MaxSafe, tous concurrents sur ce créneau, se conforment à la législation, ils n'échappent pas aux critiques.

Ces plateformes «engrangent des profits et transfèrent tous les risques à la FDIC», le Fonds de garantie des dépôts, a dénoncé, cette semaine, l'ancienne patronne de cette agence gouvernementale (de 2006 à 2011), Sheila Bair. Elle avait déjà accusé, par le passé, ces services de «contourner le système».

Pour Jay Tuli, président de Leader Bank, la pratique tend, au contraire, à «réduire les risques parce qu'elle évite la concentration de gros dépôts dans un petit nombre de banques».

Autre contre-argument, celui de Tom Geiger, PDG d'Heritage Bank, selon lequel les clients qui bénéficient du mécanisme savent la totalité de leur argent garanti et «n'ont aucune raison de céder à une panique bancaire», comme celle qui a entraîné la chute de SVB, incapable de faire face à des demandes massives de retraits.

Depuis le début de la crise bancaire, plusieurs élus au Congrès, démocrates comme républicains, ont suggéré de revoir le fonctionnement et l'étendue de l'assurance des dépôts par la FDIC.

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a plaidé pour un relèvement du plafond, sans donner de chiffre.

La plupart des banques membres d'un réseau de répartition des dépôts, aussi appelé dépôts réciproques, refusent encore d'en parler.

Elles craignent de susciter le raisonnement suivant: «Si mon banquier me dit que j'ai besoin d'augmenter ma couverture, c'est peut-être parce qu'il y a un problème et que mon argent n'est pas en sécurité», décrit Tom Geiger, PDG d'Heritage Bank. «C'est vraiment dommage, parce qu'on a ce bel outil à notre disposition.»

Lui fait oeuvre de pédagogie, tout comme Leader Bank et une poignée d'autres, qui ont même osé en faire un outil promotionnel.

«Dès l'annonce de la faillite de SVB, nous avons commencé à en faire la publicité», se rappelle Jay Tuli. L'opération a payé et Leader Bank a attiré, en une semaine, environ 100 nouveaux comptes d'entreprises, sa spécialité, soit «l'équivalent de six mois d'activité», selon le responsable.

Comme en 2008, lors de la crise financière, le sujet de la garantie des dépôts, ordinairement éludé, passionne de nouveau.

«On en parle beaucoup, en particulier chez les start-ups», selon Jennifer Klepper, car les jeunes entreprises, dont certaines ont frôlé la catastrophe chez SVB, ont souvent moins d'assise financière.

Il y a encore quelques mois, «il était difficile de trouver des informations» sur la répartition des dépôts, «mais maintenant, on voit plus de banques la mettre en avant».


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.