Les Palestiniens de Gaza redoutent les perspectives d'un ramadan marqué par la violence

Des fidèles palestiniens accomplissent le Taraweeh, la longue prière du soir, dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem (Photo, AP).
Des fidèles palestiniens accomplissent le Taraweeh, la longue prière du soir, dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem (Photo, AP).
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Publié le Lundi 10 avril 2023

Les Palestiniens de Gaza redoutent les perspectives d'un ramadan marqué par la violence

  • Depuis de nombreuses années, les habitants subissent les conséquences des affrontements militaires entre le Hamas et Israël pendant le ramadan
  • «Nous ne souhaitons ni la guerre ni l'escalade», déclare une résidente. «Nous espérons que le ramadan se déroule cette année sans pertes humaines ni destructions»

GAZA: Le ramadan est un mois sacré consacré à la paix, à la réflexion et à la prière dans la plupart des pays et des communautés musulmanes. Pour les Palestiniens de Gaza, il s’apparente plutôt à une montée de la violence et au retour du spectre de la guerre, au vu des évènements de ces dernières années.

Les habitants subissent les conséquences des affrontements militaires entre le Hamas et Israël pendant le ramadan, ainsi que de brèves éruptions de violence.

Ces derniers mois, l'éventualité d'un conflit militaire de grande ampleur impliquant des groupes palestiniens de la bande de Gaza et Israël pendant le ramadan s’est renforcé, à la suite des provocations ressenties par les Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem.

«Tous les ans, pendant (le) ramadan, un affrontement ou une escalade quelconque nous plonge dans la peur plusieurs jours durant», témoigne Rasmiya al-Mabhouh, une habitante de 60 ans, à Arab News.

Elle vit avec ses quatre enfants dans une maison de trois étages qui a été gravement endommagée lors d'un récent conflit. Elle craint qu'une reprise des hostilités ne force sa famille à quitter sa maison, une fois de plus.

«Notre maison a été endommagée en 2021 et nous l'avons quittée pour nous installer chez un parent pendant cette période», a déclaré Mme Al-Mabhouh. «Cette année, on craint une nouvelle escalade pendant le ramadan, ce qui pourrait nous empêcher de rester à l'intérieur.»

La tension s'est violemment accrue en Cisjordanie, la crainte étant désormais que les troubles s'étendent à la bande de Gaza. L'escalade des tensions depuis le début de l'année dernière s'est concentrée principalement dans le nord de la région. Les incursions israéliennes dans les villes et les meurtres de Palestiniens ont poussé les groupes armés, en particulier le Hamas et le Jihad islamique, à menacer de lancer des roquettes sur Israël à partir de Gaza.

Le cheikh Saleh al-Arouri, chef adjoint du bureau politique du Hamas, a confirmé dans une interview publiée sur le site officiel de l'organisation que «la tentative de l'occupation d'utiliser le mois du ramadan pour imposer sa politique de division temporelle et spatiale et pour permettre aux colons d'accomplir des rituels talmudiques entraînera une réponse».

«L'occupation devrait s'attendre à une vive réaction de la part de notre peuple et de notre résistance. Nous la mettons en garde contre tout excès, et rappelons que le Hamas suit de près les mesures prises par l'occupation à Jérusalem. Notre patience a des limites», a-t-il ajouté.

Deux réunions distinctes ont eu lieu à Aqaba, en Jordanie, et à Charm el-Cheikh, en Égypte, au cours desquelles des représentants d'Israël, de Palestine, des États-Unis et des pays hôtes se sont entretenus pour tenter d'empêcher une escalade de la violence à Jérusalem et en Cisjordanie qui pourrait s'étendre à la bande de Gaza.

Rami al-Danaf, 51 ans, s'inquiète de la possibilité d'une nouvelle confrontation militaire dans la bande de Gaza, où il habite. Au lieu d'acheter à l'avance toutes les provisions dont sa famille a besoin pour le ramadan, comme il le fait habituellement, il acquiert le nécessaire au jour le jour.

«Dans ma famille, nous avions l'habitude d'acheter à l'avance tout ce dont nous avions besoin pour le ramadan, mais cette année, je ne l'ai pas fait et j'achèterai des produits presque quotidiennement, malgré l'épuisement que cela représente. Je crains que la violence reprenne dans la bande de Gaza», a-t-il confié à Arab News.

Des perspectives que partagent la plupart des habitants de Gaza, lassés de la violence.

«Nous ne souhaitons ni la guerre ni l’escalade», explique Lina Ayada, 29 ans, à Arab News. «Nous espérons que le mois du ramadan et l'Aïd se dérouleront cette année sans pertes humaines ni destructions.»

«Nous avons suffisamment vu de guerres au cours des années précédentes, et nous espérons que le mois du ramadan sera bon pour tous les Palestiniens de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et du reste du monde.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.