À Tunis, l'errance d'une centaine de demandeurs d'asile et réfugiés

Des migrants se rassemblent devant les bureaux de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) après que la police tunisienne a démantelé un camp de fortune de réfugiés subsahariens devant le siège du HCR à Tunis, le 12 avril 2023 (Photo, AFP).
Des migrants se rassemblent devant les bureaux de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) après que la police tunisienne a démantelé un camp de fortune de réfugiés subsahariens devant le siège du HCR à Tunis, le 12 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 13 avril 2023

À Tunis, l'errance d'une centaine de demandeurs d'asile et réfugiés

  • La situation déjà précaire des demandeurs d'asile s'est détériorée en Tunisie depuis un discours incendiaire le 21 février du président Kais Saied
  • Contrairement aux migrants, les demandeurs d'asile ne peuvent pas se tourner vers leurs ambassades car ils risquent des représailles dans leurs pays

TUNIS: Une couverture au sol, une bâche tendue sur un arbre : "on n'a pas d'endroit où aller, ni eau ni nourriture", explique Nasra, une Yéménite enceinte de neuf mois, réfugiée depuis mercredi comme une centaine d'autres demandeurs d'asile près du siège de l'Organisation internationale pour les migrations à Tunis.

Jusqu'à la veille, Nasra Mohammed, 27 ans, survivait avec son mari et leurs sept enfants dans un campement improvisé devant le bâtiment du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), dans le quartier chic du Lac, grâce à des aides de bénévoles.

Originaires d'une quinzaine de pays, surtout d'Afrique subsaharienne, ces réfugiés en attente d'une évacuation "vers un pays sûr" ont été dispersés mardi lors d'une intervention musclée de la police et leur campement a été démantelé.

Les agents ont utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations après qu'un groupe a tenté de pénétrer dans le bâtiment, selon des sources officielles tunisiennes.

La situation déjà précaire des demandeurs d'asile s'est détériorée en Tunisie depuis un discours incendiaire le 21 février du président Kais Saied contre l'immigration clandestine.

Des centaines de migrants économiques, pour la plupart en transit en Tunisie pour essayer de gagner l'Europe, se sont alors réfugiés auprès de leurs ambassades et un grand nombre ont été rapatriés, notamment vers la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Guinée et le Mali.

D'autres ont embarqué clandestinement à bord de bateaux au péril de leur vie. Plusieurs traversées vers l'Italie se sont terminées par des naufrages qui ont fait des dizaines de morts et disparus.

Contrairement aux migrants, les demandeurs d'asile ne peuvent pas se tourner vers leurs ambassades car ils risquent des représailles dans leurs pays. En outre, ils sont censés bénéficier d'une protection du HCR.

Sollicitée par l'AFP, l'agence de l'ONU n'a pas répondu mercredi sur le type de droits associés à ce statut.

Sur sa page Facebook, le siège tunisien du HCR s'est borné à exprimer son "profond rejet des violences" de la veille.

«Assistance vitale»

Selon le HCR, "un petit groupe" sur un total de "200 réfugiés, demandeurs d'asile et migrants effectuant un sit-in depuis trois semaines" devant ses locaux, est "entré de force, causant des dégâts matériels".

L'organisation a "réaffirmé son engagement à continuer de fournir une protection et une assistance vitale aux personnes déplacées en Tunisie".

Nasra et sa famille ont quitté en 2020 le Yémen en guerre et sont arrivés en avril 2022 en Tunisie après un périple via le Soudan, l'Éthiopie, le Niger, l'Algérie puis la Libye.

"On nous dit de retourner dans notre pays mais il y a la guerre et la famine... Mon mari y est menacé de mort", confie-t-elle.

Nasra ne cache pas sa déception face au HCR qui a fait intervenir la police "pour être protégé : protégé de qui ? de réfugiés qui fuient la guerre, d'enfants, de personnes qui cherchent la paix ?".

Très digne, entourée de ses enfants âgés de 2 à 12 ans, Nasra lance un appel "à l'ensemble des pays pour nous sortir de Tunisie où nous sommes en train de mourir en regardant nos enfants".

Omar Khaled Ismaïl, un demandeur d'asile soudanais de 17 ans, travaillait depuis son arrivée en novembre 2022 et logeait chez son employeur. Mais, après le discours du président qui a déclenché une campagne contre la main d'oeuvre non déclarée, il s'est retrouvé à la rue.

"Je n'ai plus de travail ni où aller alors je suis revenu devant le HCR : ils m'ont assuré avoir pris un avocat pour discuter avec l'État (tunisien) afin de trouver une solution à nos problèmes", explique-t-il, soucieux de trouver un endroit décent pour passer la nuit.

Amar, 19 ans, un autre demandeur d'asile qui a fui la guerre en Centrafrique à l'âge de 9 ans et est arrivé en 2021 à Tunis après avoir vécu dans un camp de réfugiés au Tchad, se tourne lui aussi vers le HCR.

"Nous on est des réfugiés. On veut être emmenés dans un autre pays que la Tunisie où tu peux avoir du respect, où tu peux vivre et aller au supermarché sans être agressé ni insulté", dit-il.


Un navire touché par trois «projectiles» dans le détroit d'Ormuz

 Un tanker a été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il quittait le détroit d'Ormuz, a annoncé mardi l'agence maritime britannique, UKMTO. (Reuters)
Un tanker a été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il quittait le détroit d'Ormuz, a annoncé mardi l'agence maritime britannique, UKMTO. (Reuters)
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  • "Un tanker a signalé avoir été frappé par trois projectiles inconnus alors qu'il achevait un transit sortant du détroit d'Ormuz. Aucune victime ni impact environnemental n'ont été signalés", a écrit l'UKMTO sur X
  • La société de sécurité maritime Vanguard Tech a ensuite identifié le navire comme le Senegal Prosperity, battant pavillon libérien.

DUBAI: Un tanker a été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il quittait le détroit d'Ormuz, a annoncé mardi l'agence maritime britannique, UKMTO.

"Un tanker a signalé avoir été frappé par trois projectiles inconnus alors qu'il achevait un transit sortant du détroit d'Ormuz. Aucune victime ni impact environnemental n'ont été signalés", a écrit l'UKMTO sur X, précisant que l'incident s'était produit à 17 milles nautiques (31 km) à l'est de Khasab (Oman).

La société de sécurité maritime Vanguard Tech a ensuite identifié le navire comme le Senegal Prosperity, battant pavillon libérien.

Elle a précisé que des "roquettes ont touché le navire sur son flanc bâbord, la salle des machines et un ballast, provoquant une perte des communications". L'équipage est sain et sauf, a-t-elle indiqué.

Téhéran verrouille le stratégique détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre l'Iran. En réaction, les Etats-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens.

L'Iran, qui a dit vouloir imposer des droits passage, a pris pour cible de nombreux navires qu'il accuse de chercher à contourner l'itinéraire qu'il privilégie.

Les attaques à répétition dans le détroit, dont la navigation était libre avant le début du conflit, ont contribué à faire voler en éclats le cessez-le-feu conclu en avril entre Washington et Téhéran.


Guerre au Moyen-Orient: l'Iran accuse Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
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  • "Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X
  • "Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran.

Israël et les Etats-Unis ont mené une attaque conjointe le 28 février contre Téhéran, déclenchant la guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

"Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X.

"Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté.

Et "quand il parle en anglais, il fait l'éloge du leadership du président américain", a-t-il indiqué, qualifiant M. Netanyahu de "serpent".

Au premier jour de la guerre, les frappes israélo-américaines ont tué le guide suprême iranien et de hauts responsables militaires. L'Iran a riposté par des attaques contre Israël et dans les pays du Golfe, alliés de Washington.

Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

Délaissant le volet militaire, les Etats-Unis disent vouloir accentuer la pression économique sur Téhéran.

L'Iran et les Etats-Unis ont cependant échangé des frappes dans la nuit de dimanche à lundi, après un mois d'accalmie.


L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie tiennent leur première réunion dans le cadre de l'Accord de La Mecque

De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
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  • Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque
  • M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions.=

DUBAÏ : Des hauts responsables d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan sont arrivés à Istanbul pour participer à leur première réunion dans le cadre de l’Accord de défense conjoint de La Mecque.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque, ajoutant que la création de ce bloc n’était dirigée contre aucun pays en particulier.

M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions. 

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, dirigeait la délégation saoudienne, accompagnée du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et d’autres hauts responsables, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le prince Faisal a ensuite rencontré son homologue turc, Hakan Fidan, en marge de la réunion. 

Les deux responsables ont fait le point sur les relations saoudo-turques et sur les moyens de les renforcer et de les développer au service de leurs intérêts mutuels. 

Ils ont également discuté des derniers développements régionaux et de la nécessité de déployer des efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales.