Tunisie: 14 nouveaux corps de migrants repêchés après un naufrage

Des migrants d'Afrique subsaharienne sont secourus par la Garde nationale tunisienne à environ 50 milles marins en mer Méditerranée au large de la ville de Sfax, dans le centre de la Tunisie, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
Des migrants d'Afrique subsaharienne sont secourus par la Garde nationale tunisienne à environ 50 milles marins en mer Méditerranée au large de la ville de Sfax, dans le centre de la Tunisie, le 4 octobre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 13 avril 2023

Tunisie: 14 nouveaux corps de migrants repêchés après un naufrage

  • Les corps de 14 autres migrants, dont six femmes, ainsi que celui du «capitaine» tunisien du bateau sinistré ont été repêchés lors des opérations de recherche menées par les garde-côtes
  • Le porte-parole a par ailleurs annoncé que 41 migrants tunisiens, dont cinq femmes et neuf enfants, avaient été «secourus» au large de Sousse, dans l'est du pays

TUNIS: Quatorze nouveaux corps de migrants originaires d'Afrique subsaharienne ont été repêchés au large de la Tunisie, portant à 24 le bilan des morts du dernier naufrage en date d'un bateau qui se dirigeait clandestinement vers l'Europe, ont annoncé les garde-côtes jeudi.

Ce nouveau drame survient alors que la situation des migrants, mais aussi des réfugiés et des demandeurs d'asile en Tunisie, s'est davantage précarisée après un discours incendiaire le 21 février du président Kais Saied pourfendant l'immigration clandestine et la présentant comme une menace démographique pour son pays.

Les garde-côtes avaient annoncé mercredi avoir récupéré dix corps de migrants d'Afrique subsaharienne après un naufrage mardi en Méditerranée au large de Sfax dans le centre-est de la Tunisie.

Les corps de 14 autres migrants, dont six femmes, ainsi que celui du "capitaine" tunisien du bateau sinistré ont été repêchés lors des opérations de recherche menées par les garde-côtes, a indiqué jeudi le porte-parole de la Garde nationale tunisienne dans un communiqué.

Le porte-parole a par ailleurs annoncé que 41 migrants tunisiens, dont cinq femmes et neuf enfants, avaient été "secourus" au large de Sousse, dans l'est du pays.

Des dizaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne ont péri ces dernières semaines après le naufrage au large de la Tunisie de bateaux de fortune les transportant clandestinement vers l’Europe.

La Tunisie, dont certaines portions de littoral se trouvent à moins de 150 km de l'île italienne de Lampedusa, enregistre très régulièrement des tentatives de départ de migrants, majoritairement originaires de pays d'Afrique subsaharienne, vers l'Italie.

Les départs se sont intensifiés après la charge du président Saied contre les migrants clandestines, dont la plupart arrivent en Tunisie pour tenter ensuite d'immigrer clandestinement par la mer vers l'Europe.

Des milliers de migrants ont atteint les côtes italiennes, notamment les rivages de l'île de Lampedusa au cours des derniers jours après avoir accompli la périlleuse traversée à bord d'embarcations de fortune depuis les côtes nord-africaines.

«Lieu sûr»

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk a appelé jeudi à "des efforts concertés pour assurer un sauvetage rapide et un traitement digne, efficace et approfondi dans un lieu sûr" des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée centrale.

L'onde de choc causée par la sortie du président Saied sur les migrants a été également ressentie par des centaines de demandeurs d'asile et de réfugiés se trouvant en Tunisie dans l'attente d'être évacués vers des pays tiers.

Des dizaines de demandeurs d'asile qui campaient devant le siège du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) ont été dispersés mardi par la police tunisienne à coup des gaz lacrymogènes. Les autorités tunisiennes affirment être intervenues à la demande du HCR.

Après leurs dispersion, ces demandeurs d'asile sont venus grossir les rangs d'un autre campement improvisé devant les bureaux de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), vivotant dans un dénuement absolu.

Deux ONG, et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), ont réclamé jeudi "un lieu sûr" pour eux.

"L'urgence c'est de protéger ces personnes. Il faut les mettre en lieu sûr, notamment les femmes et les enfants", a déclaré lors d'une conférence de presse Zeineb Mrouki d'Avocats sans frontières (ASF).

La Tunisie est signataire de la Convention de Genève (de 1951 sur la protection des réfugiés, ndlr), on l'appelle à garantir leurs droits fondamentaux et à leur donner à minima une situation viable. Il faut un hébergement d'urgence et ils ont beaucoup de problèmes de santé qu'il faut prendre en charge", a-t-elle dit.

Romdhane Ben Amor, du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), a demandé à ce que les autorités laissent les organisations d'aide et les citoyens assister ces réfugiés et migrants.

Confirmant l'interpellation d'un bénévole ces derniers jours, M. Ben Amor a dénoncé l'utilisation d'une loi tunisienne qui "criminalise toute forme d'aide aux personnes en situation irrégulière".


Syrie: écoles et administrations fermées à Alep, accrochages intermittents

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté. (AFP)
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  • Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien
  • L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté

DAMAS: Les écoles, les administrations et l'aéroport sont restés fermés mercredi à Alep, la grande ville du nord de la Syrie où des accrochages sporadiques opposent les forces gouvernementales et kurdes, au lendemain de violences qui ont fait neuf morts, selon les médias officiels.

Les affrontements de mardi sont les plus violents entre les deux parties, qui ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars et prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurdes au sein du nouvel Etat syrien.

"C'était une ville fantôme cette nuit, aucune activité, les magasins fermés, les rues plongées dans le noir en raison des coupures de courant", a raconté à l'AFP Abdel Karim Baqi, un homme de 50 ans qui a fui avec sa femme le quartier kurde d'Achrafieh pour se réfugier chez des proches.

L'agence officielle Sana a fait état de bombardements à partir des quartiers kurdes sur des zones tenues par les forces gouvernementales mercredi matin, ajoutant que ces dernières avaient riposté.

Le représentant de l'autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, a déclaré à l'AFP que "des efforts sont en cours pour calmer la situation, car l'escalade n'est dans l'intérêt de personne".

Il a ajouté que les deux quartiers kurdes d'Achrafieh et cheikh Maqsoud étaient "encerclés" et démenti tout bombardement depuis ces zones, soulignant qu'elles sont tenues par les forces de sécurité intérieures kurdes (Asayish) "qui ne disposent que d'armes légères".

Face aux violences, les autorités avaient décidé mardi soir de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de la deuxième ville de Syrie et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements de mardi "nous ont rappelé la guerre. Nous n'avons nulle part où fuir", a déclaré à l'AFP Joud Serjian, une mère de famille de 53 ans habitant le quartier syriaque d'Alep.

Au cours de la guerre civile en Syrie (2011-2024), Alep avait connu des combats entre les rebelles et les forces du président Bachar al-Assad avant qu'il ne reprenne le contrôle de la cité en 2016.

Les affrontements ont éclaté mardi alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre de l'accord signé en mars, qui était censé intégrer avant fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.


Yemen: Turki Al-Malki affirme qu' Aidrous Al-Zubaidi s'est enfuit vers une destination inconnue

La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
La localisation d'Aidarous Al-Zubaidi est inconnue. (FICHIER/AFP)
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  • Aidrous Al-Zubaidi ne parvient pas à monter à bord d'un avion à destination de l'Arabie saoudite
  • Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud

RIYAD : Le porte-parole officiel de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidrous Al-Zubaidi, s'était enfui vers une destination inconnue.

Le général de division Al-Malki a annoncé que le 4 janvier 2026, le commandement des forces conjointes de la coalition a informé Al-Zubaidi qu'il devait se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures pour rencontrer le président du Conseil de direction présidentielle (PLC) de la République du Yémen, Rashad Mohammed Al-Alimi, et le commandement des forces de la coalition afin d'aborder les raisons de l'escalade et des attaques menées par les forces affiliées au CST contre les gouvernorats de Hadhramaut et d'Al-Mahra.

Le 5 janvier, la présidence du STC a réitéré sa gratitude pour les efforts menés par l'Arabie saoudite dans la préparation d'une conférence globale sur le Sud afin de discuter des moyens de résoudre la question du Sud, et a affirmé sa participation active pour garantir le succès de la conférence.

En conséquence, Al-Zubaidi a informé le Royaume de son intention d'être présent le 6 janvier, et la délégation s'est rendue à l'aéroport.

Cependant, le départ du vol IYE 532 de Yemenia Airways, prévu à 22 h 10 et transportant la délégation, a été retardé de plus de trois heures. Le gouvernement légitime et la coalition ont reçu des informations indiquant qu'Al-Zubaidi avait déplacé une importante force armée, comprenant des véhicules blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions, des camps de Jabal Hadid et Al-Solban vers Al-Dhale' vers minuit.

Par la suite, le vol susmentionné a été autorisé à décoller, transportant un grand nombre de dirigeants du STC, à l'exception du chef du conseil, Aidrous Al-Zubaidi, qui s'était enfui vers une destination inconnue.

Il a quitté les membres et les dirigeants du STC sans donner aucune information sur l'endroit où il se trouvait. Cela s'est produit après qu'il ait distribué des armes et des munitions à des dizaines d'éléments à Aden, dirigés par Mu'min Al-Saqqaf et Mukhtar Al-Nubi, dans le but de créer des troubles à Aden dans les heures à venir.

Cela a incité les Forces du Bouclier national et la coalition à demander au vice-président du Conseil de direction présidentiel, Abdul Rahman Al-Mahrami (Abu Zara'a), d'imposer la sécurité, d'empêcher tout affrontement à Aden, d'épargner aux habitants toute perturbation, de protéger les vies et les biens, et de coopérer avec les Forces du Bouclier national.

Les forces de la coalition ont surveillé les mouvements des unités militaires susmentionnées lorsqu'elles ont quitté les camps et pris position dans un bâtiment situé près du camp d'Al-Zand, dans le gouvernorat d'Al-Dhale'. À 4 heures du matin, les forces de la coalition, en coordination avec les forces gouvernementales légitimes et les Forces du bouclier national, ont lancé des frappes préventives limitées afin de perturber ces forces et de contrecarrer les tentatives d'Al-Zubaidi d'intensifier le conflit et de l'étendre à Al-Dhale'.

Le commandement des forces conjointes de la coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen affirme qu'il travaille avec le gouvernement yéménite et les autorités locales à Aden pour soutenir et maintenir les efforts de sécurité et faire face à toute force militaire qui prendrait pour cible des villes et des civils. Le commandement exhorte tous les habitants à rester à l'écart des camps d'Aden et d'Al-Dhale', à éviter tout rassemblement de véhicules militaires pour leur propre sécurité et à fournir des informations aux agences de sécurité concernant tout mouvement militaire suspect.


Le ministre israélien des Affaires étrangères au Somaliland, colère de la Somalie

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, est en visite au Somaliland, en Afrique de l'Est. (Fichier/AFP)
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  • M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa
  • Le ministère somalien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que la visite de Saar constituait une « ingérence inacceptable » dans ses affaires intérieures

MOGADISCIO : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s'est rendu mardi au Somaliland dans le cadre d'un voyage dénoncé par la Somalie, dix jours après qu'Israël ait officiellement reconnu la république autoproclamée comme un État indépendant et souverain.

Israël est le seul pays à avoir officiellement reconnu la sécession du Somaliland, que la Somalie a qualifiée de « mesure illégale » et a déclaré que la visite de Saar constituait une « grave violation » de sa souveraineté.

Dans une déclaration publiée sur X, M. Saar a déclaré avoir eu des discussions « sur l'ensemble des relations » avec le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans la capitale Hargeisa.

« Nous sommes déterminés à faire progresser vigoureusement les relations entre Israël et le Somaliland », a écrit Saar sur X, accompagnant son message de photos de sa rencontre avec le dirigeant du Somaliland au palais présidentiel.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "Etat indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie qui sombrait alors dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

Si Israël a invoqué le 30 décembre son droit à "entretenir des relations diplomatiques" avec les pays de son choix, sa décision a été critiquée par de nombreux pays d'Afrique et du monde musulman et vue comme une attaque contre la souveraineté somalienne.

Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud a lui affirmé mercredi que le Somaliland avait accepté trois conditions d'Israël: la réinstallation de Palestiniens sur son sol, l'établissement d'une base militaire dans le golfe d'Aden et l'adhésion aux accords d'Abraham, pour normaliser ses relations avec Israël.

Les deux premières allégations ont été qualifiées de "mensongères" jeudi par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, pour qui l'accord entre les deux pays est "purement diplomatique".

La reconnaissance du pays "et l'arrivée d'Israël ne causeront pas de violences, n’apporteront pas de conflits et ne nuiront jamais à quiconque", avait affirmé fin décembre le ministre de la Présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi.

"Cela ne nuira ni à la Somalie, ni aux Arabes, ni à qui que ce soit", avait-il avancé, ajoutant que la collaboration avec Israël se ferait "dans les domaines de l'amélioration de notre économie, de la production agricole, dans lesquels Israël excelle, et de l’eau".

Des analystes estiment aussi qu'une alliance avec le Somaliland est particulièrement avantageuse pour Israël en raison de sa position stratégique sur le détroit de Bab-el-Mandeb, face aux rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran et qui ont mené de nombreuses attaques contre Israël depuis le début de la guerre à Gaza.