Merkel décorée de la plus haute distinction allemande malgré un bilan critiqué

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche) décerne l'Ordre du mérite à l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel au palais présidentiel Bellevue à Berlin le 17 avril 2023. (Photo, AFP)
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche) décerne l'Ordre du mérite à l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel au palais présidentiel Bellevue à Berlin le 17 avril 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 17 avril 2023

Merkel décorée de la plus haute distinction allemande malgré un bilan critiqué

  • La conservatrice Merkel, qui a dirigé l'Allemagne de 2005 à 2021, a reçu la Grand-Croix de classe spéciale des mains du président allemand Frank-Walter Steinmeier
  • Après son départ de la chancellerie en décembre 2021, avec une popularité au zénith, l'ancienne dirigeante allemande, âgée de 68 ans, a vu son image ternie par la guerre en Ukraine

BERLIN: L'ex-chancelière Angela Merkel a été décorée lundi de la plus haute distinction allemande malgré les critiques visant son bilan, en particulier sur ses accommodements présumés avec Moscou, fustigés après l'invasion russe de l'Ukraine.

Seuls les anciens chanceliers Konrad Adenauer et Helmut Kohl ont jusqu'ici reçu cette distinction, attribuée pour la première fois à une dirigeante allemande et à une ex-ressortissante de la RDA.

La conservatrice Merkel, qui a dirigé l'Allemagne de 2005 à 2021, a reçu la Grand-Croix de classe spéciale des mains du président allemand Frank-Walter Steinmeier, social-démocrate, qui fut également son ministre des Affaires étrangères.

"Pendant seize ans, vous avez servi l'Allemagne avec ambition, sagesse et passion", a loué Steinmeier, lui même très critiqué pour sa politique passée vis-à-vis de Moscou, dans un discours prononcé avant de lui remettre la Grande-Croix.

Après son départ de la chancellerie en décembre 2021, avec une popularité au zénith, l'ancienne dirigeante allemande, âgée de 68 ans, a vu son image ternie par la guerre en Ukraine, au motif qu'elle n'aurait pas été assez ferme vis-à-vis de Vladimir Poutine et aurait accentué la dépendance allemande à l'énergie russe.

"Le 24 février 2022 n'a pas seulement transformé l'Europe, il a transformé le monde et notre regard sur la politique allemande et européenne menée auparavant", a déclaré M. Steinmeier.

"Il est important que nous en tirions les leçons: aujourd'hui nous devons penser autrement, agir autrement", a-t-il dit, faisant à cette occasion son propre mea culpa.

Le bilan d'Angela Merkel, à laquelle a succédé le social-démocrate Olaf Scholz, est également critiqué par son propre parti, la CDU.

L'ex-chancelière, à laquelle a succédé le social-démocrate Olaf Scholz, a eu "de grands mérites, notamment au niveau international". Mais elle a "aussi fait des erreurs, certaines flagrantes", a ainsi estimé sur la chaîne d'information NTV Carsten Linnemann, vice-président du parti conservateur.

L'abandon du nucléaire, accéléré par la chancelière après la catastrophe de Fukushima (Japon), a constitué "une erreur" car il a été décidé "sans dire comment nous allions nous approvisionner en énergie de manière plus ou moins autonome", selon lui.

M. Linnemann a aussi évoqué, parmi les "erreurs flagrantes", la décision d'ouvrir les frontières aux réfugiés syriens et irakiens en 2015.

"A la fin de son (quatrième) mandat, notre pays n'était pas en bon état", estime le secrétaire général du parti libéral FDP, Bijan Djir-Sarai.

Mme Merkel, qui s'est attelée à l'écriture de ses mémoires depuis son départ de la chancellerie, reçoit toutefois des éloges, y compris de ses rivaux du SPD et des Verts.

"J'apprécie particulièrement son habileté diplomatique et sa sagesse empathique, grâce auxquelles elle a toujours réussi à forger des coalitions et des compromis viables sur la scène nationale et internationale", souligne ainsi Saskia Esken, une des dirigeantes du SPD.

Mme Merkel a "marqué notre pays comme peu d'autres", abonde le co-dirigeant des "Grünen", Omid Nouripour, pour qui "il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec l'ensemble de son action pour reconnaître ses grands mérites".

Lors de la cérémonie, à laquelle ont notamment assisté son époux, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et Olaf Scholz, Mme Merkel a pour sa part constaté: "on dit souvent que la politique est un noeud de vipères. Je dois dire, que je n'aurais pas survécu s'il n'y avait pas aussi un autre côté de la politique"


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".